Le Sinape annonce 1 370 établissements fermés le 19 octobre, un bilan syndical distinct des autres estimations diffusées. Les agents demandent de meilleurs salaires et des carrières adaptées aux responsabilités scolaires.
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La grève des personnels non enseignants a empêché l’ouverture de nombreuses écoles au Portugal, lundi 19 octobre 2026. Le Sindicato Nacional dos Profissionais da Educação, ou Sinape, annonce 1 370 établissements fermés et environ 80 % de participation. Ces estimations syndicales ne constituent pas un bilan officiel consolidé.
De plus de 800 à 1 370 écoles: des bilans à distinguer
La mobilisation a empêché de nombreuses écoles d’ouvrir dès le début de la journée. Dans son point du matin, RTP rapporte une participation supérieure aux attentes du Sinape. Francisco Pinto, dirigeant syndical, avance alors une estimation de 80 % de grévistes pour le service du matin. Ce taux reste une évaluation syndicale.
À 13 h 20, interrogé par Lusa, le même responsable annonce 1 370 écoles fermées. CNN Portugal reprend ce bilan en précisant son origine syndicale. SIC Notícias évoque ensuite plus de mille établissements, tandis qu’un sujet vidéo de RTP, publié à 16 h 21, parle de plus de 800 écoles.
Ces chiffres ne constituent donc pas une série permettant de suivre exactement les fermetures puis les réouvertures. Les informations disponibles ne précisent pas une méthode commune de comptage. En particulier, le chiffre de plus de 800 ne prouve pas une diminution par rapport au bilan syndical de la mi-journée.
Des perturbations nationales, mais des situations locales différentes
Le Sinape signale une forte incidence dans les districts de Lisbonne, Setúbal, Coimbra et Leiria. Francisco Pinto mentionne également des fermetures à Matosinhos, Viseu, Castro Daire et Aveiro. Dans le sud, il fait état de nombreuses écoles fermées dans le district de Faro, sans fournir de ventilation chiffrée par territoire.
En revanche, les remontées restent incomplètes pour l’Alentejo au moment de son entretien avec Lusa. Le syndicaliste explique ce retard par les distances et les difficultés de collecte. Cette réserve compte: l’absence de bilan local ne signifie pas l’absence de perturbations, mais elle empêche de dresser une carte exhaustive.
Les horaires varient aussi selon les établissements. Francisco Pinto cite notamment des écoles ouvertes à 8 heures, puis fermées à 9 heures, et d’autres fermées pendant la matinée. Ainsi, une ouverture au premier accueil ne garantissait pas le maintien du fonctionnement habituel pendant toute la journée.
Qui sont les personnels non enseignants mobilisés
Le mouvement vise les travailleurs des écoles qui ne sont pas enseignants. Le Sinape cite les assistants opérationnels, les assistants techniques ainsi que les personnels techniques spécialisés et supérieurs. Il ne s’agit donc pas d’une grève des professeurs, même lorsque la fermeture d’un établissement empêche les cours de se tenir.
La Direction générale de l’administration scolaire distingue plusieurs carrières: assistant opérationnel, assistant technique et technicien supérieur. Elle recense aussi des catégories de coordination et une carrière subsistante de chef des services d’administration scolaire. L’expression « personnels non enseignants » rassemble donc des emplois différents, et non un métier unique.
Leurs missions dépassent l’entretien des locaux. Le Conseil national de l’éducation décrit notamment l’accompagnement des élèves, la prévention des conflits et le soutien administratif. Les agents techniques prennent aussi en charge des inscriptions, des dossiers et des opérations comptables. Ces fonctions expliquent pourquoi une mobilisation non enseignante peut désorganiser l’ensemble de l’école.

Salaires et carrières: ce que réclament les grévistes
Les revendications portent d’abord sur les salaires et la reconnaissance professionnelle. Le Sinape demande des carrières propres, adaptées aux fonctions exercées dans les établissements scolaires. Cette demande ne se limite donc pas à une hausse immédiate de rémunération: elle concerne également la place de ces métiers dans l’administration publique.
