Rewilding Portugal veut restaurer trois cours d’eau du Douro international pour accompagner l’expansion naturelle du castor. Le programme prévoit 5 000 arbres indigènes, mais reste soumis à l’obtention d’un financement.
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José : et voilà une bonne nouvelle pour la nature portugaise ! Les castors vont revenir ! Ou du moins, on fait en sorte de les faire revenir au Portugal. Je n’ai tellement pas grandit avec que je ne savais pas qu’ils avaient déjà été au Portugal…
LusIA : José, le castor t’a devancé !
Ton enthousiasme se comprend, José, mais le retour a déjà commencé : Rewilding Portugal a annoncé le 12 juin 2025 avoir confirmé un jeune adulte au Portugal, arrivé naturellement. L’association rappelle aussi que l’espèce y vivait autrefois ; cette observation ne prouve toutefois pas qu’une population s’y reproduit déjà.
Pourquoi je réponds cela :
- Une présence était déjà confirmée dans l’annonce du 12 juin 2025, grâce à des caméras automatiques. Source : rewilding-portugal.com
- Rewilding Portugal situe probablement les dernières mentions anciennes à la fin du XVe siècle. Source : rewilding-portugal.com
- La source consacrée au projet n’a pas pu être consultée : ses modalités ne sont donc pas vérifiées ici. Point à vérifier.
Rewilding Portugal prépare un projet de restauration dans le Douro international pour accompagner le retour du castor européen. Présentée début novembre 2026, la candidature prévoit des plantations et deux petits ouvrages de rétention d’eau. Aucun animal ne sera introduit: l’association mise sur une expansion naturelle depuis les secteurs déjà fréquentés par l’espèce.
Trois cours d’eau à restaurer, sans lâcher de castors
Le projet porte le nom de « The Beaver’s Return: Preparing Rivers for Their Expansion ». Il concerne trois petits cours d’eau du Douro international, et non l’aménagement du fleuve dans son ensemble. Rewilding Portugal entend y retirer des arbres invasifs, replanter une végétation locale et installer deux petites structures inspirées des barrages de castors.
La plantation annoncée représente 5 000 arbres indigènes, c’est-à-dire appartenant à des espèces naturellement présentes dans la région. La fiche de candidature publiée par l’EOCA confirme cet objectif. Elle décrit des rivières envahies par des arbres exotiques et privées d’une partie de leur végétation locale, deux problèmes auxquels les interventions doivent répondre.
Cependant, le programme reste lié à l’obtention du financement recherché. Les éléments annoncés ne précisent ni le nom des trois cours d’eau, ni les essences retenues, ni le calendrier des plantations. Ils ne permettent donc pas de présenter ces travaux comme un chantier déjà réalisé ou de localiser précisément chaque intervention.
Une présence déjà confirmée au Portugal en 2025
Le mot « retour » mérite une précision importante: un castor a déjà été observé sur le territoire portugais. Le 12 juin 2025, Rewilding Portugal annonçait avoir confirmé la présence d’un jeune adulte grâce à des caméras automatiques. Des traces de rongement et des modifications du cours d’eau avaient auparavant orienté les recherches.
L’association reliait cette observation à la progression naturelle de l’espèce depuis l’Espagne. Dès 2023, des signalements existaient dans les Arribes del Duero, près de la frontière portugaise. L’annonce de novembre 2026 ne correspond donc pas à la découverte du premier individu: elle vise à préparer des habitats pour une éventuelle expansion.
Cette distinction évite aussi de confondre une présence ponctuelle avec une population durablement installée. L’observation d’un jeune adulte ne démontre pas, à elle seule, une reproduction locale. De même, les plantations ne garantissent ni une arrivée sur les trois sites, ni une date de colonisation: les animaux se déplaceraient sans transport organisé.
Pourquoi les arbres des berges comptent autant
Le castor européen, Castor fiber, est un rongeur semi-aquatique entièrement herbivore. Il consomme notamment de l’écorce interne, des pousses, des feuilles et des racines. Ainsi, les arbres riverains ne constituent pas seulement un décor: ils peuvent lui fournir de la nourriture et des matériaux pour modifier son habitat.
Selon NatureScot, l’organisme public écossais chargé de la nature, les castors utilisent volontiers des arbres comme les saules et les peupliers. Beaucoup d’essences riveraines peuvent repartir après leur coupe. L’activité du castor ne signifie donc pas nécessairement la disparition du boisement: elle peut aussi produire une végétation plus basse et diversifiée.
