Le propriétaire propose de différer le départ des occupants, dont le bail arrive à échéance le 31 octobre 2026. Mais aucun accord définitif ne garantit encore le maintien du lieu de culte.
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À Porto, Lello se dit prête à accorder un report d’un an maximum au départ de la mosquée Hazrat Hamza. Le bail arrive à échéance ce samedi 31 octobre 2026. Cependant, l’offre exige un accord écrit des occupants et reste conditionnée à la compatibilité avec les exigences urbanistiques municipales.
Un délai supplémentaire soumis à plusieurs conditions
Dans une lettre envoyée le jeudi 29 octobre, Lello Vitória – Livros e Turismo envisage un délai supplémentaire d’un an maximum. Cette société, liée aux groupes Lello et Lionesa, possède l’immeuble occupé par la mosquée dans le secteur du Loureiro. Cependant, elle ne présente pas cette ouverture comme une prolongation déjà conclue.
Le propriétaire demande une confirmation écrite des occupants et la définition de conditions communes. Il exige surtout un cadre légal compatible avec les prescriptions municipales concernant l’immeuble. Ainsi, l’accord entre bailleur et locataires ne suffirait pas, selon les conditions posées dans sa lettre: la position de la mairie compte également.
À défaut, la société demande de libérer les lieux le lundi 2 novembre 2026, après l’échéance contractuelle du samedi 31 octobre. Il s’agit donc d’une demande du propriétaire, non de l’annonce d’une évacuation matérielle déjà organisée. La distinction importe, puisque les occupants contestent la situation et qu’aucun compromis définitif n’est annoncé.
Une fin de bail annoncée avant le rachat par Lello
Le bail des responsables de la mosquée date du 1er novembre 2011. Selon la lettre du propriétaire, les anciens détenteurs de l’immeuble ont notifié judiciairement leur opposition au renouvellement en mai 2023. La date de fin retenue était déjà le 31 octobre 2026: elle précède donc le rachat par Lello.
Lello situe son acquisition en décembre 2024 et insiste sur cette chronologie pour expliquer sa position. L’entreprise affirme également qu’une solution de remplacement municipale semblait alors se dessiner. Cependant, cette perspective n’a pas abouti, laissant les occupants face à une échéance connue sans nouveau lieu de culte assuré.
Le désaccord dépasse néanmoins la recherche d’un délai. Dans sa lettre, Lello évoque une communication de l’avocate de la mosquée datée du 14 septembre 2026. La société y voit une contestation juridique de la fin du contrat, alors qu’elle dit attendre une réponse sur une éventuelle période transitoire. Cette interprétation reste celle du propriétaire.
La mairie distingue les travaux de l’occupation des lieux
Dans la soirée du 30 octobre, la mairie a indiqué à Lusa n’avoir reçu aucune demande formelle de report d’un an. Selon cette réponse publiée par Observador, elle n’avait pas ordonné l’arrêt de l’utilisation des lieux. Le dossier d’urbanisme ne doit donc pas être confondu avec une fermeture municipale de la mosquée.
Une inspection du 2 mai 2025 avait relevé des constructions et modifications sans les autorisations nécessaires. La municipalité mentionne notamment des extensions et des changements d’ouvertures. Elle précise qu’une demande déposée le 15 juin 2026 concerne un délai de 120 jours ouvrables pour présenter un dossier d’autorisation, échéant en janvier 2027.
De son côté, Lello affirme avoir reçu une notification concernant les corrections à effectuer. L’entreprise conditionne donc le maintien temporaire de la mosquée à la compatibilité avec ces exigences. Mais, sans accord précisant les travaux et leur calendrier, son offre ne règle pas à elle seule le volet urbanistique du dossier.
Les occupants contestent le départ demandé
Les responsables de la mosquée ont indiqué à Lusa ne pas vouloir remettre les clés ni quitter les lieux. Alam Kazol, de l’Association de la communauté du Bangladesh de Porto, conteste les modalités de remise du courrier. Cette contestation ne constitue toutefois pas une décision judiciaire sur la validité du document ou du congé.
