Salaires des policiers: la PSP et la GNR manifestent aussi pour les carrières et le logement

Salaires des policiers: la PSP et la GNR manifestent aussi pour les carrières et le logement

Une manifestation de la PSP et de la GNR est prévue ce jeudi 29 octobre à Lisbonne. Les représentants réclament des avancées sur les rémunérations, les carrières et les conditions de logement.

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Les salaires des policiers reviennent au cœur d’une mobilisation nationale annoncée ce jeudi 29 octobre 2026 à Lisbonne. Des représentants de la PSP et de la GNR prévoient de rejoindre la résidence officielle du Premier ministre. Ils demandent de meilleures rémunérations, mais aussi une revalorisation des carrières et de meilleures conditions de logement.

Un cortège vers la résidence du Premier ministre

Le départ de la manifestation est annoncé à 17 h 30 au Largo do Carmo, à Lisbonne. Le cortège doit ensuite rejoindre les abords de la résidence officielle de Luís Montenegro. Selon les déclarations recueillies par Lusa et relayées par ECO, cette mobilisation prolonge des protestations organisées dans plusieurs villes depuis septembre.

L’ASPP, Association syndicale des professionnels de la police, et l’APG, Association des professionnels de la Garde, portent notamment cette mobilisation. Leur démarche intervient alors que les négociations continuent avec le gouvernement. Les représentants veulent donc maintenir la pression dans la rue, plutôt que suspendre leurs actions pendant les discussions techniques.

Salaires et carrières: deux demandes qui ne se confondent pas

Les revendications dépassent une augmentation ponctuelle de la fiche de paie. La RTP met en avant la valorisation des carrières et la révision des conditions salariales. Expresso souligne aussi la place du logement. Ces demandes réunissent ainsi trois dimensions distinctes: le revenu immédiat, les perspectives professionnelles et les conditions matérielles de vie.

Le dossier était déjà au centre des discussions salariales du 29 septembre 2026. L’ordre du jour annoncé associait alors les suppléments de rémunération, le statut professionnel et le système salarial. Cette séquence concernait donc autant les compléments versés aux agents que les règles encadrant leur évolution professionnelle.

Une prime et une réforme de carrière ne répondent pas au même besoin. La première ajoute un complément de rémunération selon ses conditions d’attribution. La seconde peut modifier les règles de progression ou l’organisation des fonctions. Ainsi, une hausse déjà obtenue sur un supplément ne règle pas nécessairement les autres désaccords.

Une prime déjà revalorisée, mais un conflit toujours ouvert

Le conflit actuel intervient après une revalorisation décidée en 2024. Le décret-loi du 23 août 2024 a organisé l’augmentation progressive de la part fixe du supplément pour service et risque. Celle-ci atteint 400 euros mensuels depuis le 1er janvier 2026, contre 100 euros avant la première étape de cette réforme.

Ce supplément compense notamment le risque, la pénibilité et la disponibilité permanente associés aux fonctions de sécurité. Il comprend aussi une part variable correspondant à 20 % du salaire de base. Attention, les 400 euros ne représentent donc ni le salaire total ni l’intégralité du supplément.

Supplément de service et risque : les étapes de 2024 à 2026

Date d’effetPart fixe mensuelle
1er juillet 2024300 euros
1er janvier 2025350 euros
1er janvier 2026400 euros
Le calendrier concerne la composante fixe du supplément de la PSP et de la GNR, et non une hausse équivalente du salaire de base.

Le logement rejoint les préoccupations salariales

Le logement figure également parmi les préoccupations exprimées avant la manifestation. Paulo Santos, président de l’ASPP, considère cette question comme très préoccupante pour les policiers. Il affirme leur solidarité avec la mobilisation pour le logement, tout en distinguant cette cause du cadre propre aux revendications syndicales de la police.

Cette dimension oblige à distinguer le montant du revenu et les dépenses nécessaires pour vivre près du travail. Dans un exemple purement hypothétique, une augmentation salariale peut perdre une partie de son effet si le loyer augmente simultanément. Cependant, cela ne permet pas de chiffrer la situation réelle des policiers mobilisés.

L’annonce de la mobilisation ne précise pas de dispositif commun chiffré concernant le logement. Elle ne permet donc pas d’annoncer une allocation nouvelle, des logements attribués ou des critères d’accès. À ce stade, il faut distinguer la demande d’amélioration des conditions d’habitation d’une mesure adoptée par le gouvernement.

PSP et GNR: des revendications communes, des statuts différents

La PSP, Polícia de Segurança Pública, est une police civile. En revanche, la GNR, Guarda Nacional Republicana, possède une nature et une organisation militaires. Cette distinction explique le vocabulaire employé dans les négociations: le gouvernement rencontre les syndicats de la PSP et les associations socioprofessionnelles de la GNR.

La GNR exerce des missions de sécurité intérieure, mais participe aussi à la politique de défense nationale. Son organisation ne se confond donc pas avec celle de la PSP, même lorsque leurs représentants défendent des objectifs proches. Une mobilisation commune ne signifie pas pour autant que les deux forces disposent d’un statut professionnel identique.

Des négociations en cours et une prochaine échéance en novembre

Le gouvernement défend, de son côté, une politique de revalorisation engagée depuis 2024. Dans son communiqué du 18 septembre 2026, le ministère de l’Administration interne rappelle les hausses du supplément de risque. Cependant, il reconnaît aussi la persistance de difficultés structurelles et présente les mesures réalisées comme un point de départ.

Ce communiqué présentait également une proposition de supplément pour certaines unités chargées des frontières. Les montants proposés étaient de 160 euros en 2026, avec effet rétroactif à juillet, puis 230 euros en 2027. Il s’agissait d’un dossier ciblé sur ces fonctions, et non d’une augmentation générale destinée à tous les personnels.

Selon les informations relayées par ECO le 29 octobre, des réunions techniques se poursuivent au ministère des Finances. Une rencontre avec le ministre de l’Administration interne est prévue en novembre. Le mouvement de rue accompagne donc une négociation encore ouverte, sans préjuger de ses résultats ni des montants qui pourraient finalement être retenus.

La mobilisation du 29 octobre porte donc sur davantage qu’une nouvelle prime. Les représentants attendent des engagements précis concernant les salaires, les carrières et le logement. La réunion ministérielle annoncée pour novembre constituera la prochaine échéance du dialogue, sans qu’un accord global puisse être tenu pour acquis.


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