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Un portugais, directeur artistique de Kenzo : Felipe Oliveira Baptista

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Felipe Oliveira Baptista, après 8 ans à la tête de Lacoste, succède à Carol Lim et Humberto Leon.

On se réjouit à chaque fois qu’un portugais réussi à l’étranger. Les portugais, humbles par définitions, n’ont pas souvent l’occasion de se réjouir. Souvent résignés, ceux qui ne le sont pas émigrent.

De temps à autre, un coup d’éclat, une personnalité hors du commun, qui montre l’exemple et prouve qu’on peut être portugais et réussir au niveau mondial. C’est le cas de Felipe, né aux Açores en 1975.

Les habits créés par Felipe Oliveira Baptista pour Lacoste sont emprunts de la philosophie de la marque. Du prêt-à-porter, novateur, toujours élégant.

L’aventure Kenzo

Un nouveau chapitre pour Kenzo, marque LVMH débute avec son nouveau directeur artistique. Felipe a été auparavant aux commandes de Lacoste, avec un succès retentissant. Le chiffre d’affaires de la marque de luxe a tout simplement doublé pendant les 8 années de sa direction.

Remercié en 2018, il rebondit ainsi en 2019 chez Kenzo.

Dans un communiqué de presse LVMH, Felipe affirme :

Kenzo, c’est la liberté contagieuse et le mouvement. Tout ce que M. Takada faisait était empreint de joie, d’élégance et d’un sens de l’humour frais et impertinent.

J’ai parfois du mal avec la communication des artistes ou des designers (je le sais, je suis un peu artiste et designer aussi). Est-ce que par « humour », Felipe veut dire qu’il n’hésiterait pas à faire sourire les clients LVMH en regardant ses créations dans une boutique ?

Felipe continue dans le communiqué de presse :

 La façon dont Kenzo célèbre la nature et la diversité culturelle a depuis toujours été et est encore au cœur de la marque. Ces deux sujets n’ont jamais été aussi pertinents et déterminants qu’aujourd’hui, ils sont essentiels pour écrire le futur de Kenzo.

Saura-t-il respecter la philosophie Kenzo ? Son style semble lui permettre d’être confiant en l’avenir. Néanmoins, n’oublions pas que les grandes maisons de la mode jouent souvent le « jeu des chaises musicales », en changeant ou échangeant leurs directeurs artistiques régulièrement. C’est ainsi que personnellement, j’ai du mal à voir une vraie personnalité dans les grandes marques de luxe vestimentaire d’aujourd’hui. Saurez-vous faire la différence entre un Lacoste et un Kenzo ?

Je ne suis bien sûr pas spécialiste, à vous lecteurs de juger, et de nous éclairer dans les commentaires.

En tout cas, Felipe avait quitté Lacoste en bons termes. Quelque part, c’est normal, lorsque l’on est dans la mode, il faut toujours se renouveler ! Tant mieux si c’est à l’avantage de notre petit portugais.

Kingston University

Nous disons qu’il est portugais, et qu’il a réussi. Certes, mais il faut savoir qu’il a fait ses études en « fashion design » à Londres, à l’université Kingston d’où il sorti diplômé en 1997. Il s’agit d’une université publique, très internationalisée.

Nous serons pleinement heureux le jour où c’est un portugais qui aura fait ses études au Portugal à 100 % qui réussit.

A la fin de ses études, et grâce à son talent, il monte très rapidement tous les échelons en tant que styliste. Il a été notamment lauréat du Grand Prix du Festival de mode de Hyères, et par deux fois vainqueur du concours de l’Andam (Association Nationale pour le Développement des Arts de la mode).

Bref, Felipe est doué. Connu pour être un designer “technologique” et “perfectionniste”, ces deux caractéristiques sont totalement dans l’air du temps.

La marque Felipe Oliveira Baptista

Même si le portugais est doué, à la tête de Lacoste et maintenant de Kenzo, il y a tout de même un épisode qui me chagrine. Il avait créé sa marque en nom propre en 2003. Aujourd’hui, sa marque n’a même plus de site Internet. La marque a disparu discrètement, sans laisser de traces…

Je veux bien croire que son travail chez Lacoste l’aie totalement accaparé. Mais quelque part, c’est dommage, cela veut aussi dire qu’on aura jamais une grande marque de mode portugaise? Si même lui rate…

J’avoue que, peut-être, c’est tout simplement un problème de nom. Les noms portugais ne sont pas très sexy à l’international. Qui veut porter du “Oliveira Baptista”?

C’est l’une des raisons qui poussent de nombreuses marques de chaussures portugaises à adopter des noms italiens ou anglais. On dirait que ça passe mieux.


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