Deux questions restent ainsi distinctes: les parties peuvent-elles convenir d’un départ différé, et s’accordent-elles sur la fin du bail? La lettre de Lello montre que leurs échanges portent aussi sur ce second point. Une acceptation du principe d’une transition ne peut donc pas être présumée à partir de la seule offre du bailleur.
La solution de remplacement promise n’a pas abouti
L’ancienne équipe municipale de Rui Moreira avait envisagé une installation dans un immeuble de la Rua da Porta do Sol. Le projet prévoyait un droit de superficie pendant quarante ans, contre 50 euros mensuels. En revanche, l’association devait financer les travaux, qu’elle estimait elle-même à environ 600 000 euros.
Les propositions de cession devaient être soumises au vote au début de juin 2025. Toutefois, Rui Moreira les a retirées à l’approche de la fin de son mandat. Il expliquait alors vouloir éviter des initiatives non consensuelles susceptibles d’aggraver les tensions dans la ville. Le projet n’a donc pas débouché sur l’installation attendue.
Le montant de 50 euros ne résumait donc pas l’effort financier envisagé pour l’association. Celle-ci devait également supporter une rénovation importante, selon sa propre estimation. Surtout, ces conditions appartiennent au projet municipal abandonné: elles ne décrivent ni le loyer actuel du Loureiro, ni les conditions du sursis proposé par Lello.
Le droit de superficie, distinct d’une location
Le droit de superficie permet de construire ou de maintenir une construction sur un terrain appartenant à autrui. Le Diário da República le définit à partir de l’article 1524 du Code civil portugais. Ce droit peut être temporaire et reste distinct de la propriété du sol. Il ne correspond donc pas à un simple bail de location.
Dans le projet de la Porta do Sol, la durée annoncée de quarante ans concernait ce mécanisme particulier, et non l’achat de l’immeuble par l’association.

Le changement municipal a laissé le relogement sans issue
Le maire actuel, Pedro Duarte, a choisi une autre orientation pour les deux biens municipaux concernés par ces projets religieux. Son exécutif a annoncé leur vente aux enchères plutôt que la cession de droits de superficie. L’autre projet concernait le Centre culturel islamique de Porto, une structure distincte de la communauté utilisant Hazrat Hamza.
Pedro Duarte a justifié cette orientation en affirmant que construire des mosquées ne constituait pas une priorité municipale. Cependant, les deux ventes se sont terminées sans acheteur. Cette absence d’offres ne vaut pas rétablissement des projets précédents: aucune nouvelle mise à disposition pour Hazrat Hamza n’est annoncée dans les éléments rendus publics le 30 octobre.
Un lieu fréquenté par des centaines de fidèles chaque jour
La mosquée Hazrat Hamza existe depuis 2003, tandis que le bail concerné par le différend remonte à 2011. Selon les chiffres rapportés par Lusa et SOL, des centaines de personnes y prient quotidiennement. La fréquentation atteint environ 1 500 personnes le vendredi, ce qui donne une dimension collective importante à la recherche d’un autre local.
Un sursis permettrait de gagner du temps, mais il ne constituerait pas une installation durable. Pour cela, les responsables devraient encore disposer d’un lieu et de conditions d’occupation stabilisées. À l’échéance du 31 octobre 2026, le dossier reste donc suspendu aux échanges entre propriétaire, occupants et municipalité, sans accord définitif annoncé.
La proposition de Lello ouvre une possibilité de transition, mais aucun sursis acquis ne permet encore d’écarter le départ demandé pour le 2 novembre. L’enjeu immédiat reste de formaliser un éventuel accord, tout en clarifiant les contraintes urbanistiques. La recherche d’un lieu de culte durable demeure, elle, sans solution annoncée.
Sources utilisées
Sources de départ
Sources complémentaires
