Avis de départ du Portugal: plus de 27 000 immigrés notifiés en 2026, environ 800 départs volontaires

Sueca et étrangers

Environ 800 départs volontaires ont été enregistrés pour plus de 27 000 notifications adressées en 2026. L’écart mêle sorties non confirmées, recours judiciaires et difficultés documentaires, sur fond de changement des règles depuis septembre.

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Plus de 27 000 immigrés ont reçu un avis de départ du Portugal depuis le début de 2026. Environ 800 auraient donné suite volontairement, selon les chiffres ministériels rapportés par The Resident le 27 octobre. Mais cet écart ne permet pas d’affirmer que toutes les autres personnes sont restées dans le pays ou ont ignoré une décision exécutoire.

27 000 notifications ne signifient pas 27 000 expulsions

Les données communiquées par le ministre de la Présidence, António Leitão Amaro, concernent les notifications adressées depuis janvier 2026. Selon The Resident, environ 800 personnes auraient donné suite volontairement à leur avis. Ce total mesure donc les départs reconnus dans ce cadre, et non tous les mouvements d’immigrés quittant le pays.

Par ailleurs, une source de la PSP, la police de sécurité publique, avance une perspective distincte. Citée par Diário de Notícias et reprise par The Resident, elle prévoit plus de 1 000 éloignements contraints d’ici au 31 décembre 2026. Il s’agit d’une prévision annuelle, pas d’un bilan déjà atteint au 27 octobre.

La même présentation évoque environ 25 000 notifications qui resteraient sans exécution constatée. Cependant, les chiffres publiés ne détaillent ni les nationalités ni les dates de notification. Ils ne précisent pas davantage combien de personnes disposent encore d’un délai, contestent leur décision ou ont déjà quitté le territoire sans enregistrement.

Départs non enregistrés, recours et documents manquants

La PSP cite d’abord une difficulté de suivi: certaines personnes auraient déjà quitté le Portugal sans départ enregistré. Elles se seraient notamment dirigées vers d’autres pays européens. Ainsi, l’absence de confirmation administrative ne suffit pas à établir qu’une personne demeure physiquement sur le territoire portugais.


D’autres dossiers restent suspendus en raison de procédures judiciaires. Certaines mesures provisoires empêchent notamment l’exécution du départ dans l’attente d’une décision du tribunal. Dans ces situations, l’écart entre notification et éloignement ne traduit donc pas simplement un refus d’obtempérer: il reflète aussi l’existence d’un contentieux.

Enfin, les autorités peuvent rencontrer des difficultés pour obtenir les documents nécessaires auprès du pays d’origine. Un dossier juridiquement achevé ne débouche donc pas toujours immédiatement sur un voyage. Toutefois, aucun décompte publié dans ce bilan ne permet de mesurer le poids respectif des obstacles documentaires, des recours et des départs non enregistrés.

Une nouvelle obligation déjà en vigueur depuis septembre

La notification de départ volontaire, appelée NAV en portugais, relevait du régime applicable jusqu’au 10 septembre 2026. Elle signalait une situation de séjour irrégulier et demandait un départ dans un délai déterminé. L’AIMA, l’Agence pour l’intégration, les migrations et l’asile, précise qu’elle ne constituait pas, à elle seule, une expulsion.

Depuis le 11 septembre 2026, la loi n° 62/2026 a modifié l’article 138 de la loi sur les étrangers. Celui-ci porte désormais sur le devoir de quitter le territoire national. Contrairement à une formulation tournée vers l’avenir, ce changement était donc déjà entré en vigueur lors de la publication du bilan d’octobre.

Le nouveau texte vise notamment les décisions administratives refusant un séjour ou une résidence, ou annulant un visa ou un titre. Il fixe alors un délai compris entre 20 et 30 jours. Cependant, le bilan des 27 000 notifications ne distingue pas les dossiers selon leur date ou le régime juridique appliqué.

L’obligation de partir reste distincte de l’éloignement forcé

Le mot « volontaire » ne signifiait pas que le destinataire pouvait librement ignorer la notification. Il désignait un départ organisé par la personne, sans intervention coercitive des autorités. Désormais, l’AIMA rappelle que le devoir de départ ne constitue toujours pas, en lui-même, une mesure d’éloignement forcé.

