La police a contraint les rassemblements du Rossio et de la place D. João I à se retirer au petit matin du 1er novembre.
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La police a fait évacuer les campements pour le logement à Lisbonne et Porto vers 4 h 30, dimanche 1er novembre 2026. Au Rossio comme sur la place D. João I, les manifestants avaient refusé de retirer leurs tentes. À Lisbonne, des centaines de participants ont formé un cordon humain après les ordres de dispersion.
Une nouvelle évacuation vers 4 h 30
À Lisbonne comme à Porto, les participants avaient choisi de prolonger leur présence pendant la nuit. Les échanges avec la PSP, la police de sécurité publique, n’ont cependant pas débouché sur un démontage volontaire général. Selon le bilan matinal d’Expresso, les agents ont forcé leur retrait vers 4 h 30, après trois avertissements.
Cette intervention constitue un nouvel épisode, et non la suite immédiate d’une seule occupation ininterrompue. Les manifestants avaient réinstallé leurs tentes après de précédentes évacuations. Ainsi, la continuité du mouvement ne signifie pas que les mêmes personnes ou les mêmes installations soient restées constamment sur les deux places.
Au Rossio, les avertissements précèdent un cordon humain
Au Rossio, nom courant de la place Dom Pedro IV, les premiers échanges nocturnes portent sur les tentes. Après 1 heure, des agents indiquent informellement qu’elles doivent disparaître, selon le récit d’Expresso repris par SAPO. Les participants votent néanmoins pour conserver le campement, alors que leur avocat, Ricardo Sá Fernandes, défend l’absence de justification d’une intervention.
Le premier ordre formel intervient vers 3 h 45. Iuri Rodrigues, commandant du dispositif métropolitain de Lisbonne, donne cinq minutes pour démonter et quitter les lieux. Il affirme que le rassemblement enfreint la loi depuis 0 h 30 et avertit que le refus d’obéir expose les participants à une qualification de désobéissance.
Après un deuxième avertissement vers 4 heures, le troisième arrive vers 4 h 10. Des centaines de personnes forment alors un cordon humain, tandis que certains participants démontent leurs tentes. Des jeunes placés devant portent des casques. Le récit de Lusa décrit aussi des policiers avançant avec des chiens, avant le retrait forcé annoncé ensuite.
À Porto, deux votes pour réinstaller puis garder les tentes
À Porto, une assemblée populaire réunit environ 1 000 personnes place D. João I dans la soirée du 31 octobre. Le vote organisé vers 20 h 20 approuve le retour des tentes. Leur installation commence vers 21 h 20, selon le récit de Lusa, qui dénombre ensuite une quarantaine de tentes sur place.
Peu après 0 h 30, la commissaire Eduarda Fã explique que les participants peuvent rester s’ils démontent le campement. Les manifestants rejettent cette proposition lors d’un nouveau vote. L’organisation appelle alors à une résistance pacifique et prévoit un cordon de sécurité en cas d’intervention, tandis que la présence policière demeure importante autour de la place.
Le désaccord porte donc d’abord sur le maintien des installations, plutôt que sur toute présence humaine dans l’espace public. Mais la situation évolue ensuite vers des ordres de dispersion. Cette différence compte pour comprendre la nuit: la possibilité initialement évoquée de rester sans tente n’empêche pas l’évacuation finale du rassemblement.
Derrière les campements, des demandes sur les loyers et les expulsions
Les revendications dépassent toutefois le droit de camper. À Porto, les participants réclament davantage de logements publics et des plafonds de loyers réellement accessibles. Ils demandent également la remise en habitation d’immeubles vacants, ainsi que l’arrêt des démolitions et des expulsions sans solution de logement pour les personnes concernées.
Le mouvement veut aussi freiner les acquisitions de logements par des fonds immobiliers. Il réclame enfin le retrait de ce qu’il désigne comme la nouvelle loi sur les locations. Cette formulation exprime une revendication politique; elle ne suffit pas à identifier les dispositions précises contestées, ni à décrire leurs effets sur chaque contrat.
