Au Portugal, 162 252 immigrés ont quitté la Sécurité sociale en 2025

Au Portugal, 162 252 immigrés ont quitté la Sécurité sociale en 2025

L’Institut de la Sécurité sociale a comptabilisé une forte hausse des travailleurs immigrés qui n’avaient plus de registre actif en 2025. Le chiffre ne permet toutefois pas de savoir, à lui seul, combien ont effectivement quitté le pays.

Par , le


En 2025, 162 252 immigrés sont sortis de la Sécurité sociale portugaise ou ont cessé d’y avoir un registre actif. Cette évolution représente une hausse de 66 % sur un an, d’après le comptage de l’Institut de la Sécurité sociale concernant des personnes immigrées qui travaillaient comme salariées et qui n’ont pas retrouvé ensuite de registre actif dans le système.

Un chiffre qui mesure une sortie du système, pas forcément un départ du Portugal

Le point central est la nature de l’indicateur. Il ne s’agit pas d’un recensement direct des personnes ayant quitté le territoire portugais, mais d’un comptage administratif lié à la Sécurité sociale. Les personnes concernées avaient une activité salariée déclarée, puis cette activité a pris fin, sans nouveau registre actif identifié ensuite. Cela peut correspondre à des situations différentes: départ du Portugal, interruption d’activité, bascule vers une situation non déclarée, perte d’emploi sans reprise rapide, ou autre rupture administrative. À ce stade, les éléments disponibles ne permettent pas de répartir les 162 252 cas entre ces différentes hypothèses.

Une hausse de 66 % qui marque une accélération nette

La progression annoncée est importante: le nombre d’immigrés sortis du registre actif de la Sécurité sociale a augmenté de 66 % en un an. En appliquant ce taux à rebours, l’ordre de grandeur de l’année précédente se situerait autour de 98 000 personnes, ce qui montre l’ampleur du changement en 2025. Cette hausse ne dit pas automatiquement que l’immigration baisse dans les mêmes proportions. Elle indique surtout qu’un volume beaucoup plus élevé de travailleurs immigrés salariés a cessé d’apparaître comme actif dans le système contributif. Pour comprendre l’impact réel, il faudrait comparer ces sorties aux nouvelles entrées de travailleurs immigrés dans la Sécurité sociale sur la même période.

Ce que les données ne précisent pas encore

Les informations connues ne détaillent pas les causes de ces sorties. Elles ne permettent pas non plus de savoir quelles nationalités, quels secteurs d’activité ou quelles régions du Portugal sont les plus concernés. Ces éléments seraient essentiels pour distinguer un phénomène général d’un problème concentré dans certaines branches ou certains territoires. Il manque aussi une donnée décisive: le solde. Si un nombre élevé de travailleurs immigrés sort du système, mais qu’un nombre également élevé y entre, les conséquences ne sont pas les mêmes que dans le cas d’un recul net du nombre de cotisants immigrés. Sans ce solde, le chiffre de 162 252 doit être lu comme un signal d’alerte, pas comme une mesure complète de l’évolution de l’immigration au Portugal.

Pourquoi cette évolution compte pour le marché du travail portugais

La Sécurité sociale portugaise repose sur les cotisations des travailleurs et des employeurs. Lorsqu’un salarié disparaît du registre actif, il cesse normalement de contribuer par son activité déclarée, sauf reprise ultérieure ou changement de statut enregistré. Une hausse forte des sorties peut donc avoir des effets sur les recettes contributives, mais aussi sur la disponibilité de main-d’œuvre dans les secteurs où les travailleurs immigrés sont nombreux. Le chiffre intervient dans un contexte où le Portugal dépend fortement de l’apport de travailleurs étrangers dans plusieurs activités. Si une partie significative de ces sorties correspond à des départs effectifs du pays, cela peut renforcer les tensions de recrutement. Si, au contraire, une partie relève de ruptures administratives ou de travail non déclaré, l’enjeu est différent: il concerne davantage la capacité de l’État à maintenir les personnes dans un cadre légal et contributif.


Le chiffre de 162 252 sorties en 2025 est suffisamment élevé pour signaler une rupture dans la trajectoire récente de l’immigration active au Portugal. Mais son interprétation reste limitée tant que les données ne distinguent pas les départs réels du pays, les pertes d’emploi, les changements de situation administrative et les éventuelles sorties vers l’informalité.

Sources utilisées

Sources du jour


A lire aussi

×