Galp annonce une marge de 33,8 dollars par baril équivalent pétrole entre juillet et septembre 2026, un record trimestriel. Cette envolée reflète les tensions sur les produits raffinés, mais ne mesure ni le bénéfice net du groupe ni la marge à la pompe.
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La marge de raffinage de Galp a plus que triplé sur un an au troisième trimestre 2026. Les données annoncées le 12 octobre montrent une amélioration spectaculaire de cet indicateur industriel. Mais elles ne permettent pas encore de chiffrer le bénéfice final du groupe, attendu avec ses résultats complets le 26 octobre..
Un record trimestriel, mais des données encore provisoires
Entre juillet et septembre 2026, la marge de raffinage a atteint 33,8 dollars par baril équivalent pétrole. Elle s’élevait à 9,5 dollars un an auparavant et à 16,8 dollars au deuxième trimestre. Selon RTP, qui relaie Lusa, Galp n’avait jamais enregistré un tel niveau sur un trimestre.
Le rapport entre les deux valeurs annuelles atteint ainsi environ 3,56. Autrement dit, la marge a progressé d’environ 256 %, et non de 356 %. Par rapport au trimestre précédent, elle a également plus que doublé. Ces calculs portent sur la marge unitaire, pas sur le bénéfice total de Galp.
Ces chiffres restent cependant provisoires. Le communiqué opérationnel du 12 octobre décrit les conditions d’activité avant la publication des comptes. Galp précise que les données définitives peuvent différer: le record annoncé ne constitue donc pas encore un résultat financier trimestriel arrêté.
Ce que mesure réellement une marge de raffinage
Le raffinage transforme le pétrole brut en produits utilisables, notamment l’essence, le gazole et le carburant aérien. Sa rentabilité dépend donc de deux marchés: celui des matières premières achetées et celui des produits vendus. Lorsque les carburants se renchérissent davantage que le brut, l’écart favorable au raffineur peut augmenter.
Les professionnels suivent notamment les crack spreads, c’est-à-dire les écarts entre les prix des produits pétroliers et du brut. L’agence américaine de l’énergie souligne toutefois leurs limites: ces indicateurs simplifiés ne couvrent pas toutes les recettes d’une raffinerie. Ils excluent aussi les coûts de raffinage autres que l’achat du pétrole.
Il faut donc distinguer une marge de raffinage d’un bénéfice net. Le chiffre de 33,8 dollars ne signifie pas que Galp conserve cette somme après toutes ses charges. Il ne mesure pas davantage la marge d’une station-service sur chaque plein: il concerne un autre maillon de la chaîne pétrolière.
Pourquoi la marge bondit malgré le recul trimestriel du Brent
RTP et Lusa replacent cette envolée dans les perturbations liées au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Après les attaques de fin février 2026, l’Iran a, selon ce récit, effectivement fermé le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime joue un rôle majeur dans le transport international de pétrole brut.
La perturbation des approvisionnements a fait monter les prix des carburants plus fortement que ceux du pétrole brut. Cet écart explique le soutien apporté aux marges de raffinage, au Portugal comme ailleurs. Selon RTP, la marge trimestrielle de Galp dépasse ainsi de plus de cinq fois son estimation annuelle antérieure au conflit.
Le mouvement ne signifie cependant pas que le brut monte sans interruption. Galp indique un Brent moyen de 97 dollars au troisième trimestre, contre 103,8 dollars au deuxième. La marge de raffinage a donc doublé alors que cette référence du brut reculait de 7 %. Le niveau du pétrole ne suffit pas, seul, à expliquer celui des carburants.
À Sines, moins de matières traitées mais une marge supérieure
Galp possède à Sines la seule raffinerie actuellement en activité au Portugal. Sa capacité de distillation atteint 226 000 barils par jour. Le groupe a concentré son raffinage sur ce site après l’arrêt de cette activité à Matosinhos, en 2021. Sines occupe donc une place centrale dans l’appareil pétrolier portugais.