Le syndicat dénonce une précarité répétée, un manque de progression et une reconnaissance insuffisante des responsabilités. Ces affirmations décrivent son appréciation de la situation des travailleurs concernés. Elles ne signifient pas que chaque agent possède le même contrat, le même parcours ou les mêmes perspectives d’avancement.
Selon Francisco Pinto, le manque d’incitations rend ces emplois moins attractifs et aggrave les difficultés de recrutement. Il affirme aussi que les agents attendent toujours un cadre professionnel spécifique promis par le gouvernement. Toutefois, les déclarations rapportées ne précisent ni montant salarial revendiqué, ni calendrier de réforme, ni modalités détaillées de cette promesse.
Pourquoi les carrières et les responsabilités administratives font débat
La question des carrières possède un arrière-plan ancien. Dans sa recommandation publiée le 16 juin 2026, le Conseil national de l’éducation rappelle la réorganisation de 2008. Celle-ci a intégré plusieurs métiers scolaires dans des carrières générales de l’administration publique. Le débat actuel porte notamment sur leur adaptation aux responsabilités réellement exercées à l’école.
Le Conseil constate également que les tâches se sont complexifiées, notamment avec les outils numériques et les exigences d’inclusion. Il préconise une clarification des fonctions, une formation continue et une révision des carrières. Cette recommandation éclaire le conflit, mais elle ne constitue ni un accord salarial ni une réforme adoptée à la suite de la grève.
Un autre changement concerne les employeurs. Le décret-loi du 30 janvier 2019 a organisé le transfert de compétences éducatives vers les communes. Il prévoit notamment le recrutement et la gestion des personnels concernés par les municipalités, ainsi que le transfert d’assistants techniques et opérationnels auparavant rattachés au ministère.
Cependant, ce transfert n’efface pas le rôle du cadre national dans les carrières de la fonction publique. Le conflit associe ainsi deux dimensions: l’organisation quotidienne des équipes dans les territoires et les règles professionnelles nationales. Confondre ces niveaux conduirait à attribuer aux seules directions d’école des décisions qui dépassent leur établissement.
Quelles conséquences pour les familles et quelles suites au conflit
Pour les élèves, la conséquence immédiate reste l’impossibilité de suivre les cours dans les écoles fermées. Pour les familles concernées, cela peut imposer une réorganisation de la journée et de la garde des enfants. Cependant, aucun décompte national des élèves touchés n’accompagne les chiffres de fermetures rapportés.
Le mouvement annoncé dure 24 heures. Cette durée décrit le préavis de la mobilisation, mais les informations disponibles ne détaillent pas les conditions de reprise dans chaque école. Elles ne permettent pas davantage de chiffrer les heures de cours perdues ou d’établir un bilan complet des autres services scolaires perturbés.
Enfin, les comptes rendus du 19 octobre ne font état d’aucun accord mettant fin aux revendications. Ils ne précisent pas non plus une nouvelle échéance de négociation. Au-delà du bilan de participation, les points concrets à suivre restent donc une éventuelle réponse gouvernementale, son contenu salarial et les engagements sur les carrières.
La journée du 19 octobre met en évidence le rôle des personnels non enseignants dans le fonctionnement des écoles. Mais le nombre de portes closes ne règle pas le fond du conflit: salaires, progression et reconnaissance des métiers restent au cœur des demandes, sans accord annoncé dans les informations disponibles.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- Greve de trabalhadores não docentes encerra escolas por todo o país (RTP país)
- Mais de 800 escolas estão fechadas em Portugal (RTP país)
- Greve na educação afeta mais de mil escolas em todo o país (SIC Notícias)
- Greve dos funcionários fecha 1.370 escolas, segundo o sindicato – CNN Portugal (CNN Portugal)
Sources complémentaires
