Troupeau de moutons
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Le Portugais, ce mouton docile

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Le Portugais ne se révolte pas. S'il n'est pas content, plutôt que de vouloir changer les choses, il s'en va. Bien sûr, il va râler, mais ça ne changera pas grand-chose. Pourquoi tant de docilité?


Avec les différentes crises que le Portugal a traversées tout au long de ces dernières années, l’état d’esprit, le caractère des Portugais s’est révélé au grand jour.

On ne se révolte pas au Portugal

Crise de 2008, on fait des coupes de salaires, ou augmente l’âge de la retraite (68 ans !) : aucune conséquence. Quelques manifestations, sans plus.

Un exode des forces vives portugaises qui n’étaient pas d’accord avec cette détérioration des conditions de travail vers l’étranger s’en est suivi. Il continue toujours.

Crise des Gilets Jaunes en France, manifestations monstrueuses et blocages des ronds-points. Au Portugal, certains ont essayé de faire la même chose : bide monumental.

Il faut se vacciner, rester confiné et subir les décisions parfois aléatoires liées à la Covid-19? Pas de souci, les Portugais obéissent en masse.

Il arrive les pires catastrophes aux Portugais, ils encaissent sans rechigner. On peut tout leur faire aux Portugais !

Portugais fatalistes, « c’est comme ça »

Le Portugais pense, quelque part, qu’il ne contrôle pas son destin collectif. Le Portugal est condamné à subir une volonté supérieure, peut-être Dieu, allez savoir.

J’avais parlé en long et en large de ce « fatalisme portugais« , de cette résignation toute portugaise face aux contrariétés. Peut-être que les Portugais sont fatalistes, parce qu’ils sentent que ces tourments sont mérités? Comme l’expiation d’un passé criminel, allez savoir…

Fado
Le Fado, symbole du fatalisme Portugais. Le mot Fado vient du latin Fatum, « fatalisme implacable »…

Nous avons profité de notre empire colonial pendant trop longtemps pour ne pas avoir à en payer le prix aujourd’hui. C’est peut-être ce qui est dans l’inconscient collectif?

Je me pose juste la question.

Mais toute cette fatalité n’empêche pas que le Portugais, au niveau individuel, peut-être très entreprenant. Son destin, il le prend en main, et même s’il ne croit plus en son pays, il croit en lui. En résumé, nous n’avons pas du tout l’esprit collectif… à part le foot.

Et encore, le nombre de benfiquistas qui se réjouissent des défaites du FC Porto en Europe et vice-versa me fait dire que l’esprit collectif au niveau du foot est bien fragile…

Confiance et optimisme

Un peuple est docile, lorsqu’il a soit confiance en ses élites, soit qu’il a peur des conséquences d’une éventuelle rébellion.

On apprend très vite au Portugal à respecter ses parents, ses supérieurs, ses dirigeants. C’est là une humilité toute portugaise. Le Portugais se dit qu’il est entre de bonnes mains, que les dirigeants, les « doutores », savent mieux que lui ce qui est bon pour le pays.

C’est une confiance presque aveugle envers ses dirigeants, démontrée par les 40 années de dictature paisible sur le territoire du pays continental.

Il aura fallu plusieurs guerres coloniales et des soldats qui ne voulaient pas mourir pour rien pour que la démocratie soit enfin instaurée. Une « Révolution », celle de 1974, qui a eu la particularité de n’avoir fait aucun mort !

Normalement, ce genre de choses n’existent pas, il suffit de penser à la Révolution Française, à la Révolution bolchevique et tant d’autres renversements de régimes qui se sont terminés dans des bains de sang.

Toute cette confiance a un corollaire : le Portugais croit en des jours meilleurs. Malgré la fatalité, tout finira par s’arranger. Les Portugais sont fatalistes et optimistes ! Vous croyez que c’est possible, quelque chose comme ça ? En théorie, on ne comprend pas comment ceci peut arriver, mais en pratique, il faut bien reconnaître que cet optimisme existe, et permet sans doute au Portugais d’endurer les pires trucs.

Pays pacifique

Le Portugal est l’un des pays les plus sûrs du monde. C’est normal, dans un pays de moutons. J’écris ça sans aucune animosité, il y a de bons côtés à être docile. Et c’est là que toute cette docilité se comprend : un Portugais tient énormément à sa tranquillité. Est-ce que ça vaut le coup de s’énerver, d’aller manifester pour quelques euros de plus à la fin du mois?

Est-ce que ça vaut le coup d’aller manifester contre les droits LGBT, contre l’avortement et autres évolutions sociétales? Surtout que ça ne concerne pas directement un Portugais en tant qu’individu. Conséquence immédiate : le Portugal est un pays très tolérant… par docilité ou inertie !

Les ficelles pour calmer le peuple et éviter les rebellions fonctionnent à plein régime au Portugal. « Je veux bien manifester, mais demain, ce soir il y a le Benfica qui joue… »

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