L’installation bénéficie d’un emplacement côtier et d’infrastructures portuaires en eau profonde. Elle peut aussi traiter différents types de brut, puis transformer les fractions obtenues dans plusieurs unités spécialisées. Ces caractéristiques industrielles comptent pour sa compétitivité, sans supprimer sa dépendance aux conditions internationales d’achat et de vente.
Pourtant, le record de marge ne résulte pas d’une hausse des volumes traités. Galp a transformé 22,2 millions de barils équivalent pétrole au troisième trimestre, soit une baisse de 2 %. Ce recul apparaît aussi bien sur un an que par rapport au trimestre précédent. La hausse porte donc sur la marge par unité, malgré un débit légèrement inférieur.

Pourquoi ce record ne se traduit pas directement à la pompe
Pour les automobilistes, une forte marge de raffinage ne permet pas de calculer directement le prix du prochain plein. L’ENSE, organisme public portugais du secteur énergétique, distingue plusieurs composantes dans ses prix de référence. La cotation internationale du produit raffiné intervient notamment, et pas seulement celle du pétrole brut.
Le transport, l’incorporation de biocarburants, les réserves stratégiques et certaines opérations logistiques entrent également dans cette décomposition. S’y ajoutent l’impôt sur les produits pétroliers et énergétiques, appelé ISP, puis la TVA. La décomposition officielle des prix permet de distinguer ces postes, sans les confondre avec la marge publiée par Galp.
La prudence s’impose donc dans les deux sens. Une baisse du brut ne garantit pas une baisse équivalente des carburants si les produits raffinés restent chers. Inversement, la marge trimestrielle de Galp ne suffit pas à établir le montant gagné sur un litre vendu dans une station donnée.
Production, gaz et renouvelables: les autres signaux du trimestre
Le raffinage n’est pas le seul indicateur en progression. Dans l’exploration et la production, Galp annonce une moyenne de 131 000 barils équivalent pétrole par jour. Cela représente une hausse de 14 % sur un an et de 3 % sur le trimestre. Le pétrole constitue désormais 90 % de cette production, contre 86 % un an auparavant.
L’approvisionnement et le négoce de gaz naturel atteignent par ailleurs 21,4 térawattheures, en hausse annuelle de 26 %. En revanche, les ventes de produits pétroliers aux clients reculent de 1 %. Les ventes de gaz et d’électricité progressent respectivement de 16 % et de 37 %, ce qui montre des trajectoires commerciales différentes selon les énergies.
Dans les renouvelables, la capacité installée atteint 2,7 gigawatts, soit 64 % de plus qu’un an auparavant. L’énergie renouvelable vendue s’élève à 1 174 gigawattheures, en hausse de 42 %. Ces deux mesures restent distinctes: la première décrit la puissance des installations, tandis que la seconde mesure une quantité d’énergie vendue pendant le trimestre.
Le 26 octobre, vérifier l’effet sur les comptes de Galp
Galp publiera ses résultats complets le 26 octobre 2026, avant l’ouverture d’Euronext Lisbonne. Cette échéance permettra de connaître la traduction financière de ses performances opérationnelles. Le communiqué opérationnel annonce les volumes et les conditions de marché; il ne fournit pas encore le bénéfice net du trimestre.
Il faudra notamment distinguer l’effet du raffinage de celui des autres activités, sans assimiler automatiquement leurs hausses de volumes à des gains équivalents. Surtout, une moyenne exceptionnelle entre juillet et septembre ne constitue pas une prévision pour les mois suivants. Les données publiées décrivent un trimestre écoulé, pas une marge future garantie.
Le record de raffinage constitue un signal favorable pour l’activité industrielle de Galp, malgré des volumes traités en léger recul. Les comptes attendus le 26 octobre 2026 préciseront son poids dans les résultats, sans préjuger de la durée de ces conditions exceptionnelles..
Sources utilisées
Sources de l’actualité
Sources complémentaires
