Carlos Moedas veut retirer les trottinettes de location des rues de la capitale, invoquant la sécurité et le stationnement. Soutenue par l’ACP, la proposition doit encore être examinée par l’exécutif municipal.
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Lisbonne prépare la suspension des trottinettes partagées après plusieurs années d’encadrement du service. Annoncée par Carlos Moedas le 15 octobre 2026, la mesure reçoit le soutien de l’Automóvel Club de Portugal. Mais, au 19 octobre, le vote municipal et les modalités de retrait restent à venir.
Une suspension annoncée, avec un vote attendu le 21 octobre
Au 19 octobre 2026, la suspension reste une décision annoncée, et non un retrait déjà achevé. Selon le cabinet de Carlos Moedas, interrogé par Lusa, la proposition doit passer en réunion de l’exécutif municipal le mercredi 21 octobre. La coalition PSD/CDS-PP/IL dispose d’une majorité dans cette instance, mais le contenu de la délibération reste déterminant.
Le calendrier évoqué par e-konomista prévoit une sortie des véhicules d’ici janvier 2027. Il s’agit toutefois d’un objectif annoncé, pas d’une date de fermeture immédiate du service. Les modalités précises de retrait, les obligations imposées aux opérateurs et les éventuelles étapes transitoires devront donc être confirmées.
La chronologie permet de comprendre cette accélération. Dès le 28 septembre, le maire avait promis des mesures contre les comportements dangereux. Il a ensuite annoncé la suspension le jeudi 15 octobre. Enfin, le lundi 19 octobre, l’Automóvel Club de Portugal a remis les signatures de sa pétition à l’Assemblée municipale.
Les véhicules privés et les vélos ne sont pas visés
La mesure vise le service de location de trottinettes électriques exploité par des entreprises privées. Ces véhicules sont accessibles pour de courtes durées au moyen d’une application. En revanche, la proposition décrite ne concerne pas les trottinettes personnelles: elle ne signifie donc pas leur interdiction générale dans les rues de Lisbonne.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la portée de l’annonce. Le maire conteste le fonctionnement du système partagé, notamment la gestion des équipements dans l’espace public. Il ne présente pas une suppression de tous les petits véhicules électriques, ni une interdiction de l’ensemble des services de mobilité partagée.
Les vélos ne figurent pas non plus dans le périmètre annoncé. Carlos Barbosa, président de l’ACP, les distingue explicitement des trottinettes dans son argumentaire. Cependant, son appréciation selon laquelle les vélos ne gênent personne reste une prise de position: elle ne constitue pas une évaluation comparative des risques.
La sécurité des piétons au centre de la justification municipale
Carlos Moedas avance deux raisons principales: la sécurité et le stationnement. Il dénonce notamment la circulation à contresens, les trajets sur les trottoirs et l’utilisation d’un même engin par deux personnes. Selon lui, ces comportements persistent malgré les engagements pris avec les entreprises qui exploitent les flottes.
Le maire insiste aussi sur les obstacles laissés sur les cheminements piétons. Il cite les personnes aveugles, les personnes âgées ou à mobilité réduite, ainsi que les familles avec poussette. Ainsi, la municipalité ne présente pas seulement un problème de circulation: elle défend aussi l’accessibilité quotidienne des trottoirs.
Un exemple hypothétique illustre cet enjeu: une trottinette couchée dans un passage étroit peut obliger une personne en fauteuil à faire demi-tour. Un piéton valide pourrait contourner le même obstacle. Cette différence explique pourquoi un stationnement apparemment mineur peut avoir des conséquences importantes pour certains usagers.

Des retraits nombreux, mais des données de sécurité encore incomplètes
Dans les déclarations rapportées par Lusa, Carlos Moedas évoque plus de 1 000 trottinettes retirées chaque mois pour mauvais stationnement. Il affirme également que ces interventions augmentent d’année en année. Pour la mairie, cette répétition démontre que l’accord avec les opérateurs ne suffit plus à maintenir les espaces de passage dégagés.
Ce chiffre doit néanmoins être interprété avec précision. Il mesure des opérations de retrait, pas nécessairement autant de véhicules différents ou d’utilisateurs distincts. Il ne fournit pas non plus un taux d’infraction rapporté au nombre de trajets. Il renseigne donc sur l’ampleur des interventions municipales, sans décrire à lui seul tous les usages.