Ces demandes visent des problèmes distincts: le prix payé, les logements disponibles et la protection des occupants. Leur point commun reste l’accès effectif à une habitation. La Constitution reconnaît d’ailleurs ce droit dans son article 65 et confie à l’État des responsabilités concernant l’offre et des loyers compatibles avec les revenus familiaux.
Des élus défendent le caractère pacifique du rassemblement
À Lisbonne, des députés du PS, de Livre et du Bloco de Esquerda échangent avec les responsables policiers pendant la nuit. Des représentants de la Provedoria de Justiça, l’institution du médiateur de la République, sont également présents. Ces échanges interviennent avant l’ordre formel de dispersion, dans une période d’attente décrite comme calme.
Le député socialiste Pedro Delgado Alves défend le droit de manifester et souligne le calme de la place. Isabel Mendes Lopes, de Livre, soutient également que les participants ne perturbent pas la circulation. Elle estime qu’un éventuel problème lié aux tentes pourrait relever d’une procédure administrative plutôt que d’une intervention policière.
Ces déclarations présentent la position des élus présents, pas une décision judiciaire sur la légalité du campement. De même, les avertissements de la PSP exposent son interprétation des obligations applicables. Le désaccord concerne donc à la fois la poursuite de la manifestation, les installations matérielles et la réponse à apporter au refus de les retirer.
Manifester, camper et disperser: trois questions à distinguer
L’article 45 de la Constitution protège les réunions pacifiques et sans armes, y compris dans les lieux ouverts au public. Elles ne nécessitent pas d’autorisation préalable. Cependant, cette garantie ne tranche pas à elle seule toutes les conditions d’un campement durable, ni l’application des règles horaires invoquées pendant la nuit.
Le décret-loi du 29 août 1974 encadre le droit de réunion. Son article 11 prévoit une fin à 0 h 30, avec des exceptions concernant certains lieux fermés. C’est notamment cette disposition que les policiers invoquent. Mais l’existence du texte ne constitue pas, en elle-même, un jugement sur chaque situation individuelle.
L’usage de la force appelle aussi un examen distinct. L’article 272 de la Constitution impose que les mesures policières ne dépassent pas le strict nécessaire. Ainsi, le fondement d’une dispersion et la proportionnalité de son exécution constituent deux questions différentes: invoquer une irrégularité ne suffit pas à régler la seconde.
Des évacuations répétées, mais des bilans à ne pas confondre
La mobilisation de Porto remonte au 10 octobre 2026. Depuis, les places ont connu plusieurs départs, démontages et réinstallations. Le précédent du 25 octobre illustre cette succession: la PSP avait déjà évacué les deux campements pendant la nuit, une semaine avant la nouvelle intervention du 1er novembre.
Lors des évacuations du 25 octobre, la police avait annoncé 31 arrestations pour désobéissance et le retrait de 171 tentes. Ces chiffres concernent exclusivement cet épisode antérieur. Ils ne décrivent donc pas les opérations du 1er novembre et ne doivent pas s’ajouter à leurs éventuels bilans.
Pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre, le premier constat établi reste le retrait forcé des rassemblements. La chronologie des avertissements ne fournit cependant pas un bilan médical ou judiciaire consolidé. Les circonstances individuelles des blessures et des interpellations éventuelles nécessitent donc des précisions supplémentaires, distinctes du récit de la dispersion.
La nuit s’achève donc par le retrait des tentes, après le refus des assemblées de les démonter. Les revendications sur les loyers, le logement public et les expulsions restent, elles, au cœur de la mobilisation. Les suites de l’intervention devront distinguer le bilan des opérations et l’examen de leurs conditions.
Sources utilisées
Sources de départ
- Polícia avançou contra manifestantes em Lisboa e no Porto (Expresso)
- URGENTE: Habitação: Manifestantes em Lisboa formam cordão humano após ordens para desmobilizar (Sapo Notícias)
- Habitação: PSP diz a manifestantes no Porto para tirar tendas, presentes recusam (Sapo Notícias)
- Acampadas: polícia pede retirada de tendas no Porto, manifestantes recusam; Lisboa também vota contra (Sapo Notícias)
Sources complémentaires
