Pepe, joueur de foot portugais d'origine brésilienne
Pepe, joueur de foot portugais d'origine brésilienne

Les étrangers au Portugal

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Les derniers chiffres du SEF (serviço estrangeiro e fronteiras) de 2021 nous permettent de connaître un peu mieux la population étrangère vivant légalement au Portugal.


En 2019, il y avait ainsi 589 000 étrangers au Portugal, une population en augmentation de plus de 110 000 personnes par rapport en 2018 ! C’est la quatrième année consécutive que la population étrangère augmente au Portugal. Le mouvement ne semble pas s’essouffler, au contraire, l’augmentation du nombre d’étrangers s’accélère.

Néanmoins, nous ne connaissons pas encore l’impact de la pandémie sur l’évolution de ces chiffres. Aujourd’hui, rien ne laisse deviner une inversion de tendance.

Evolution de la population étrangère au Portugal
Evolution de la population étrangère au Portugal

Regardons le tableau, avec les 10 premières nationalités étrangères.

 nombre d’étrangers
Brésil150 919
Cap-Vert37 110
Royaume-Uni34 358
Roumanie31 065
Ukraine29 706
Chine27 780
Italie25 408
France23 125
Angola22 592
Guiné Bissau18 780

On constate que la majorité des immigrés viennent de pays parlant le Portugais. Il n’y a pas de choc culturel majeur, nous sommes toujours dans la lusophonie.

La première communauté étrangère est ainsi la brésilienne, de très loin. En un an, elle a gagné près de 50 000 personnes, soit la moitié en plus. Un étranger sur quatre est ainsi originaire du Brésil, contre un étranger sur cinq en 2018. Le Portugal a toujours été pour le Brésil la porte d’entrée de l’Europe.


Ensuite vient le Cap-Vert, un autre pays très proche du Portugal, avec la même langue (ou presque, de nombreux cap-verdiens parlant Créole) et une culture commune.

L’autre population d’étrangers qui a fortement augmenté est celle des britanniques. Ils passent de la cinquième place à la troisième place. Nous ne pouvons que deviner une “fuite” du Brexit, qui se devine à l’augmentation du nombre de demandes de nationalités portugaises de leur part ces derniers temps.

La Roumanie et l’Ukraine s’expliquent par le boom économique portugais de la fin des années 1990, attirant ainsi de très nombreux travailleurs de l’est européen, qui ont trouvé au Portugal un petit coin de paradis, malgré des conditions de travail souvent très dures. Leur nombre est en hausse, mais de façon bien moins prononcée que pour les Brésiliens ou les Britanniques.

Par rapport à 2018, toutes les principales populations d’étrangers vivant légalement au Portugal sont en hausse.

Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.
Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.

Les personnes originaires du sous-continent Indien sont encore en petit nombre, mais de plus en plus visibles, et en très forte hausse. Ils viennent souvent faire un travail que personne d’autre ne veut faire.

Les producteurs agricoles de l’Alentejo leur disent merci.

Il s’agit d’Indiens, désormais plus de 17 000 (contre 11 000 l’année précédente) ou de Népalais, un peu moins de 17 000 (11 000 personnes également l’année précédente).

Pour la première fois, le nombre d’Italiens a dépassé le nombre de Français au Portugal.

En 2018, un Français sur trois vivant au Portugal est retraité. On notera que les Espagnols ne sont pas dans le top 10 des étrangers vivant au Portugal, malgré la proximité géographique (ils ont été remplacés au classement en 2017 par les Italiens).

Une curiosité : en 2018, 17% des Italiens sont nés au Brésil. Ceci s’explique par le “droit du sang” italien au moment d’acquérir la nationalité, qui se transmet de père en fils, où qu’ils soient. Ainsi, bon nombre de Brésiliens sont également Italiens, même si leur famille est installée au Brésil depuis plusieurs générations. Au moment de venir au Portugal, il était plus simple pour eux de se déclarer comme étant Italiens.

La forte augmentation du nombre de Français et d’Italiens arrivant au Portugal continue sur sa lancée.

Evolution du nombre de français qui résident au Portugal
Evolution du nombre de français qui résident au Portugal

Naturalisations

Au premier rang des étrangers obtenant la nationalité portugaise se trouve, logiquement, les Brésiliens. En deuxième position, étonnement si on ne remet pas dans le contexte, se trouvent les Israéliens.

Il s’agit d’une loi permettant aux descendants des juifs portugais expulsés du pays il y a quelques siècles de récupérer la nationalité de leurs lointains ancêtres. Une sorte de justice, de demande de Pardon des autorités portugaises. Du coup, de nombreux Israéliens utilisent cette possibilité. Par sentimentalisme, mais aussi par pragmatisme.

Cette loi explique également les demandes turques de naturalisations. Il s’agit de juifs turcs, qui descendent eux aussi des Portugais expulsés.

Du côté absolument pratique, le Portugal récupère ainsi de nouveaux nationaux qui ont souvent de l’argent et qui ne posent pas de problèmes, et les israéliens récupèrent facilement un passeport européen. Tout le monde est gagnant.

A côté de cette belle idée, de cette réparation des injustices faites aux juifs par le passé, une autre idée est en train de germer. Il s’agit maintenant de permettre aux descendants de Portugais en Asie de se naturaliser Portugais. Pour le gouvernement portugais, il s’agit de justice également, s’ils le font pour les descendants des juifs portugais, pourquoi ne le feraient-il pas pour les descendants d’autres Portugais dans le monde?

Pour s’en rendre compte du potentiel de nouveaux nationaux, il suffit de penser à la plupart des catholiques d’Asie, lointains descendants de Portugais, que ce soit à Malacca (en Malaisie), en Indonésie, à Singapour, au Timor Oriental, en Thaïlande, au Myanmar, en Inde ou encore au Sri Lanka…

Mais à ce compte là, il faudrait aussi parler des descendants des Portugais au Brésil…

Et l’immigration illégale?

Selon le SEF, les contraventions pour permanence illégale sur le territoire portugais ont plus que doublé (111%). 28.451 personnes en 2018 à comparer aux 13.465 de 2017. La première communauté étrangère en situation irrégulière est la brésilienne, qui souvent “oublie” simplement de renouveler son titre de résidence.

Les expulsions restent très rares au Portugal. En 2017, seuls 354 immigrés illégaux ont été expulsés, dont 129 avaient été auparavant condamnés à des peines de prison pour crime violent. On pourrait comparer ces nombres aux 692 portugais expulsés d’autres pays en 2017…

En général, le Portugal préfère légaliser les étrangers, ceux qui travaillent depuis plus d’un an dans le pays.

Les autorités portugaises se réjouissent de cette augmentation de la population étrangère, signe pour elles de la bonne santé économique du pays et de son attractivité. Personne n’oublie que malgré tout, le pays perd des habitants petit à petit


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