Portugal: le gouvernement veut des mathématiques obligatoires jusqu’en terminale dès 2028-2029

Portugal: le gouvernement veut des mathématiques obligatoires jusqu’en terminale dès 2028-2029

Le gouvernement portugais prépare un enseignement mathématique commun aux trois dernières années du secondaire. Le projet passera en consultation publique en décembre 2026, avant une application annoncée pour 2028-2029.

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Le Portugal veut rendre les mathématiques obligatoires jusqu’en terminale dans toutes les filières du secondaire, à partir de 2028-2029. Fernando Alexandre a annoncé cette orientation le 4 novembre 2026, au Parlement, pendant l’examen détaillé du projet de budget 2027. Les horaires, les programmes et la transition entre anciens et nouveaux parcours restent à préciser.

Un enseignement commun pendant les trois années du secondaire

Le gouvernement veut intégrer les mathématiques au tronc commun des trois dernières années du secondaire, indépendamment de la filière choisie. Fernando Alexandre associe toutefois cette obligation à davantage de souplesse dans les parcours. Les élèves conserveraient ainsi des possibilités de choix, avec des articulations annoncées avec l’enseignement professionnel.

Les 10e, 11e et 12e années portugaises correspondent, dans la progression scolaire, à la seconde, la première et la terminale françaises. Cependant, les filières et leurs programmes ne se superposent pas exactement. La réforme concerne donc l’organisation portugaise du secondaire, et non une transposition du système français.

L’annonce fixe une orientation politique, mais ne décrit pas encore son fonctionnement complet. Elle ne précise notamment ni les horaires hebdomadaires, ni les éventuelles différences de programme entre filières. Rendre la discipline obligatoire pour tous ne signifie donc pas, à ce stade, imposer exactement le même enseignement à chaque élève.

Ce qui changerait par rapport aux filières actuelles

Aujourd’hui, la place des mathématiques dépend du parcours suivi. Dans les filières scientifiques et humanistes, le portugais et l’éducation physique accompagnent tous les élèves pendant trois ans. En revanche, la philosophie et la langue étrangère appartiennent au tronc commun des seules 10e et 11e années, selon le rappel effectué lors de l’audition.

La réglementation actuelle distingue quatre filières: sciences et technologies, sciences socio-économiques, langues et humanités, et arts visuels. Leur organisation combine une formation générale et une formation spécifique. Cette dernière comprend notamment une discipline sur trois ans et des choix de matières sur deux ans ou un an.

Il existe déjà des enseignements mathématiques adaptés à différents profils. La Direction générale de l’éducation présente ainsi Matemática B comme une option sur deux ans en arts visuels. Les mathématiques appliquées aux sciences sociales, ou MACS, constituent également une option sur deux ans pour les élèves de langues et humanités.

Décembre 2026 pour la consultation, 2028-2029 pour l’application

La nouvelle grille des disciplines et des horaires doit passer en consultation publique en décembre 2026. Le ministère annonce ensuite une entrée en vigueur pour l’année scolaire 2028-2029. Ainsi, l’audition budgétaire du 4 novembre ne constitue pas l’application immédiate d’un nouveau programme dans les établissements.

Ce calendrier laisse encore des questions importantes ouvertes. Les annonces disponibles ne précisent pas si la réforme commencera uniquement en 10e année, puis progressera avec les élèves. Elles ne disent pas davantage si plusieurs niveaux changeront simultanément. Les familles ne peuvent donc pas encore identifier avec certitude toutes les cohortes concernées.

Les modalités d’évaluation restent également à préciser. L’obligation de suivre une discipline ne suffit pas à établir l’existence d’un examen national identique pour tous. À ce stade, le ministre n’a pas présenté de nouvelles règles détaillées sur les épreuves, les coefficients ou les conséquences pour l’accès à l’enseignement supérieur.

Quels contenus pour des élèves aux projets différents

Le contenu des futurs cours sera déterminant pour mesurer la portée du changement. Les ressources officielles de Matemática A couvrent déjà des domaines variés: statistiques, modèles financiers, géométrie et fonctions en 10e année. En 12e année, elles abordent notamment les probabilités, les nombres complexes et les fonctions exponentielles.