Dans le Douro, l’objectif annoncé consiste d’abord à restaurer cette végétation de rive, appelée végétation riparienne. Toutefois, aucun détail publié dans la présentation du projet ne permet d’affirmer que les saules ou les peupliers feront partie des plantations. Ces exemples expliquent les besoins de l’animal, sans constituer la liste des essences choisies.

Des ouvrages modestes pour ralentir l’eau
Les deux petites structures prévues doivent imiter certains effets des barrages construits par les castors. Selon la présentation du projet, elles aideraient à retenir l’eau et à améliorer les habitats riverains. Il s’agit donc d’interventions humaines préparatoires, et non de barrages dont la construction dépendrait de l’arrivée préalable des animaux.
Dans la nature, le castor construit des barrages pour maintenir une profondeur d’eau adaptée à ses déplacements et à sa sécurité. Il assemble notamment du bois, de la boue, des pierres et des végétaux. Cependant, il ne bâtit pas systématiquement: une eau déjà suffisamment profonde peut rendre ces ouvrages inutiles.
Il ne faut donc pas imaginer des castors fermant le Douro par un grand barrage. NatureScot rappelle que les cours d’eau larges ou profonds ne se prêtent pas à cette construction. Le choix de petits cours d’eau correspond davantage aux situations où de modestes ouvrages peuvent modifier localement la circulation de l’eau.
Des bénéfices écologiques réels, mais dépendants du site
Les castors portent souvent le nom d’« ingénieurs des écosystèmes », car leurs activités transforment les milieux occupés. Les retenues et zones humides créées offrent des habitats supplémentaires. Amphibiens, oiseaux et invertébrés peuvent notamment y trouver des lieux pour se nourrir, se reproduire ou s’abriter, selon les caractéristiques du site.
Le bilan environnemental publié par NatureScot en 2022 souligne aussi des effets sur le stockage de l’eau et des sédiments. Les barrages peuvent ralentir certains écoulements et retarder des pointes de crue en aval. Mais ces résultats dépendent du terrain, du réseau hydrographique et de l’implantation des ouvrages: ils ne constituent pas une protection universelle.
Les limites concernent également les usages voisins. Une retenue peut provoquer une inondation locale en amont, tandis que certains barrages compliquent temporairement le passage des poissons. NatureScot rappelle enfin que l’activité des castors ne remplace pas la lutte contre la pollution ou les prélèvements excessifs. Ces observations écossaises éclairent les mécanismes, sans prédire les résultats dans le Douro.
Un financement de 30 000 euros encore à obtenir
La candidature portugaise figure parmi les finalistes d’une sélection de l’European Outdoor Conservation Association, l’EOCA. Selon les informations publiées le 6 novembre 2026 par Diário do Distrito et reprises sur SAPO, deux initiatives doivent recevoir chacune 30 000 euros. Le vote public est annoncé jusqu’au 17 novembre 2026.
Au 7 novembre, cette somme représente donc un financement espéré, pas une subvention acquise. Les 60 000 euros évoqués correspondent au total destiné aux deux projets gagnants, et non au seul programme portugais. Rewilding Portugal prévoit d’engager les interventions sur les trois cours d’eau si sa candidature obtient le soutien recherché.
Même en cas de succès, deux résultats devront rester distincts: la réalisation des travaux et l’installation éventuelle du castor. Le premier dépendra de la mise en œuvre du programme; le second dépendra aussi de la dispersion naturelle de l’espèce. Aucune date d’arrivée des animaux sur les sites restaurés n’est annoncée.
Le prochain jalon sera l’attribution du financement, avant un calendrier précis d’intervention. L’ambition reste de restaurer les cours d’eau sans y relâcher de castors. Leur présence au Portugal a déjà été confirmée en 2025; leur installation sur les trois sites visés demeure, elle, une possibilité naturelle plutôt qu’un résultat garanti.
Sources utilisées
Sources de départ
Sources complémentaires
- Vote | EOCA | Conservation Funding | Conservation Grants (European Outdoor Conservation Association)
- More than 500 years later, the Beaver is back in Portugal | Rewilding Portugal (Rewilding Portugal)
- Understanding the Ecosystem Engineer (NatureScot)
- Beavers in Scotland – Environmental Report Addendum 2022 (NatureScot)
- Scottish Beaver Advisory Group (SBAG) – Resources – Beavers in Scotland – FAQ (NatureScot)
