Miguel Pinto Luz ouvre la discussion avec les socialistes, mais maintient la réforme du régime locatif. Le PS réclame son abandon, tandis que Chega conditionne toujours son soutien.
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Le gouvernement maintient la réforme des loyers au Portugal, mais se dit prêt à la discuter avec le Parti socialiste. Le 20 octobre 2026, Miguel Pinto Luz a rejeté les critiques de José Luís Carneiro, qui réclame son retrait. Chega réserve également son vote: le texte poursuit donc son parcours sans majorité finale garantie.
Le gouvernement accepte de discuter, sans abandonner sa réforme
Miguel Pinto Luz a affiché cette ouverture le 20 octobre 2026, lors d’un déplacement à Coimbra. Le ministre participait à la remise de 72 logements sociaux à Quinta das Bicas, à Taveiro. Il a appelé les partis à rechercher des solutions communes, sans accepter le jugement socialiste sur le caractère « inhumain » du projet.
Cette disponibilité ne constitue toutefois pas un retrait de la réforme. Le gouvernement maintient son intention de modifier le régime locatif, mais accepte d’en discuter les contours. À ce stade, il n’a annoncé ni accord avec le PS ni nouvelle version négociée. L’ouverture concerne donc la discussion, pas encore son résultat.
Le PSD défend également cette ligne. Son vice-président Alexandre Poço se dit prêt à examiner des solutions supplémentaires avec les autres partis. Cependant, il accuse les socialistes de porter la responsabilité politique de la crise. Il rappelle aussi que la proposition gouvernementale ne correspond pas au droit actuellement en vigueur.
Le vote de septembre n’a pas changé les contrats de location
La distinction reste essentielle: le premier vote parlementaire n’a pas rendu la réforme applicable. Le 30 septembre 2026, Chega avait permis son approbation dans son principe grâce à son abstention. La proposition porte sur une autorisation législative permettant au gouvernement de modifier le cadre des locations urbaines, comme le rappelait notre point du 20 octobre.
La Constitution distingue trois votes: sur les principes, sur les dispositions détaillées, puis sur l’ensemble du texte final. L’examen dit « dans la spécialité » correspond à cette discussion détaillée. Les députés peuvent donc encore modifier le contenu après avoir accepté son orientation générale. Une première majorité ne garantit pas la suivante.
Le 20 octobre, André Ventura indiquait que les négociations sur cet examen détaillé n’avaient pas encore commencé. Cela explique pourquoi son parti refuse de garantir le vote final. Pour les locataires comme pour les propriétaires, les annonces décrivent ainsi une négociation en cours, et non de nouvelles clauses déjà applicables aux baux.
Offre locative et protection des occupants: le cœur du désaccord
Le désaccord dépasse les échanges entre dirigeants. Dans les mesures présentées avant le 20 octobre figurent l’assouplissement de certains loyers entre deux contrats et des changements concernant les paiements initiaux. Le projet touche aussi aux impayés et aux baux anciens. Ces sujets concentrent les inquiétudes, car ils concernent autant l’accès au logement que sa conservation.
Le gouvernement cherche à convaincre davantage de propriétaires de remettre leurs biens en location. Son raisonnement consiste à réduire les risques supportés par les bailleurs pour accroître l’offre. Cependant, une règle plus favorable au propriétaire ne garantit pas automatiquement un loyer inférieur. Son effet dépend aussi du nombre de logements effectivement proposés.
Du côté des ménages, les paiements demandés avant l’entrée dans les lieux constituent un enjeu distinct du loyer mensuel. Une avance règle une période future, tandis qu’un dépôt garantit certaines obligations. Si les montants initiaux augmentent, l’effort nécessaire pour obtenir les clés peut progresser, même lorsque le loyer affiché reste identique.
Le PS réclame un retrait et défend une garantie publique
José Luís Carneiro demande, lui, que le gouvernement abandonne le texte. Lors d’une visite à des chantiers de logements à Lagos, le 20 octobre, le secrétaire général du PS a dénoncé une réforme « injuste » et « inhumaine ». Selon lui, elle rendrait l’accès au logement plus difficile et faciliterait les expulsions.
Le dirigeant socialiste a également contesté la référence à un loyer « modéré » de 2 300 euros. Il y voit un décalage avec les revenus des familles portugaises. Cette critique politique ne signifie toutefois pas qu’un tel montant deviendrait le loyer imposé aux ménages: il ne faut pas confondre une catégorie discutée avec une hausse générale obligatoire.
