Blouse crèche
Blouse crèche

Blouse en crèche et maternelle : bata

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Les enfants de crèche ou maternelle au Portugal portent presque systématiquement une blouse, aux couleurs de leur école. Pourquoi?

Lorsque j’ai voulu inscrire mon fils à la crèche locale, il m’avait été demandé d’acheter la blouse de la crèche. Selon eux, elle était obligatoire. J’ai accepté, trouvant quelque part que c’était une bonne chose. De toute façon, je n’avais pas le choix, les crèches sont rares, et parfois chères.

La blouse, héritage de l’uniforme

A l’époque de Salazar, l’ensemble des écoles portait l’uniforme. Ce n’est pas le dictateur qui imposa cette obligation, issue déjà du XIXe siècle. Que ce soit un petit primaire ou un grand de l’université, l’uniforme était obligatoire. Avec la révolution du 25 avril et la démocratie, cette obligation est devenue facultative, puis disparue dans la plupart des écoles.

Il s’agissait de gommer les inégalités sociales, du moins visuellement. D’avoir un symbole qui permettait à tous de montrer son appartenance à une école.

Aujourd’hui, plus personne ne porte d’uniforme dans les collèges ou les lycées publics. Mais la “bata”, la blouse, est universelle chez les petits.

crèche
Chaque crèche, chaque maternelle possède sa propre blouse, avec ses couleurs. Ici, ceux qui connaissent l’ancienne crèche de mon fils n’auront aucun mal à savoir où il était.

La blouse : un besoin

En premier lieu, la raison invoquée pour utiliser une blouse est pragmatique. Plus résistante, plus facile à laver, il s’agit pour les enfants de ne pas abîmer leurs beaux habits. La blouse sert ici de protection.

Au Portugal, presque toutes les crèches et maternelles exigent de porter “leur” blouse. Une façon peut-être d’éviter les plaintes des parents lorsque leur petit bout de chou revient avec des habits salis par de la peinture ou de la colle. Seuls les bébés qui ne marchent pas encore sont dispensés de blouse.

Blouse crèche
L’enfant va pouvoir faire des collages et des coloriages en toute tranquillité. Il peut même manger à l’école sa soupe sans risquer de tâcher ses beaux vêtements. Notez le nom brodé sur la petite poche de poitrine.

Quelques rares écoles primaires publiques imposent le port de la “bata” à leurs élèves. Une pratique étrange, la blouse étant véritablement associée aux tout-petits. On dirait que l’école voulait imposer un uniforme, comme dans certaines écoles privées, mais ne voulant ou pouvant pas exiger des parents cette grosse dépense, s’est tournée vers un “uniforme pas cher” comme pourrait l’être une simple blouse.

Mais pourquoi exiger de tous les enfants de porter la même blouse? Voyons voir…

La blouse, un symbole de reconnaissance

Les raisons sont exactement les mêmes que le port de l’uniforme. Une uniformisation sociale, gommant les différences entre les élèves. Même si, on est d’accord, les petits enfants ne sont absolument pas conscients des éventuelles inégalités sociales entre eux.

En revanche, ils voient bien qu’ils portent le même vêtement que leur camarade. Ils voient bien que les camarades d’autres maternelles portent une blouse différente. C’est cette création de sentiment d’appartenance qui me semble ici fondamentale.

Cette logique est très présente lorsque les maternelles rencontrent d’autres maternelles. C’est aussi plus simple pour les instituteurs de reconnaître leurs élèves.

Blouse pour fille, blouse pour garçon

Je me posais une question par rapport à la blouse portée dans certaines maternelles, dont celle de mon fils : pourquoi faire des blouses différenciées entre filles et garçons?

Blouses pour filles et garçons
Les filles ont les boutons dans le dos.

“C’est plus mignon” pouvons-nous entendre. Oui, certes, mais ne trouvez-vous pas étrange qu’une petite fille, qui doit boutonner sa blouse dans le dos, n’est pas plutôt désavantagée par rapport à un garçon qui boutonne devant?

Aucune réponse.

Autant je suis pour le port de la blouse, et même de l’uniforme pendant toute la scolarité, autant différencier une blouse par sexe me semble malvenu. Du moins une différence qui impose un “handicap” aux petites filles!

J’ai adoré la crèche de mon fils. Une crèche privée, comme tant d’autres au Portugal. Il faut dire que les crèches ne commencent à se développer véritablement que depuis les années 2010. Mon fils était entre de bonnes mains. Je pense sincèrement que le personnel de la crèche n’avait tout simplement pas pensé à ces petites différences entre filles et garçons.


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