J'ai regardé le nombre de riches étrangers arrivés au Portugal et en Europe entre 2020 et 2023. Sans surprise, le Portugal en a eu beaucoup.
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Si le Portugal avait eu la taille d’une Italie ou d’une Espagne, il aurait eu plus de facilité à absorber l’arrivée importante de riches étrangers.
C’est mon postulat de départ, parce que la Vox Populi dit souvent que si les loyers, les maisons sont devenues aussi chères, c’est beaucoup à cause des étrangers qui achètent à n’importe quel prix ce que les Portugais veulent bien leur vendre.
Regardons le tableau suivant, pour la période 2020~2023, nombres de l’UE :
| Pays d’accueil | Entrées identifiées ≈ | Pour 1 000 habitants | Part des entrées étrangères |
|---|---|---|---|
| Suisse | 474 300 | 52,9 | 76,2 % |
| Autriche | 391 600 | 42,8 | 56,9 % |
| Allemagne | 2 639 500 | 31,6 | 41,5 % |
| Pays-Bas | 556 800 | 31,0 | 54,1 % |
| Danemark | 178 700 | 30,0 | 62,6 % |
| Belgique | 278 600 | 23,6 | 48,9 % |
| Norvège | 108 000 | 19,5 | 45,0 % |
| Espagne | 885 000 | 18,2 | 26,1 % |
| Portugal | 161 300 | 15,2 | 23,0 % |
| Suède | 129 100 | 12,2 | 42,5 % |
| France | 309 500 | 4,5 | 30,8 % |
| Italie | 221 600 | 3,8 | 19,3 % |
Si on compare le nombre de riches étrangers (pays à « revenus élevés » selon la Banque Mondiale) au nombre d’habitants, le Portugal n’est pas si mal loti : nous n’avons que 15,2 riches étrangers arrivés sur la période, contre 52,9 en Suisse.
Oui mais… un « riche » étranger arrivé en Suisse ne provoquera rien de spécial aux Suisses, qui sont souvent encore plus riches que l’étranger en question. C’était déjà cher avant qu’ils n’arrivent.
Sur notre tableau, la totalité des pays est plus riche que le Portugal. Que pouvons-nous en conclure ?
Oui, les riches étrangers mettent le marché de l’immobilier sous pression
Si nous avions un BTP florissant, capable d’absober la demande provoquée par les nouveaux riches arrivants, nous n’aurions peut-être pas eu de problème. Mais ce n’est pas le cas. Nos entreprises n’arrivent pas à suivre, faute de travailleurs.
Alors la demande se rabat sur le peu de biens immobiliers mis en vente, au prix sur-gonflés.
La population portugaise est relativement stable, autour de dix millions d’habitants. Il n’y a pas de raison particulière qui puisse justifier une telle inflation : les arrivées des étrangers, riches ou pauvres, compensent à peine la perte de population. En restant logique, il devrait donc y avoir assez de logements pour tout le monde !
Malheureusement, la population portugaise est de moins en moins bien répartie. L’intérieur se vide, les grandes villes du littoral grandissent.
Tout le monde veut habiter à Foz, à Cascais, à Tavira. Même si nos entreprises de BTP avaient toute la main d’oeuvre pas chère désirée, les villes en question n’auraient pas plus de place qu’autrefois, à moins de bétonner et de construire en hauteur.
Et c’est bien ce que nous constatons : Foz do Douro est de plus en plus moche, l’Algarve de plus en plus bétonné.
Une solution ?
Les riches immigrés sont une bénédiction pour le Portugal, à condition de pouvoir les loger sans impacter les Portugais. Pour cela, il faut deux choses :
- Une offre suffisante de biens immobiliers. On peut en libérer si l’État joue son rôle en construisant de son côté des logements abordables.
- Une offre diversifiée, dans d’autres régions portugaises, que l’on rend attractives, grâce au développement des infrastructures.
Dit comme ça, ça semble simple, et beaucoup de choses ont été faites en ce sens ces dernières années, mais nous sommes encore loin du compte. Nous ne sommes pas une Italie ou une France, où la pression immobilière est plus facilement absorbée parce que ces pays sont plus grands, tout simplement.