Carneiro défend des dépenses de logement ne dépassant pas 35 % des revenus familiaux. Il propose aussi une garantie publique en cas de difficulté à payer, davantage de logements publics et un Service national du logement. Ce sont des orientations socialistes, pas des aides nouvelles déjà ouvertes. Leurs conditions précises restent déterminantes pour apprécier leur portée.
Chega réserve son vote, mais ouvre une négociation sur les aides
Chega maintient trois exigences dans la négociation: éviter des hausses incontrôlées des loyers, protéger les ménages modestes et distinguer les impayés délibérés des difficultés temporaires. André Ventura ne promet donc pas l’approbation finale. De son côté, Alexandre Poço attend du parti qu’il respecte l’entente ayant permis le premier vote.
En parallèle, Ventura propose un soutien aux familles dont le loyer absorbe plus de 60 % des revenus. Il envisage soit une aide directe, soit une déduction dans l’IRS, l’impôt portugais sur le revenu. Mais aucun montant individuel ni dispositif opérationnel ne découle encore de cette déclaration.
Cette ouverture s’étend à certaines propositions socialistes, sans constituer un accord sur toute leur politique. Ventura s’est notamment dit prêt à soutenir une exonération de plus-values pour des ventes de logements jusqu’à 300 000 euros. Il juge pourtant son effet limité. Ainsi, un compromis fiscal ponctuel ne réglerait pas nécessairement le conflit sur le droit locatif.
Pourquoi le budget devient un second terrain de discussion
André Ventura veut inscrire les soutiens au logement dans le budget de l’État. Son argument porte notamment sur la « norme-frein » constitutionnelle, qui limite certaines initiatives parlementaires ayant un coût immédiat. Le budget devient donc un autre lieu de négociation, distinct de la réforme des relations entre propriétaires et locataires.
L’article 167 de la Constitution interdit notamment aux députés et groupes parlementaires certaines modifications budgétaires pour l’exercice en cours. Ils ne peuvent proposer une hausse des dépenses ou une baisse des recettes prévues dans le budget. Cette restriction encadre le calendrier des mesures; elle n’interdit pas toute initiative parlementaire créant une aide.
Les deux négociations ne doivent donc pas être confondues. Une aide budgétaire peut alléger la charge d’un ménage sans modifier son bail. Inversement, une réforme locative peut changer les droits des parties sans financer une aide mensuelle. Pour mesurer un éventuel compromis, il faudra examiner séparément ses règles contractuelles et ses moyens financiers.
Logements publics et garanties écrites restent attendus
Le gouvernement associe sa réforme au développement du parc public. À Coimbra, Miguel Pinto Luz a réaffirmé son objectif de livrer 40 000 logements d’ici décembre 2026, puis d’atteindre 50 000 en 2027. Ces chiffres décrivent des engagements annoncés par le ministre, et non un bilan de logements déjà remis aux occupants.
La pression vient aussi des mobilisations à Lisbonne et à Porto. L’évacuation des campements a ajouté un conflit sur l’intervention policière au débat sur le logement. Pinto Luz a reconnu le droit de manifester tout en défendant l’action des autorités. Toutefois, cette confrontation ne tranche aucun des désaccords sur le contenu de la réforme.
La prochaine avancée concrète dépendra donc d’engagements écrits et de votes, plutôt que des seuls appels au dialogue. Il reste notamment à préciser les protections contre les impayés subis, les garanties concernant les baux anciens et le financement des soutiens. Au 21 octobre 2026, ni le ralliement du PS ni l’approbation finale de Chega ne sont acquis.

Le gouvernement conserve sa réforme, mais aucun accord final ne sécurise encore son adoption. Les prochains arbitrages devront préciser les protections des locataires, les garanties des propriétaires et les aides effectivement financées. En attendant, l’ouverture des discussions ne doit pas être confondue avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
- Governo mantém lei das rendas, Chega deixa aprovação em aberto e PS exige retirada do diploma (Sapo Notícias)
- Chega admite viabilizar propostas do PS para a habitação e desafia socialistas a aprovarem as suas – ECO (ECO)
- Pinto Luz admite rever lei das rendas com o PS mas rejeita que seja desumana | SOL (SOL)
- PSD acusa socialistas de serem os responsáveis pela crise na habitação (RTP país)
Sources complémentaires