Concernant les accidents, l’ACP mentionne des enfants et des adultes hospitalisés après des chutes ou collisions impliquant des trottinettes. Cependant, ses déclarations du 19 octobre ne présentent aucun bilan chiffré détaillé. Elles ne permettent donc pas de comparer précisément les risques des engins partagés avec ceux des véhicules personnels ou d’autres déplacements.
Depuis 2023, Lisbonne tentait de discipliner le service
Lisbonne avait choisi une autre approche le 9 janvier 2023: encadrer le service avec cinq opérateurs. L’accord limitait la vitesse à 20 km/h et plafonnait les flottes. Il prévoyait aussi des emplacements de stationnement obligatoires, avec 1 500 véhicules par opérateur en hiver et 1 750 en été.
La municipalité décrivait également un contrôle du stationnement par l’application. L’utilisateur ne devait pas pouvoir terminer sa location hors d’un emplacement autorisé. Par ailleurs, les entreprises devaient informer leurs clients et appliquer des pénalités pour stationnement illégal. Le dispositif cherchait ainsi à prévenir les abandons, plutôt qu’à intervenir uniquement après coup.
La page municipale consacrée à la mobilité partagée distingue des zones interdites à la circulation et au stationnement. D’autres interdisent seulement le stationnement ou imposent des points précis pour terminer le trajet. Ces restrictions sont reproduites dans les applications et appliquées automatiquement aux véhicules: les outils numériques faisaient donc déjà partie de la réponse municipale.
La pétition de l’ACP reste distincte de la décision du maire
L’Automóvel Club de Portugal soutient désormais une rupture avec ce modèle. Son président, Carlos Barbosa, estime que les formations et les actions de sensibilisation n’ont pas produit les résultats attendus. Il considère donc l’arrêt du système comme la seule réponse possible, une conclusion qui engage l’association et non l’ensemble des usagers.
Le 19 octobre, l’ACP a remis environ 20 000 signatures de citoyens inscrits sur les listes électorales de Lisbonne. La démarche demande un référendum municipal sur le maintien du service. André Moz Caldas, président de l’Assemblée municipale, a reçu les représentants de l’association lors du dépôt des signatures.
Cependant, cette remise ne signifie pas qu’un référendum est déjà convoqué. Carlos Barbosa affirme que la procédure doit suivre son cours malgré l’annonce du maire. Il ajoute qu’une suppression effective du service pourrait rendre cette démarche sans objet. À ce stade, aucune date de consultation n’est annoncée dans ses déclarations.
Ce qui reste à préciser pour les usagers et les opérateurs
Pour les utilisateurs réguliers, le principal enjeu est désormais le calendrier concret. Une annonce politique ne précise pas nécessairement le dernier jour de location chez chaque opérateur. Il manque encore des informations sur l’organisation du retrait et le traitement d’éventuels abonnements ou crédits prépayés. Aucune règle de remboursement ne peut donc être déduite de cette annonce.
La suspension poserait aussi la question du remplacement des trajets courts aujourd’hui réalisés avec ces véhicules. Marcher, pédaler ou prendre un transport collectif ne répond pas toujours au même besoin. Cependant, les informations disponibles ne chiffrent ni les déplacements concernés, ni leur report probable vers d’autres modes: ce résultat reste donc à évaluer.
Enfin, la réussite de la mesure ne se limitera pas au nombre d’engins retirés. L’objectif municipal annoncé consiste à réduire les comportements dangereux et à libérer les trottoirs. Il faudra donc observer ces deux effets séparément, sans confondre disparition d’un service et résolution de tous les problèmes de sécurité dans l’espace public.
La prochaine étape est la réunion municipale du 21 octobre, qui doit préciser la portée et les modalités de la suspension. D’ici là, l’annonce concerne les trottinettes partagées, pas les véhicules personnels, et janvier 2027 reste l’horizon de retrait évoqué, non une fermeture déjà effective.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- ACP satisfeito com suspensão de trotinetes partilhadas em Lisboa (Sapo Notícias)
- Lisboa quer acabar com as trotinetes partilhadas na cidade (e-konomista)
- Notícias ao Minuto
Sources complémentaires