Les orientations des MACS montrent une autre manière de relier les mathématiques à la vie quotidienne. Le document de référence d’août 2018 comprend les méthodes électorales, les modèles financiers et les statistiques. Il insiste aussi sur l’interprétation des tableaux et graphiques, dont la présentation peut influencer la compréhension des données.

Ces exemples décrivent des enseignements existants, et non le futur programme commun. Cependant, ils illustrent les choix possibles entre approfondissement théorique et applications concrètes. Lors de l’audition, Fernando Alexandre a annoncé une articulation des nouveaux apprentissages avec les compétences financières, numériques et l’intelligence artificielle, sans détailler leur répartition entre disciplines.

Une réforme plus large, dès les premières années d’école

La révision ne s’arrête pas aux dernières années du secondaire. Le ministère prépare également la fusion des premier et deuxième cycles de l’enseignement de base. Le projet concerne l’organisation des six premières années de scolarité et doit, lui aussi, passer en consultation publique avant sa mise à l’essai.

Un projet pilote doit tester cette nouvelle organisation dans certaines écoles pendant l’année 2027-2028. Son calendrier diffère donc de celui des mathématiques obligatoires au secondaire, prévu pour 2028-2029. Il ne faut pas confondre cette expérimentation dans quelques établissements avec une généralisation immédiate à toutes les écoles.

Le ministre prévoit aussi une seconde phase de consultation sur les apprentissages essentiels. Ces documents définissent les connaissances et les compétences attendues des élèves. Il souhaite les rendre plus précis, notamment sur les niveaux de performance. La réforme porte donc à la fois sur les parcours, les disciplines et leurs contenus.

Les enseignants disponibles, condition concrète de la réforme

La capacité des établissements à assurer les enseignements reste un enjeu immédiat. Le ministère recensait 255 horaires non pourvus au 2 novembre 2026, correspondant à des besoins datés au plus tard du 4 septembre. Parmi eux figuraient 164 horaires complets et 83 relevant du premier cycle, selon les données présentées aux députés.

Un horaire vacant ne correspond toutefois pas nécessairement à un poste complet, ni directement à un nombre d’élèves sans cours. Les directions peuvent organiser des solutions transitoires en attendant une affectation. Surtout, ces données couvrent plusieurs niveaux et disciplines: elles ne mesurent pas spécifiquement une pénurie de professeurs de mathématiques.

Le 2 septembre 2026, la Fenprof signalait encore 2 650 horaires vacants avant la rentrée. Cependant, ce décompte syndical et celui du ministère ne portent ni sur la même date ni nécessairement sur le même périmètre. Leur comparaison directe ne permet donc pas de calculer précisément combien de besoins ont disparu.

Les inscriptions et les élèves sans cours restent deux indicateurs distincts

Fernando Alexandre a également évoqué plus de 400 demandes d’inscription reçues pendant la semaine précédente. Selon lui, la majorité concernait des élèves encore à l’étranger, dont certains arriveraient en janvier ou février. Il a notamment cité les décalages entre calendriers scolaires, qui peuvent entraîner des arrivées pendant l’année portugaise.

Ces demandes ne représentent donc pas automatiquement 400 enfants présents au Portugal sans établissement. Elles ne renseignent pas non plus sur les cours effectivement assurés après l’inscription. Il faut distinguer trois situations: demander une place, obtenir une affectation et disposer d’un professeur dans chaque discipline prévue à l’emploi du temps.

Pour suivre ce dernier problème, le ministre annonce la présentation publique d’un tableau de bord en décembre. L’outil doit exploiter les comptes rendus des séances renseignés par les enseignants. L’objectif affiché consiste à connaître plus précisément les cours réellement dispensés, plutôt qu’à déduire les absences d’enseignement des seuls besoins de recrutement.

Le prochain rendez-vous est la consultation publique de décembre 2026. Elle devra préciser les contenus et les horaires, puis les modalités de transition vers 2028-2029. Pour les élèves, le changement annoncé est important, mais son effet concret dépendra aussi de l’évaluation retenue et des enseignants disponibles.


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