Le gouvernement dénombre environ 6 500 bénéficiaires étrangers sur 190 000 personnes couvertes par le revenu social d’insertion. Présentés pendant les auditions sur le budget 2027, ces chiffres éclairent aussi le débat sur les conditions d’accès à cette aide.
Sommaire
Environ 6 500 étrangers perçoivent le RSI au Portugal, sur quelque 190 000 bénéficiaires au total, selon le gouvernement. Leur part reste donc inférieure à 4 %. La secrétaire d’État à la Sécurité sociale, Filipa Lima, a présenté ces données au Parlement, en réponse à Chega, lors des auditions consacrées au projet de budget 2027.
Moins de 4 % des bénéficiaires, pas de la population étrangère
Les chiffres présentés par le gouvernement concernent environ 6 500 personnes étrangères parmi 190 000 bénéficiaires du RSI. Le rapport entre ces deux nombres donne environ 3,4 %. Il confirme donc une présence étrangère inférieure à 4 % dans ce dispositif, dont les bénéficiaires sont très majoritairement portugais.
Cependant, cette proportion ne mesure pas la part des étrangers vivant au Portugal qui perçoivent le RSI. Pour connaître celle-ci, il faudrait comparer les 6 500 bénéficiaires à l’ensemble de la population étrangère, sur une période identique. Les deux indicateurs répondent à des questions différentes: qui reçoit l’aide, et quelle fraction d’une population y recourt.
Cette distinction explique aussi pourquoi les anciennes données demandent de la prudence. Le 16 juillet 2026, un précédent point sur le RSI évoquait environ 11 000 bénéficiaires étrangers sur l’année précédente. Ce total annuel ne se compare pas directement aux 6 500 personnes présentées comme bénéficiaires actuelles, sans connaître les périodes et méthodes exactes.
Une réponse au débat parlementaire sur les aides sociales
Filipa Lima, secrétaire d’État à la Sécurité sociale, a communiqué ces données pendant les auditions sur le budget 2027. Elle répondait à des questions du groupe parlementaire Chega. Son intervention, rapportée les 26 et 27 octobre 2026, visait notamment à contester l’idée d’un poids excessif des étrangers dans le RSI.
Le débat portait également sur la nature de cette aide et sur l’exigence éventuelle de cotisations préalables. La secrétaire d’État a rappelé que le RSI appartient au régime non contributif. Autrement dit, l’ouverture du droit ne repose pas sur une carrière de cotisations, contrairement aux prestations liées à une activité professionnelle antérieure.
Cela ne signifie toutefois pas que le versement serait automatique ou dépourvu de conditions. Le dispositif répond à une situation de grande pauvreté et examine les ressources du ménage. Le désaccord politique concerne donc deux logiques distinctes: l’assurance fondée sur les cotisations et la solidarité destinée aux personnes disposant de moyens insuffisants.
Le RSI combine une aide financière et un parcours d’insertion
Le Rendimento Social de Inserção associe une prestation mensuelle à un accompagnement social et professionnel. Il vise les personnes et familles en situation de pauvreté extrême. Ainsi, le soutien ne se limite pas à un paiement: le demandeur doit s’engager dans un contrat d’insertion adapté à sa situation.
Le montant dépend notamment de la composition familiale et des revenus retenus par l’administration. Le RSI complète les ressources jusqu’au niveau applicable au foyer, plutôt que d’attribuer une somme identique à chacun. Par conséquent, deux ménages comptant autant de personnes peuvent recevoir des montants différents si leurs revenus ne sont pas les mêmes.
Le contrat d’insertion peut notamment mobiliser le travail, la formation ou d’autres démarches adaptées. Les personnes au chômage capables de travailler doivent aussi être inscrites au centre pour l’emploi. En revanche, compter les bénéficiaires ne permet pas de connaître le nombre de personnes immédiatement disponibles pour occuper un emploi.
La résidence exigée varie selon le statut des étrangers
Pendant l’audition, Filipa Lima a évoqué une condition de résidence supérieure à un an pour les étrangers. Toutefois, les règles administratives distinguent les situations. Le guide de la Sécurité sociale exige une résidence légale pour les citoyens de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et des États couverts par un accord de libre circulation.
Pour les ressortissants des autres pays, ce guide indique une résidence légale depuis au moins un an. Il distingue également les personnes ayant le statut de réfugié, pour lesquelles il mentionne la résidence légale. Il serait donc incorrect d’appliquer indistinctement une attente d’un an à toute personne de nationalité étrangère.
