Charge policière au Rossio: Montenegro et Seguro sous pression après l’évacuation

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Après l’évacuation du campement lisboète le 25 octobre, les blessures et les réactions des dirigeants alimentent la controverse. Le débat porte autant sur les moyens policiers que sur la réponse politique aux revendications pour le logement.

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La charge policière au Rossio, dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, continue de susciter des critiques politiques. Une observatrice d’Amnesty International compte parmi les blessés. Au 28 octobre, les réactions de Luís Montenegro et d’António José Seguro nourrissent aussi le débat sur le maintien de l’ordre et le droit de manifester.

Une intervention nocturne contre le campement pour le logement

La PSP, la police de sécurité publique, est intervenue vers 2 heures, le dimanche 25 octobre. Au Rossio, elle a dispersé les participants au campement pour le droit au logement, installé sur la place. Une opération a également eu lieu à Porto, place D. João I, pendant la même nuit.

La police justifie les évacuations par une occupation irrégulière de l’espace public et le refus de retirer les tentes. Elle invoque notamment les règles applicables aux installations et aux horaires des rassemblements. Cependant, ces arguments exposent sa position: ils ne tranchent pas, à eux seuls, la proportionnalité des coups de matraque rapportés.

Le bilan policier fait état de 31 arrestations pour désobéissance dans les deux villes, dont 25 à Lisbonne. Le suivi des évacuations du 25 octobre détaille ces opérations et les premières réactions. Il faut toutefois distinguer ces interpellations des procédures liées à une précédente évacuation du Rossio, le 20 octobre.

Les informations hospitalières ont fait évoluer le bilan

Le nombre de blessés a évolué au cours du dimanche. Selon les informations hospitalières recueillies par Lusa, 27 personnes ont reçu des soins à Lisbonne après l’intervention. L’hôpital São José en a accueilli 24, tandis que Santa Maria en a pris en charge trois, présentant des blessures légères.


Dans son actualisation publiée le 25 octobre, Notícias ao Minuto rapporte aussi une révision du décompte policier. La PSP porte alors le bilan à 33 manifestants blessés: 27 à Lisbonne et six à Porto. Elle précise avoir intégré les informations hospitalières lisboètes, mais attendre encore une actualisation concernant Porto.

Ainsi, le chiffre de 11 blessés figurant dans les premières informations ne représente plus cette actualisation. Les bilans successifs ne doivent pas davantage s’additionner, puisqu’ils peuvent compter les mêmes personnes. Enfin, le nombre de passages à l’hôpital ne renseigne pas, à lui seul, sur la gravité de toutes les blessures.

Une observatrice identifiée parmi les personnes blessées

Une observatrice d’Amnesty International figure parmi les personnes blessées au Rossio. Selon les informations confirmées par l’organisation au Diário de Notícias, puis rapportées par Executive Digest le 26 octobre, elle a reçu un coup de matraque. Touchée au bras, elle a dû recevoir des soins à l’hôpital São José.

Le récit souligne qu’elle portait une identification et que la police connaissait la présence d’observateurs. Amnesty International a également indiqué qu’elle allait bien après sa prise en charge. Cependant, ces éléments ne permettent pas de reconstituer chaque geste entourant le coup, ni d’établir l’intention de l’agent concerné.

L’organisation dénonce un usage excessif et disproportionné de la force lors des opérations de Lisbonne et Porto. Cette qualification exprime son appréciation des interventions, et non une décision judiciaire. La blessure d’une personne chargée d’observer le rassemblement ajoute néanmoins un fait précis aux interrogations sur les conditions de la dispersion.

Montenegro critiqué pour son silence initial, puis son soutien à la PSP

Les critiques visant Luís Montenegro portent d’abord sur sa réponse politique. Sur CNN Portugal, le 28 octobre, Helena Matos lui reproche de ne pas avoir pris la parole pendant les protestations. Selon la commentatrice, le Premier ministre devait fournir des explications, alors que son ministre de l’Administration interne se trouvait fragilisé.

Il serait cependant inexact de présenter son silence comme persistant au 28 octobre. La veille, RTP rapporte que le chef du gouvernement a salué le travail « soigneux » et « compétent » de la PSP. Devant le Parlement, il a également assuré n’avoir donné aucune instruction pour que la police intervienne contre les manifestants.

Ces déclarations déplacent donc la controverse: elle concerne désormais aussi le soutien exprimé à l’action policière. Mais l’absence d’instruction revendiquée par Montenegro ne décrit pas la chaîne complète des décisions opérationnelles. Elle ne répond pas davantage aux questions précises sur les blessures, les avertissements ou les moyens employés pendant l’évacuation.

Seguro sommé de clarifier son rappel au respect de la loi

La réaction d’António José Seguro fait l’objet d’une autre critique: son manque supposé de clarté. Sur CNN Portugal, Filipe Santos Costa estime que le président n’a pas suffisamment précisé sa cible. Son rappel du respect de la loi visait-il l’action de la police ou le comportement des manifestants?

Dans Antes Pelo Contrário, le 28 octobre, Daniel Oliveira défend une intervention présidentielle sur ce dossier. Il considère que le problème dépasse l’action policière et relève de la responsabilité politique. Francisco Mendes da Silva critique, de son côté, une réaction qui lui paraît trop dépendante des réseaux sociaux et de la télévision.

Ces jugements sont ceux de commentateurs, et non des conclusions sur les intentions du président. La Constitution confie au chef de l’État la garantie du fonctionnement régulier des institutions démocratiques. Ce rôle explique l’attente d’une parole institutionnelle, sans transformer cette parole en décision judiciaire sur les événements du Rossio.

Le retrait des tentes ne tranche pas la proportionnalité de la force

Deux dispositions constitutionnelles encadrent le débat. L’article 45 protège les réunions pacifiques et sans armes, y compris dans les lieux ouverts au public, sans autorisation préalable. L’article 272 prévoit, parallèlement, que les mesures policières ne doivent pas dépasser ce qui est strictement nécessaire.

Ainsi, le droit de manifester, les conditions d’installation des tentes et l’usage de la force restent des questions distinctes. Le désaccord sur le campement ne suffit pas à établir la légalité de chaque coup. Inversement, constater une blessure ne permet pas automatiquement de déterminer toutes les responsabilités individuelles.

Le logement reste au cœur de la mobilisation et du conflit politique

Le conflit sur le maintien de l’ordre ne fait pas disparaître les revendications initiales. Le 27 octobre, des milliers de manifestants se sont réunis devant le Parlement, selon RTP. La mobilisation pour le logement s’est ainsi poursuivie pendant l’ouverture du débat budgétaire, dans un autre lieu que le Rossio.

Sur le terrain parlementaire, le PS maintient son abstention sur le budget 2027, tout en contestant la politique résidentielle. José Luís Carneiro demande notamment le retrait de la réforme des loyers. Il réclame aussi le transfert de biens de l’Institut du logement et de la réhabilitation urbaine aux collectivités, avec des financements pour les travaux.

Ces demandes constituent des positions politiques, pas des mesures déjà disponibles pour les ménages. La Constitution prévoit pourtant une politique de loyers compatible avec les revenus familiaux. Derrière la controverse du Rossio demeure donc une question concrète: quelles décisions amélioreront effectivement l’accès à un logement, et dans quels délais?

La controverse du Rossio réunit désormais deux exigences: établir précisément les conditions de l’intervention et répondre aux revendications pour le logement. Le soutien de Montenegro à la PSP et les critiques visant Seguro ne règlent ni la question des responsabilités individuelles, ni celle des solutions résidentielles attendues.


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