São Bento, palais du Parlement
São Bento, palais du Parlement

Législatives 2022

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Sans budget de l'Etat approuvé, ce qui devait arriver arriva. Le Président de la République dissout l'Assemblée et convoque de nouvelles élections législatives pour le 30 janvier 2022.


Un budget manquant

Lors du premier mandat du premier ministre António Costa, un accord avait été trouvé avec les autres partis de gauche afin de faire barrage à la droite. Cet accord, signé, obligeait le Parti Communiste et le Bloco de Esquerda de respecter les grandes décisions du gouvernement PS, dont le budget de l’Etat.

C’était la Geringonça, que l’on pourrait traduire en français par « bidule ». Un truc fait de bric et de broc, qui risque de s’écrouler n’importe quand, mais qui fonctionne. Pour le deuxième mandat, António Costa n’avait pu obtenir de ses partenaires de gauche le même accord. Le pacte était cette fois-ci tacite, un accord de non agression.

Les négociations du budget 2022 furent âpres. Les communistes et les « bloquistes » trouvant que le PS n’investissait pas assez dans le social. Face au refus catégorique de ces deux partis d’approuver le budget, le pays était bloqué.

Elections pour le 30 janvier 2022

Avec ce blocage, la suite logique ne s’est pas faite attendre. Marcelo Rebelo de Sousa convoque de nouvelles élections.

Elles auront lieu le 30 janvier, un temps long, mais nécessaire selon le président de la République. Il le justifie par la proximité de Noël et du Nouvel An.


D’autres le justifient en affirmant qu’il s’agit plutôt de donner le temps aux partis de l’opposition, dont celui du président (PSD) de s’organiser.

Elections des partis de l’opposition

Les nouvelles élections anticipées législatives portugaises ne viennent pas du tout dans un bon timing pour les deux partis de droite. PSD, de centre-droit, et CDS, de droite sont eux-mêmes en plein débats internes. Ils doivent choisir leur nouveau leader, puis savoir s’ils doivent s’allier ou pas lors de ces prochaines élections.

Autant dire que pour effectuer une campagne électorale, sans connaître le candidat, c’est compliqué.

Sondages et opinions

Ces élections seront mouvementées, mais finiront, si on doit se fier aux sondages, par ne rien changer. Encore une fois, le Parti Socialiste sera le parti au plus grand nombre de voix, faute d’avoir une opposition crédible. Mais encore une fois, il n’aura pas la majorité absolue, l’obligeant à composer avec d’autres partis pour pouvoir gouverner.

Il y a donc un risque très fort de se retrouver à nouveau dans une impasse.

Au chapitre des prédictions de type « boule de cristal » ou presque, voici ce qui se profile pour 2022 :

  • Un PS stable, vainqueur des élections mais sans majorité absolue
  • Un PAN sans doute renforcé, et futur allié du PS?
  • Un PSD également stable, peut-être une légère hausse.
  • Un CDS mort et enterré. Ses habituels électeurs se reportant vers le Chega.
  • Un Chega encore plus fort. Une extrême-droite qui jouera comme d’habitude sur les sujets populistes et polémiques.
  • Un Parti Communiste moribond.
  • Un Bloco de Esquerda en perte de vitesse, avec des électeurs se reportant sur le PAN.

Je pense que les électeurs habituels des communistes ou du Bloco peuvent être tentés par la « punition » envers leurs partis. Ils ont pensé d’abord à leurs intérêts plutôt qu’en ceux du pays, provoquant des élections inutiles, de l’avis général du reste du panorama politique.


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