Après plusieurs votes et un dialogue avec la police, les manifestants ont retiré leurs tentes dans la nuit du 21 au 22 octobre. Ils ont néanmoins choisi de rester sur la place pour poursuivre leur protestation.
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La mobilisation pour le logement au Rossio a changé de forme dans la nuit du 21 au 22 octobre 2026. Selon RTP, plus de 300 manifestants ont décidé de démonter leurs tentes et de dormir à la belle étoile. Après des échanges avec la police, des participants sont restés sur la place, avec couvertures, sacs de couchage et pancartes.
Des assemblées successives font évoluer la décision
Les participants arrivent au Rossio dès la fin d’après-midi du mercredi 21 octobre. Selon le reportage d’Observador, une première assemblée commence vers 19 heures, suivie de plusieurs autres pendant la nuit. La discussion porte surtout sur deux questions: rester sur place et décider comment réagir à une éventuelle intervention policière.
Vers 21 heures, le maintien nocturne recueille 190 voix favorables et 270 abstentions, rapporte le journal. Des participants montent ensuite les tentes. Toutefois, ce premier vote ne règle pas toutes les modalités de la nuit: les personnes décidées à rester doivent encore déterminer leur conduite face aux forces de l’ordre.
Les interventions révèlent des stratégies différentes. Certains défendent une occupation continue pour préserver la dynamique collective; d’autres préfèrent économiser le matériel et éviter une nouvelle confrontation. Le retrait finalement adopté traduit donc un changement de méthode pendant la soirée, et non une décision initiale de renoncer au campement.
La police demande le silence et des passages dégagés
Le dialogue avec la PSP, la police de sécurité publique, se poursuit jusque dans la madrugada, les heures précédant l’aube. Vers 3 heures, des manifestants interrogent le commandant de la première division de Lisbonne, Iuri Rodrigues. Ils veulent savoir s’ils peuvent rester allongés, silencieux, avec leurs pancartes.
Selon Observador, le responsable policier assure que les pancartes ne provoqueront pas, à elles seules, une intervention. Il demande cependant de laisser les passages libres et de préserver l’accès public à la place. Il rappelle également la limite de 0 h 30 invoquée pour les comportements relevant d’une manifestation.
Les porte-parole transmettent ces indications aux personnes réunies. Après des réactions de mécontentement, les participants s’installent en petits groupes sur leurs affaires. Cet échange décrit un arrangement concret pour cette nuit-là: il ne constitue ni une autorisation permanente de camper, ni une décision judiciaire sur les limites du droit de manifester.
Une nuit sur les couvertures plutôt que sous les tentes
Une fois les abris démontés, les tapis de sol, sacs de couchage et couvertures remplacent les toiles de tente. Observador décrit des conversations à voix basse, des jeux de cartes, du sudoku et du crochet. Les pancartes restent présentes, maintenant le caractère revendicatif de cette occupation nocturne malgré la baisse du bruit.
Les participants donnent à cette formule le surnom d’« aconchada », un jeu de mots évoquant le fait de se serrer les uns contre les autres. Mais le chiffre de plus de 300 personnes concerne la décision collective rapportée par RTP. Il ne permet pas d’affirmer que toutes sont restées jusqu’au matin.
SIC Notícias décrit une soirée globalement pacifique, sous surveillance policière. Un incident survient néanmoins lorsqu’un homme portant un drapeau israélien traverse la concentration et critique les protestataires. La police intervient puis l’éloigne. Cet épisode reste distinct du dialogue qui permet ensuite aux militants de passer la nuit sans tentes.
Depuis le 10 octobre, une mobilisation interrompue puis relancée
Cette nouvelle nuit dehors intervient après le démantèlement du campement lisboète, dans la nuit du 19 au 20 octobre. Le bilan publié le 21 octobre faisait état de 55 interpellations au Rossio. Ce précédent explique la place prise, dans les assemblées suivantes, par la protection des personnes et de leurs affaires.
À Porto, le démontage du 20 octobre avait suivi un autre déroulement. Après un ultimatum policier, les occupants de la place D. João I avaient retiré eux-mêmes leurs tentes. Le bilan matinal ne signalait alors aucune arrestation dans cette ville. Les évacuations du 20 octobre ne décrivent donc pas une opération identique dans les deux villes.
Le mouvement avait commencé à Porto le 10 octobre, avant de gagner Lisbonne le 17 octobre. Entre-temps, les installations ont connu des retraits, des reprises et des pauses. Cette chronologie compte: la durée de la mobilisation ne correspond pas à une occupation ininterrompue par les mêmes personnes ou les mêmes tentes.
