Arrumador
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Stationner sa voiture : gare aux arrumadores

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En cherchant une place en ville, on ne peut pas y louper dès que l'on se rapproche de quelque chose qui ressemble à un parking. Les "arrumadores", ou placiers en français, sont là pour nous aider à trouver une place. Vraiment?


Vous êtes tranquilles dans votre voiture, à la recherche d’une place pour vous garer. Un monsieur vous indique une place libre. Super, je ne l’avais pas vue, merci du coup de main ! Voici une petite pièce, comme un pourboire, pour vous remercier.

Bon, c’était le monde idéal.

Mais ça ne se passe pratiquement jamais comme ça.

Arrumador utile

Dans des zones où se garer est un défi, les placiers peuvent être utiles. Ils sont à l’entrée du parking, terrain vague et n’importe quel autre endroit où on peut lâcher sa voiture, et vous guident jusqu’à la place de libre.

Ils peuvent même vous aider à garer convenablement la voiture. De plus, ils surveillent les voitures, veillant à ce qu’il n’y ai pas de vandalisme.

J’ai entendu parler de ces arrumadores. Il parait que ça existe. J’y crois comme aux licornes. Certaines municipalités ont d’ailleurs reconnu leur bon travail, en les « officialisant »… sans rire.

Arrumador officiel

Ces bons arrumadores, qui simplifient le stationnement en ville peuvent demander dans les municipalités qui le font, une « licence ». Ils deviennent officiellement des placiers, et ne seront pas embêtés par la police municipale pour leur « activité ».

Au passage, la municipalité récolte un peu d’argent, ces licences étant souvent payantes. De plus, elles s’assurent que le placier n’est pas n’importe qui. Pour demander la licence, il faut souvent avoir une assurance et un casier judiciaire vierge !

A Porto, cette « légalisation » existe depuis plus de 20 ans. Et vous savez quoi? On n’en entend presque plus parler. Les légalisés ne sont pas nombreux, et surtout… les automobilistes s’en fichent. Est-ce que le placier a rendu service ? C’est le seul critère retenu.

Arrumador inutile

Vous tournez en rond depuis un bon bout de temps dans votre voiture, à la recherche d’une place. Finalement, une place se libère, et vous pouvez enfin vous garer. C’est le moment précis où arrive le « placier » pour vous réclamer une pièce.

Heu, mais de quel droit? Il n’a rien fait !

Pire : il y en a qui parfois viennent vous demander une pièce dans des parkings payants. Au prix du parking se rajoute celui du placier?

Ces placiers ne servent à rien. Ils ne font que racketter les gens. Et ils peuvent se faire beaucoup d’argent de cette façon, bien plus que s’ils faisaient de la mendicité pure et simple. Mais bien sûr, on me rétorquera que personne n’est obligé de donner, si on estime que c’est du racket.

Oui mais non.

Arrumador problématique

Si vous ne donnez pas la pièce, il peut planer au-dessus de votre véhicule comme une menace. C’est quelque chose de courant de retrouver sa voiture avec un pneu crevé, une rayure sur toute la portière ou une bosse sur la toiture…

Pire encore que les « arrumadores » inutiles : ceux qui vous mettent dans le pétrin. Combien de fois d’honnêtes automobilistes ont récolté une contravention pour stationnement fautif? Ou parfois même pire, en étant forcés de récupérer leur voiture à la fourrière.

Il y aussi ceux qui vous demandent une pièce à l’arrivée, et ceux qui vous demandent une autre pièce au départ. Et ceux qui trouvent que ce que vous donnez n’est pas assez. Et d’ailleurs, combien donner? Dix centimes? Un euro?

La seule solution pour être tranquille? Les menacer physiquement de représailles si la voiture a le moindre souci au retour. Ce n’est pas forcément une solution viable, remarquez.

Beaucoup d’entre eux sont accros à la drogue, et n’ont plus grand chose à perdre ni toute leur tête.

Arrumador, en voie de disparition?

Avec un meilleur contrôle des drogues au Portugal, il y a moins de criminalité qu’autrefois. La plupart des placiers sont déjà assez âgés. Il s’agit des toxicos qui avaient commencé à se droguer dans les années 1980, 1990. Avec le temps, ils ont tendance à se raréfier, les jeunes toxicos n’étant pas, fort heureusement, aussi nombreux que leurs aînés.

Faut-il donner?

Je ne donne pratiquement jamais. Il faut vraiment que le placier soit utile, et que je sois désespéré. Je donne alors un euro. Ce n’est pas un conseil que je donne, je le fais de par mon contexte. Une rayure de plus ou de moins dans ma voiture ne changera pas ma vie. Physiquement, ces gringalets toxicomanes ne risquent pas non plus de me poser de souci.

Pour éviter le moindre problème, ce n’est pas compliqué, je préfère encore me garer quelques places plus loin. Le temps que le arrumador arrive pour me demander la pièce, je suis déjà loin.

Finalement, être un lâche, ça a du bon. La confrontation est bien souvent inutile, surtout avec ce genre de personnes qui n’ont plus toute leur tête.

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