Festival néonazi à Póvoa de Varzim: une deuxième journée malgré le retrait de la licence

Troupeau de moutons

Le rassemblement des 30 et 31 octobre s’est poursuivi dans les locaux d’une association qui affirme avoir demandé le départ des organisateurs. Le retrait municipal concernait une licence spéciale de bruit.

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Le deuxième jour du festival néonazi à Póvoa de Varzim s’est tenu le samedi 31 octobre 2026, malgré le retrait de sa licence par la municipalité, rapporte Expresso le 1er novembre. L’association accueillant le rassemblement affirme également avoir demandé aux organisateurs de quitter ses installations.

Annoncé à Maia, le rassemblement se tient à Póvoa de Varzim

Le rassemblement correspond à la troisième édition de Masters Of The Sea, organisé par Blood & Honour Portugal. Avant son ouverture, les informations annonçaient deux journées, les 30 et 31 octobre 2026, dans la municipalité de Maia. L’adresse exacte devait cependant rester secrète jusqu’aux dernières heures.

L’annonce initiale du festival à Maia évoquait environ 300 participants attendus, et non une fréquentation constatée. Le rendez-vous s’est finalement tenu dans les installations de l’Associação Cultural e Recreativa da Matriz, à Póvoa de Varzim. Il faut donc distinguer le lieu annoncé avant l’événement de celui effectivement utilisé.

Une salle réservée pour un anniversaire, selon l’association

Selon les explications de l’association, un particulier avait réservé la salle pour un anniversaire avec animation musicale et groupes en direct. La demande de licence de bruit reposait sur cette présentation. L’association affirme ainsi ne pas avoir accepté, en connaissance de cause, d’accueillir un festival néonazi.

Dans son communiqué du 1er novembre, la direction situe la découverte de la nature du rassemblement au début de la soirée du 30 octobre. L’événement avait alors commencé. Elle indique avoir ensuite consulté son service juridique, puis demandé formellement, le samedi matin, que les organisateurs quittent les lieux.

Ces instructions n’ont pas été suivies, affirme l’association. Celle-ci explique avoir évité une confrontation ou un recours à la force. Son refus de poursuivre l’accueil constitue donc un élément distinct du retrait de la licence municipale: il concerne l’utilisation même de ses locaux, et pas seulement les nuisances sonores.

Ce que permet réellement une licence spéciale de bruit

L’autorisation retirée par la municipalité était une licence spéciale de bruit, appelée licença especial de ruído. Cette précision compte: elle encadre une activité sonore temporaire dans certaines circonstances. Elle ne représente pas une approbation générale du contenu d’un spectacle, de son organisateur ou des idées qu’il défend.

Le règlement général sur le bruit interdit notamment les activités bruyantes temporaires près des logements les samedis, dimanches et jours fériés. En semaine, l’interdiction couvre la période entre 20 heures et 8 heures. Toutefois, une commune peut accorder une dérogation exceptionnelle et justifiée, assortie de conditions précises.

Le samedi 31 octobre relevait donc d’une période particulièrement encadrée pour les activités concernées près des habitations. Cependant, le texte intégral de la décision municipale et ses modalités de notification restent nécessaires pour examiner précisément ce dossier. Le seul intitulé de la licence ne permet pas de reconstituer toutes les obligations imposées.

L’absence d’intervention policière ne tranche pas la légalité

Selon Jornal de Notícias, cité par Notícias ao Minuto, des voisins ont appelé la Police de sécurité publique, sans intervention policière. Une source policière invoque notamment le respect des horaires initialement autorisés et le caractère privé des lieux. Ces explications rapportées ne constituent toutefois pas une décision judiciaire sur la légalité du rassemblement.

Le règlement sur le bruit prévoit pourtant un mécanisme de suspension policière des activités temporaires qui violent ses articles 14 à 16. Les autorités peuvent agir d’office ou à la demande d’un intéressé, puis transmettre un procès-verbal au maire. La propriété privée ne constitue donc pas, à elle seule, une exemption générale.

Les organisations fascistes relèvent d’un autre cadre juridique

Au-delà du bruit, la Constitution portugaise fixe une limite explicite à la liberté d’association. Son article 46 interdit les organisations racistes ou professant l’idéologie fasciste, ainsi que certaines structures armées ou paramilitaires. Le caractère privé d’une réunion ne suffit donc pas à écarter toute question concernant l’organisation qui la porte.

Le même article prévoit néanmoins une décision judiciaire pour dissoudre une association ou suspendre ses activités dans les cas légaux. Il faut ainsi distinguer trois questions: l’autorisation sonore, le consentement à utiliser une salle et le statut juridique d’une organisation. Une décision municipale sur le bruit ne règle pas automatiquement les deux autres.

Des responsabilités encore à établir après les deux journées

L’association annonce préparer des démarches juridiques pour établir les faits. Elle dit rechercher un éclaircissement des responsabilités plutôt qu’une indemnisation. Cette annonce ne signifie cependant pas qu’une juridiction a déjà statué sur l’utilisation de la salle ou sur le comportement des organisateurs.

Le constat publié par Expresso le 1er novembre reste celui d’une deuxième journée tenue malgré le retrait municipal. Les suites doivent encore préciser les responsabilités: contenu de la réservation, portée du retrait de licence et circonstances du maintien dans les locaux. Ce sont des questions distinctes, qui ne se résument pas au respect d’un horaire.

Le festival a pris fin, mais les conditions de sa poursuite restent à éclaircir. Le retrait de la licence sonore et le refus exprimé par l’association posent deux questions différentes, auxquelles les démarches annoncées devront apporter des réponses précises.


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