Le mardi 20 octobre, les rassemblements avaient également dépassé les deux principales villes. Des concentrations avaient notamment eu lieu à Coimbra, Évora et Faro. Cette extension montre une contestation géographiquement plus large, sans établir pour autant un calendrier commun ou une organisation unique pour l’ensemble des actions locales.
Derrière les campements, des demandes sur les prix et l’offre
Les revendications dépassent le maintien des campements. Les demandes rapportées pendant la mobilisation comprennent des plafonds de loyers, davantage de logements publics et la remise en habitation d’immeubles vacants. Les participants réclament aussi l’arrêt des expulsions sans relogement et contestent la réforme locative. Il s’agit de revendications, non de mesures obtenues.
Ces propositions visent des mécanismes différents. Un plafond de loyer cherche à agir directement sur le prix demandé. En revanche, réhabiliter un immeuble vacant vise à rendre des logements utilisables. Développer le parc public suppose notamment de construire, d’acquérir ou de remettre en état des biens destinés à une politique publique.
Les témoignages recueillis lors des rassemblements précédents montrent aussi une diversité de situations. Des propriétaires étaient venus soutenir leurs enfants confrontés au coût du logement; une étudiante évoquait son souhait de vivre chez elle et de fonder une famille. Ainsi, participer au mouvement ne signifie pas nécessairement être soi-même sans domicile.
Lors de la soirée du 21 octobre, Catarina, 27 ans, explique à Observador profiter de son jour de repos pour participer. Cette travailleuse indépendante de l’audiovisuel décrit une cause qui la touche, ainsi que son entourage. Son témoignage illustre la conciliation entre travail et engagement, sans constituer un portrait représentatif de tous les manifestants.
Manifester, camper et intervenir: des questions juridiques distinctes
L’article 45 de la Constitution portugaise protège les réunions pacifiques et sans armes, y compris dans les lieux ouverts au public. Il précise qu’elles ne nécessitent pas d’autorisation. Toutefois, cette garantie ne tranche pas, à elle seule, toutes les questions relatives à l’installation durable de tentes sur une place.
Le décret-loi du 29 août 1974 encadre également les rassemblements. Son article 11 prévoit qu’ils ne se prolongent généralement pas au-delà de 0 h 30, avec des exceptions concernant certains lieux fermés. Cette disposition explique la référence horaire employée par le commandant au Rossio, sans résoudre toutes les questions d’application.
La Constitution fixe aussi une limite aux moyens policiers: son article 272 impose de ne pas dépasser le strict nécessaire. Le fondement d’une évacuation et la proportionnalité de son exécution constituent donc deux questions distinctes. Le retrait des tentes cette nuit-là ne tranche pas les accusations concernant les interventions précédentes.
Une marche annoncée pour le 24 octobre, sans accord sur le logement
Pendant la soirée, l’assemblée approuve également une manifestation pour le samedi 24 octobre, selon Observador. Le parcours annoncé doit partir du Marquês de Pombal et rejoindre le Rossio. Il s’agit d’une prochaine étape décidée par les participants, et non d’un rassemblement dont la tenue ou l’affluence seraient déjà constatées.
La mobilisation après les évacuations avait déjà montré cette capacité à changer de forme: concerts, assemblées, marches et retours sur les places. La nuit sans tentes ajoute une modalité à cette succession. Mais le compromis nocturne porte sur les conditions de présence au Rossio, pas sur une réponse aux revendications concernant le logement.
Au Rossio, les militants ont donc démonté leurs abris sans abandonner la place. Cette décision leur a permis de maintenir une présence pendant la nuit, après les tensions des jours précédents. La marche annoncée pour le 24 octobre doit prolonger la contestation; les demandes sur les loyers et l’accès au logement restent, elles, ouvertes.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- Manifestantes em Lisboa decidem desmontar tendas no Rossio e dormir ao relento (RTP país)
- A noite sem tendas que virou « aconchada » – Observador (Observador)
- Manifestantes pela habitação dormiram ao relento no Rossio (SIC Notícias)
Sources complémentaires
- Manifestations pour le logement: des milliers de personnes reviennent après les évacuations à Lisbonne et Porto (Portugal en français)
- Campements pour le logement: évacuation à Lisbonne, démontage sous pression à Porto (Portugal en français)
- Constituição da República Portuguesa (Assembleia da República)
- Garante e regulamenta o direito de reunião (Diário da República)
