La PSP est intervenue à l’aube du 20 octobre pour faire retirer les tentes des deux villes. À Lisbonne, les arrestations et les accusations de violences ouvrent un nouveau front de contestation.
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La PSP, la police de sécurité publique, a fait retirer les campements pour le logement à Lisbonne et Porto, mardi 20 octobre 2026. Au Rossio, les agents ont arrêté plusieurs manifestants. Place D. João I, les occupants ont démonté leurs tentes après un ultimatum, sans arrestation signalée dans le bilan matinal de RTP..
À Lisbonne, un cordon autour des tentes puis des arrestations
Au Rossio, la mobilisation avait commencé le samedi 17 octobre. Dans la nuit du 19 au 20 octobre, les participants ont décidé de rester malgré les avertissements policiers. Selon leur porte-parole Ana Luíza, la PSP avait demandé leur départ vers minuit, en évoquant une évacuation forcée possible à tout moment.
Les manifestants avaient alors prévu de former un cordon humain autour des dizaines de tentes. Pendant la madrugada, c’est-à-dire les heures précédant le lever du jour, les policiers ont engagé l’évacuation et procédé à des arrestations. Certains militants ont accusé les agents de violences, tandis que d’autres participants ont rejoint la place da Figueira.
Dans son suivi matinal, RTP avançait provisoirement au moins 22 arrestations, sans confirmation officielle du total. La chaîne décrivait ensuite des interpellations sans résistance lors de la dernière phase de l’opération. Ces observations portent donc sur différents moments: elles ne suffisent pas à trancher les accusations concernant le début de l’évacuation.
À Porto, les occupants démontent après un ultimatum
À Porto, la PSP a adressé un ultimatum aux occupants de la place D. João I peu avant 6 heures. Elle exigeait le retrait des tentes et menaçait d’arrêter les personnes qui refuseraient. Les participants ont finalement demandé du temps pour récupérer leurs affaires, puis démonté eux-mêmes leur installation.
RTP ne signalait aucune arrestation à Porto dans son bilan matinal. Toutefois, un membre de l’équipe médicale du mouvement affirmait que des policiers avaient immobilisé une personne brutalement. Il disait aussi avoir rencontré un obstacle pour lui porter assistance, tout en précisant qu’aucune lésion n’avait alors été objectivée. Ce témoignage ne constitue donc pas un diagnostic médical.
La veille au soir, 35 personnes avaient voté en assemblée pour maintenir le campement. Le mouvement entrait dans son onzième jour depuis son lancement, le 10 octobre. Cependant, cette durée désigne une séquence de mobilisation: elle ne signifie pas que les mêmes tentes sont restées continuellement sur la place pendant onze jours.

Une nouvelle évacuation, distincte des événements du 15 octobre
La nouvelle évacuation intervient après une semaine déjà tendue à Porto. Le 15 octobre, une précédente intervention policière avait provoqué une vive controverse. Le mouvement annonçait alors 37 blessés, dont deux personnes transportées à l’hôpital de Santo António. Ce décompte restait celui des organisateurs, et non un bilan hospitalier consolidé.
La mobilisation du 15 octobre avait ensuite réuni des milliers de personnes, avant une dispersion demandée par les responsables pendant la nuit suivante. Ils invoquaient des risques de troubles et soupçonnaient la présence de perturbateurs. Toutefois, la police n’avait trouvé aucune arme lors des fouilles de deux personnes rapportées à cette occasion.
Cette mobilisation après l’évacuation du 15 octobre permet de distinguer trois épisodes. Il y a d’abord eu l’intervention policière, puis un départ décidé par les organisateurs, et enfin de nouvelles occupations. Le démontage du 20 octobre constitue donc un nouvel événement, avec ses propres circonstances et un bilan à établir séparément.
Manifester, déposer un préavis et camper: trois questions différentes
Le 19 octobre, le porte-parole de la PSP, Sérgio Soares, avait promis de privilégier le dialogue. Mais il avait aussi annoncé une intervention si les participants ne retiraient pas les tentes. La police invoquait notamment l’absence de licence municipale pour le campement, les horaires des rassemblements et le respect des règles sur le bruit.
Le droit de manifester ne se confond pourtant pas avec une autorisation de camper. L’article 45 de la Constitution garantit les réunions pacifiques et sans armes, y compris dans les lieux ouverts au public, sans autorisation préalable. Il faut donc distinguer cette liberté fondamentale du différend sur l’installation durable d’équipements.
