Drapeau du Portugal
Drapeau du Portugal

Législatives 2019

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Le Parti Socialiste a été le grand vainqueur des élections du 6 octobre 2019. Les Portugais ont voté pour la continuité.

António Costa, c’est reparti pour un tour

Les Portugais n’aiment pas changer une équipe qui gagne. Fort des bons résultats économiques du gouvernement marquant la fin de l’austérité, la réélection était quasiment assurée.

Le PS passe ainsi de 32% des voix en 2015 à 37% en 2019.

Le PS n’a néanmoins pas obtenu la majorité absolue. Il va devoir, comme dans la précédente législature, composer avec les partis à sa gauche.

Les partisans de la droite, PSD en tête, diront que ces bons résultats économiques sont le fruit des sacrifices que le précédent gouvernement du PSD avait imposés aux Portugais. C’est bien sûr plus simple de réussir lorsque d’autres ont fait le “sale boulot”.

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Les partisans de la gauche, PS en tête, diront que c’est la fin de l’austérité et la relance par la consommation interne qui a permis cette embellie.

Nous, on pense surtout que les astres se sont alignés. L’attrait phénoménal que le Portugal a exercé ces dernières années ne pouvait que lui réussir. Mais inutile de trop faire la fête, dans l’un des pays aux salaires les plus bas de l’Union Européenne ! Il reste encore énormément à faire pour rattraper ce retard presque chronique.

Bloco de Esquerda et CDU

Le Bloco de Esquerda (bloc de gauche), l’équivalent du Front de Gauche français, perd un peu de terrain par rapport aux élections de 2015. Même constat pour les communistes de la CDU. Leurs électeurs se sont visiblement reportés sur le Parti Socialiste.

Défaite du PSD

Même Rui Rio, le président du PSD, ne semblait pas croire en une possible victoire lors de ces élections. Son rôle était essentiellement de limiter la casse. Difficile de faire mieux dans un contexte d’embellie économique. Moins de chômage, moins de pauvreté, plus d’investissements…

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Les attaques du PSD n’ont pas convaincu, ni leurs propositions, qui ont été inaudibles. Malgré tout, le PSD reste en tête dans les districts historiques, comme Leiria par exemple.

Contrairement à 2015, ils se sont présentés seuls à ces élections, le CDS faisant bande à part.

Déroute du CDS

Le parti traditionnel le plus à droite sur l’échiquier politique est en pleine déroute. Il faut dire que Assunção Cristas n’a pas réussi à convaincre son électorat. Face à de tels résultats, elle quitte la présidence de son parti. Avec moins de 5%, les voix du CDS semblent avoir été grignotées par des nouveaux petits partis à sa droite, comme le Chega avec 1%.

On pourrait même se demander s’il ne s’agit pas d’une punition. On s’interroge sur l’auteur de ce coup bas envers António Costa le dernier jour de la campagne électorale…

Plus qu’une défaite de la droite, il s’agit bien d’une victoire du Parti Socialiste et du Bloco de Esquerda, les électeurs ne voulant visiblement pas changer une équipe qui a l’air de gagner pour l’instant.

Affirmation des petits partis

De nombreux nouveaux partis sont apparus dans le paysage électoral portugais. Certains avec des moyens colossaux par rapport à leur inexistence antérieure.

Nous pensons particulièrement au Chega, un parti que nous pourrions ranger à l’extrême-droite. Mais la hausse du Chega a été la baisse du PNR. Chega, malgré des idées qu’un Le Pen ne renierait pas, semble beaucoup plus présentable que la plupart des cranes rasés du PNR…

C’est sans doute le gros point noir de ces élections : l’affirmation du Chega, un parti nationaliste et populiste nettement d’extrême-droite. Ils ont été aidés par des moyens peu communs pour un parti ne représentant que 1% des portugais. On les a vu partout ! Désormais, ils ont un député au parlement…

Affiche du Chega. Le message est clair : “On soutient ceux qui ne veulent rien faire ?”

Le nouveau parti anti-impôts “Initiativa Liberal“, avec une bonne campagne médiatique, est parvenu à obtenir 1% des voix. Assez pour élire un député également.

PAN, grand vainqueur

Le plus grand vainqueur ? Sans doute le PAN. Le Parti des Gens, des Animaux et de la Nature (Pessoas, Animais, Natureza) est peut-être le seul parti véritablement écologiste. Le seul qui parle à ceux qui pensent que les animaux aussi ont des droits. En 4 ans, son électorat a plus que doublé. Ils ont fait en 2019 +3%. Ils ont désormais en 2019 4 députés à l’Assemblée de la République.

Je ne parle pas du PEV (Partido Ecologista os Verdes), qui ne semble être que la section écologiste du Parti Communiste portugais. Ensemble, ils forment la CDU. Les écologistes qui ne sont pas d’extrême-gauche ne se reconnaissent pas dans le PEV.

Une forte abstention

Avec 46% en 2019, l’abstention est en hausse par rapport à 2015, c’est un fait. Mais la récente inscription automatique de tous les portugais de l’étranger sur les listes électorales a sans doute joué un grand rôle.

De nombreux “emigrantes” ne se sentent pas vraiment concernés par la politique au Portugal. Pas au point d’aller voter à un bureau de vote qui peut se trouver parfois très loin de son domicile.

Pour avoir les résultats complets : resultados SIC notícias


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