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Portugal, dans le top 3 des meilleures politiques sur la drogue

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La drogue était autrefois un immense fléau au Portugal. Dans les années 1980, le pays était submergé par les drogues dures. Ce n'est plus le cas aujourd'hui !


Pour la première fois, une étude mondiale, le Global Drug Policy Index, se propose de surveiller l’évolution des différentes mesures prises par les pays dans leur combat contre la consommation de drogue.

30 pays ont été choisis en 2020 et évalués sur une échelle allant de 0 à 100. 75 critères répartis en 5 grandes thématiques font partie de cette évaluation. Dans ce classement, le Portugal s’est classé en troisième position, mais il faut relativiser. Pour le Global Drug Policy Index, même la Norvège, pays en première position, est nul dans ce combat sans merci contre la drogue.

Classement du Global Drug Policy Index

Les 5 meilleurs :

  1. Norvège, 74 points
  2. Nouvelle-Zélande, 71 points
  3. Portugal, 70 points
  4. Royaume-Uni, 69
  5. Australie, 65

Le pire ? Le Brésil, avec seulement 26 points. Pour ceux qui se posent la question, la France ne fait pas partie des 30 pays étudiés.

Ce genre de classement est toujours subjectif, chacun étant libre d’apprécier de la pertinence des critères choisis. Pour certains, il vaut mieux punir sévèrement les trafiquants et interdire complètement la drogue, pour d’autres, il vaut mieux tout libéraliser et en faire un commerce comme un autre.


Notez : ils ne s’en cachent pas, ils veulent que les pays évitent au maximum les politiques répressives. Quelque part, dans notre Portugal de « brandos costumes », c’est presque un classement logique. Ils argumentent que les politiques répressives des 50 dernières années n’ont donné aucun résultat, et qu’il faut donc changer la façon de faire.

C’est exactement ce qu’a fait le Portugal, avec beaucoup de succès.

consommation de cannabis
Consommation de cannabis des 15-64 ans en 2008. Le Portugal, malgré sa proximité avec le Maroc, n’en consomme que très peu.

Explorons les thématiques choisies par le Global Drug Policy Index.

Absence de réponse extrême

Ce que l’on entend par réponse extrême : les punitions disproportionnées. Peine de mort, prison à perpétuité, police militarisée en sont quelques exemples.

C’est ici que le Portugal obtient le plus de points au Global Drug Policy Index, avec 100 points.

Justice et proportionnalité

Est-ce que faire de la prison pour avoir fumé un joint, ce n’est pas exagéré ? C’est de cela que nous parle cette thématique. Ici, le Portugal est nul. On peut faire de la prison préventive, même pour un crime non violent.

Il est vrai qu’on a tendance à enfermer très vite quelqu’un, mais… Mais souvenez-vous des nombreuses fuites de criminels portugais en col blanc à l’étranger dès que ça commence à sentir un peu trop le roussi. Est-ce la prison préventive qui les fait fuir, ou bien est-ce que c’est leur fuite qui provoque la prison préventive ?

Réduction des risques sanitaires

Quelle est la politique d’un pays pour réduire les problèmes liés à la consommation de drogues ? Avons-nous une politique de prévention ? Avons-nous des espaces dédiés à la consommation de drogue sous contrôle ? Une politique de suivi des toxicodépendants ?

Sur ce chapitre, le Portugal n’est pas exemplaire. Mais la plupart des autres pays sont pires !

Accès aux médicaments

Est-ce que la méthadone est disponible ? Est-ce que la naloxone, médicament préventif de l’overdose, est disponible ? Encore une fois, aucun pays ne peut se vanter d’être exemplaire sur ce sujet.

Développement

Quelles sont les alternatives économiques pour les agriculteurs qui cultivent les plantes dont on fait les drogues ? Sur ce dernier point, le pays n’étant pas producteur, il n’y a pas de points.

Si cet Index se limite à 30 pays, ce n’est qu’une question de moyens. Ils ont été obligés de restreindre le nombre de pays étudiés. Pour les prochaines éditions, ils espèrent parvenir à inclure de plus nombreux pays, afin d’avoir une vision encore plus fidèle de l’état mondial de la lutte contre la drogue.

Le Portugal, face à ces bons résultats, semble sur la bonne voie pour se débarrasser de ce fléau, encore bien trop présent. Nous avons des toxicodépendants oui, mais ils sont pour la plupart relativement âgés. Il s’agit de ceux qui avaient débuté leur consommation dans les années 1980 ou 1990, avant la politique volontariste du Portugal pour s’en sortir.

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