Le décret-loi du 29 août 1974 prévoit un préavis écrit d’au moins deux jours ouvrables, précisant notamment l’horaire et le lieu. Son article 11 fixe généralement la fin des rassemblements à 0 h 30, avec certaines exceptions en lieux fermés. La référence policière à minuit ne reproduit donc pas exactement cet horaire légal.
Les accusations de violences appellent un examen distinct
Le ministre de l’Administration intérieure, Luís Neves, avait affirmé que la loi devait être respectée. Il assurait également que la PSP ne dépasserait pas les pouvoirs légaux dont elle dispose. Cette déclaration expose la position gouvernementale, mais elle ne constitue pas une évaluation indépendante du déroulement des opérations du 20 octobre.
La Constitution impose aussi une limite aux moyens employés. Son article 272 prévoit que les mesures policières ne dépassent pas le strict nécessaire. Ainsi, le fondement d’une évacuation et la proportionnalité de son exécution constituent deux questions distinctes. Une irrégularité éventuelle du campement ne tranche pas, à elle seule, les accusations de violences.
À Lisbonne, des porte-parole dénoncent aussi des arrestations illégales et le retrait de leurs effets personnels. Ces accusations restent à examiner, comme les circonstances précises des interpellations. Le bilan matinal ne permet pas d’établir les motifs individuels de chaque arrestation, ni de conclure sur la responsabilité des agents mis en cause.
Des revendications sur les loyers, les expulsions et le logement public
Les demandes du mouvement dépassent le maintien des tentes sur les places. Les participants réclament notamment des plafonds de loyers réellement accessibles et davantage de logements publics. Ils demandent aussi de remettre en habitation des immeubles vacants, de freiner les acquisitions par les fonds immobiliers et d’arrêter les expulsions sans solution de relogement.
Les militants contestent également la réforme du droit locatif, qu’ils désignent comme la nouvelle loi sur les locations. Ces revendications restent cependant des demandes politiques, pas des mesures obtenues lors de l’évacuation. Le retrait des campements n’annonce donc, en lui-même, aucun changement concernant les loyers, les expulsions ou l’accès au parc public.
Le droit au logement figure dans l’article 65 de la Constitution. Celui-ci prévoit une habitation adaptée, salubre et respectueuse de la vie privée. Il confie aussi des responsabilités à l’État, notamment avec les collectivités locales. Ce cadre soutient la portée de la revendication, sans imposer automatiquement chacune des solutions défendues par les manifestants.
Un retour annoncé au Rossio, sans certitude sur de nouvelles tentes
Après leur départ du Rossio, des manifestants se sont regroupés place da Figueira avant de se disperser. Ils ont appelé à revenir au Rossio le mardi 20 octobre à 19 heures. Le format restait toutefois incertain dans la matinée: une nouvelle concentration ne signifie pas nécessairement la réinstallation d’un campement.
L’opération a également perturbé brièvement l’accès au métro. Selon une source officielle du réseau citée par RTP, la station Rossio, sur la ligne verte, a fermé ses entrées vers 8 heures. Les voyageurs pouvaient néanmoins sortir. Les accès ont rouvert à 8 h 35, puis la circulation autour de la place s’est normalisée.
Les équipes de nettoyage et la police municipale ont ensuite retiré les derniers vestiges du campement lisboète. Cependant, la fin matérielle de l’occupation ne règle ni les revendications ni les contestations sur l’intervention. Les prochaines précisions attendues concernent surtout le bilan officiel des arrestations, leurs motifs et les suites données aux accusations des participants.
Les tentes ont quitté les deux places, mais les organisateurs lisboètes annoncent un nouveau rassemblement au Rossio le 20 octobre à 19 heures. Le bilan définitif des arrestations et l’examen des violences dénoncées restent attendus, tandis qu’aucune réponse nouvelle aux revendications sur le logement ne ressort de ces évacuations.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- Polícia retirou tendas dos manifestantes em Lisboa e no Porto. Há dezenas de detidos (RTP país)
- Acampada de Lisboa decide ficar apesar de avisos da PSP (RTP país)
- Habitação: Acampada de Lisboa regista « adesão crescente » e de « todo o tipo de pessoas » (Sapo Notícias)
Sources complémentaires