La résidence ne suffit pas, à elle seule, à ouvrir le droit. L’administration examine également les revenus et le patrimoine financier du foyer, ainsi que les engagements d’insertion applicables. En pratique, posséder un titre de séjour ou un numéro de Sécurité sociale ne signifie donc pas recevoir automatiquement cette prestation.
Les Ukrainiens occupent une place importante parmi les étrangers aidés
Selon la secrétaire d’État, environ un tiers des bénéficiaires étrangers du RSI sont ukrainiens arrivés au Portugal en 2022. Cette précision situe une partie du recours à l’aide dans le contexte des déplacements provoqués par la guerre. Elle ne renseigne cependant ni sur l’âge des personnes concernées, ni sur leurs possibilités actuelles d’emploi.
Les déclarations rapportées mentionnent aussi un chiffre actuel d’un peu plus de 2 400 Ukrainiens, après environ 10 000 en 2022. Cependant, la formulation ne précise pas suffisamment le périmètre de cette série. Elle ne permet notamment pas d’affirmer que seuls 2 400 Ukrainiens vivent aujourd’hui au Portugal, ni de reconstruire une évolution précise du RSI.
Les cotisations étrangères dépassent le seul débat sur le RSI
Filipa Lima a également présenté des données concernant les cotisations et les prestations des étrangers. Entre janvier et juin 2026, la Sécurité sociale aurait enregistré en moyenne 914 000 cotisants étrangers par mois. La secrétaire d’État a aussi évoqué environ 205 000 bénéficiaires étrangers de prestations chaque mois, dans un périmètre bien plus large que le seul RSI.
Pour les montants cumulés jusqu’en août 2026, elle a annoncé plus de 3 milliards d’euros de cotisations versées. Les prestations représentaient, selon elle, 563 millions d’euros. Les hausses respectives atteignaient 13,7 % et 2,3 %. Ces données décrivent donc des flux financiers distincts du décompte des 6 500 bénéficiaires étrangers du revenu d’insertion.
La comparaison éclaire la contribution des étrangers au système, mais elle ne constitue pas un bilan budgétaire complet de l’immigration. Elle ne recense pas toutes les recettes publiques ni toutes les dépenses publiques. De même, les moyennes mensuelles de cotisants ou de bénéficiaires ne doivent pas être confondues avec un nombre annuel de personnes différentes.
La future prestation unique ne change pas encore ces chiffres
Le gouvernement prévoit d’intégrer le RSI à la Prestação Social Única, ou PSU. Dans sa présentation du 29 mai 2026, il annonçait le regroupement de treize prestations non contributives. L’objectif affiché consiste à simplifier l’accès aux aides, tout en renforçant l’évaluation des ressources et les mécanismes de contrôle.
Cette présentation prévoyait aussi un régime transitoire pour préserver les conditions des personnes recevant déjà les aides concernées. Elle annonçait notamment une prise en compte du patrimoine et des obligations adaptées aux personnes capables de travailler. Toutefois, ces éléments décrivent le projet gouvernemental présenté en mai, et non une preuve de leur application effective en octobre.
Les chiffres communiqués pendant les auditions budgétaires n’annoncent donc pas, à eux seuls, une modification immédiate des droits. Ils apportent surtout une photographie du RSI avant sa transformation annoncée. Pour les bénéficiaires, les points décisifs resteront le calendrier d’entrée en vigueur, les règles définitives et les modalités concrètes du passage vers la nouvelle prestation.
Les étrangers représentent environ 3,4 % des bénéficiaires du RSI d’après les effectifs annoncés par le gouvernement. Ce chiffre mesure leur place dans le dispositif, pas leur taux de recours dans la population étrangère. Quant à la réforme annoncée, ses conséquences dépendront des règles définitives et du calendrier de transition.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- OE2027: RSI chega a menos de 4% dos cidadãos estrangeiros em Portugal | Jornal Económico (Jornal Económico)
- RSI chega a menos de 4% dos cidadãos estrangeiros em Portugal (RTP economia)
Sources complémentaires
- Pedir o Rendimento Social de Inserção (gov.pt)
- Segurança Social Direta (Segurança Social)
- Segurança Social Direta (Segurança Social)
- Prestação Social Única: o que é e como funciona – XXV Governo Constitucional (Governo de Portugal)
- RSI au Portugal: les immigrés sont moins de 1 % à toucher cette aide sociale (Portugal en français)