En revanche, le non-respect de cette obligation peut entraîner une procédure d’éloignement contraint, selon les conditions légales applicables. Il faut donc distinguer trois étapes: la décision administrative, le délai laissé pour partir et l’éventuelle procédure policière. Une notification ne prouve pas, à elle seule, qu’une expulsion immédiate peut être exécutée.

La loi permet aussi au directeur national de la PSP de prolonger le délai, avec possibilité de délégation. L’examen peut notamment tenir compte de la durée du séjour, des enfants scolarisés et des liens familiaux ou sociaux. Toutefois, cette prolongation n’est pas automatique: elle suppose une décision de l’autorité compétente.

Quitter le Portugal et accomplir un retour ne se confondent pas

Le constat policier de déplacements vers d’autres pays européens appelle une autre distinction. Quitter physiquement le Portugal ne signifie pas nécessairement avoir satisfait à l’obligation de retour. Dans ses indications actuelles, l’AIMA précise que le départ doit couvrir le Portugal et les autres États de l’espace Schengen.

La destination doit être le pays de nationalité ou un autre pays tiers garantissant l’admission de la personne. Ainsi, un déplacement vers un autre État Schengen ne constitue pas, à lui seul, la preuve du retour demandé. Cette distinction évite de confondre une absence du territoire portugais avec l’exécution juridique de la décision.

La fiche officielle de l’AIMA recommande de conserver les documents de voyage et les cartes d’embarquement. Elle demande aussi de suivre les instructions reçues pour justifier le départ. Pour chaque dossier, la notification demeure donc essentielle: elle précise le délai, l’autorité compétente et les modalités à respecter.

Une personne tire une valise dans un couloir d’aéroport.

Le retour assisté aide à organiser le départ

L’Unité nationale des étrangers et des frontières, l’UNEF, indique privilégier le retour volontaire assisté. Ce mécanisme accompagne l’organisation du départ, au lieu de reposer uniquement sur une intervention policière. Toutefois, les quelque 800 départs mentionnés dans le bilan ne sont pas présentés comme correspondant tous à un même programme d’aide.

Le programme ARVoRe IX illustre cet accompagnement. Dans sa présentation publiée le 9 août 2024, le FAMI 2030 décrit une opération couvrant 2024 à 2026. L’Organisation internationale pour les migrations la met en œuvre, avec des conseils avant le départ et différents soutiens au voyage ou à la réinstallation.

Les aides prévues comprennent notamment le voyage, une assistance médicale et, selon les situations, un soutien à la réintégration. Néanmoins, cette présentation ne constitue pas une garantie individuelle de financement. L’AIMA précise que l’accès dépend des conditions de chaque programme: recevoir une notification ne signifie donc pas bénéficier automatiquement d’une aide.

Ce bilan ne mesure pas l’ensemble des départs d’immigrés

Les notifications de départ ne permettent pas de calculer combien d’immigrés quittent réellement le Portugal chaque année. Elles concernent une procédure administrative particulière, pas l’ensemble des départs. Sans ventilation des dossiers et sans suivi complet des sorties, elles ne donnent pas non plus un taux précis de refus d’exécution.

Une autre donnée avait déjà soulevé cette difficulté: les 162 252 sorties du registre actif de la Sécurité sociale en 2025. Présenté le 3 juillet 2026, cet indicateur concernait l’activité administrative de travailleurs immigrés salariés. Il ne recensait pas directement les départs du territoire et ne peut donc pas compléter mécaniquement le bilan actuel.

Pour apprécier les résultats de la politique de retour, il manque donc une répartition des situations. Il faudrait distinguer les départs confirmés, les recours suspensifs, les dossiers encore dans les délais et les blocages documentaires. Le volume de notifications révèle l’activité des services; il ne résume pas l’issue des procédures.

Les 27 000 notifications témoignent d’un volume élevé de décisions de départ, mais pas de leur exécution effective. Le prochain bilan devra surtout préciser les départs effectivement vérifiés et le devenir des dossiers suspendus ou bloqués. Quant aux personnes concernées, leur situation dépend du contenu de la notification et des décisions administratives ou judiciaires applicables.


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