Par José da Silva, le

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Kit de survie linguistique à l'attention des français vivant au Portugal. Pratique pour comprendre les insultes portugaises sur la route, au bar du coin ou au stade de foot.
Sommaire
Quand on apprend une langue étrangère, ou même, quand on parle à un étranger, souvent, le premier contact se fait par l’insulte et la vulgarité. On est toujours curieux de savoir comment insulter son prochain dans une langue « exotique ». En portugais, les expressions injurieuses sont nombreuses, et, comme en français et la plupart des langues européennes, souvent en rapport avec le sexe.
A savoir : le portugais du Brésil reste assez proche dans ses insultes au portugais d’Europe. Nous ne traiterons ici que du portugais européen.
Dans la pratique, le mot « caralho » peut désigner deux choses. Soit l’on parle d’une bite (sexe masculin), soit on insulte quelqu’un (connard).
On peut le combiner avec « vai para o caralho« , c’est à dire « va te faire foutre ». Attention, je ne fais pas de traduction littérale, je ne fais que retransmettre un équivalent français en terme de « gros mot ».
Une légende raconte que l’origine de ce mot viendrait des navigateurs, lors des Grandes Découvertes du XVIème siècle. Le « caralho » était le « nid-de-pie », le poste de vigie qui se trouve sur le plus haut des mâts du navire. Quand on ne voulait plus voir quelqu’un, on lui disait d’aller là-bas, c’est à dire « vai para o caralho ». Ce n’est qu’une légende, l’origine du terme étant même plus ancienne que la présence romaine en terres d’Ibérie.

La légende a peut-être néanmoins un petit fond de vérité. Nous parlons du plus grand mât du navire, qui par métonymie, aurait pu se nommer dans le langage populaire des marins, « caralho ».
A savoir : il ne s’agit absolument pas d’un gros mot « soft ». En revanche, il est tellement utilisé qu’il en devient banal. Pensez au « fuck » anglais.
Quelques descendants de portugais en France, habitant généralement la banlieue parisienne, se sont appropriés du mot « caralho », souvent entendu dans la bouche de leurs parents. Ne sachant pas vraiment l’écrire, ils le retranscrivent « karaï », « caraï », « calaï » ou encore « kalaï ». Bon, amis franco-portugais, c’est une faute ! On le retranscrit « caralho ». Et non, je ne porterais pas un t-shirt avec KARAI écrit dessus.
Il s’agit d’un verbe, que l’on pourrait traduire par « niquer ». « Vai-te foder » correspondrait lui à « va te faire foutre », un équivalent de « vai para o caralho » que nous venons de voir.
« Foda », c’est l’acte du rapport sexuel lui-même, que l’on pourrait traduire par « baise ». L’étymologie de « foda » est la même que pour le français « foutre », du latin « futuo ».
On pourrait traduire « foda-se » par « que ça aille se faire foutre ».
En termes d’emploi au quotidien, c’est un équivalent de « putain ». Dans le nord du Portugal, les gens pas très bien élevés peuvent l’utiliser pratiquement comme d’une virgule.
Attention, il ne faut pas confondre « foda-se » avec « se foda ». Se foda s’emploie pour dire qu’on en a rien à foutre.
Comme pour « caralho », il ne s’agit absolument pas d’un mot soft, même si on le compare à « putain ». D’ailleurs, est-ce que « putain » est vraiment soft, si vous l’utilisez contre quelqu’un ?
Dérivé du verbe « foder », on pourrait le traduire par « niqué ». O carro está fodido, la voiture est niquée. Petite distinction : quelque chose de « fodido », ça peut également être quelque chose de très chiant, de méchant, de dur à accomplir. En clair : quelque chose qui risque de nous niquer.
Pas terrible la traduction en « méchant », pas assez vulgaire.
Avec « caralho » et « foder », nous avons déjà la grande majorité des insultes du quotidien.
Souvent abrégé dans les commentaires des réseaux sociaux en FDP. Il s’agit évidemment du français « fils de pute ».
C’est une variante de « filho da puta », encore plus imagée. Traduit littéralement, nous avons « pute qui t’a mis bas ». En bref, « ta mère la pute ».
S’utilise souvent comme ceci : « vai para a puta que te pariu ». Si je devais traduire ça en français, je dirais « va niquer ta mère la pute ».
Sympa.
Il s’agit de « pédé », homosexuel. En portugais, la casserole se dit « panela », le « paneleiro » pouvant ainsi être un fabricant de casseroles.
Il existe d’autres expressions pour les pédés et les gouines, tout aussi « populaires ». Panasca, larilas, maricas, bicha sont tous des mots vulgaires pour un homme homosexuel.
Pour les lesbiennes, on utilisera le mot « fufa« , gouine.
Comme en France, la société traditionnelle ne voit pas d’un bon oeil l’homosexualité.
Toujours en rapport avec l’homosexualité, « levar no cú » se traduit littéralement par « prendre dans le cul ». « Vai levar no cú » se traduit ainsi par « va te faire enculer« . On a la variante « tomar no cú », qui est rigoureusement identique, « levar » étant un synonyme de « tomar ».
Un « cabrão », c’est un bouc. Mais en insulte, ça devient un « cocu », celui qui porte les mêmes cornes que le bouc.
On peut l’utiliser pour insulter sans forcément penser à « cocu », juste pour dire « sale con » peut suffire.
Traduction simple de « con », d’imbécile.
Tu és mesmo conas = Tu es vraiment con
Nous avons la version mignonne, « coninhas », petit con.
A savoir : « cona« , c’est le terme vulgaire employé pour le sexe féminin. Équivalent de « chatte ». D’ailleurs, autrefois en français, « le con » voulait dire exactement la même chose qu’en portugais, avec la même vulgarité.
Un souvenir de nos ancêtres latins.
C’est sans doute le terme le plus trompeur pour un français. Un « broche » en portugais, c’est… une pipe (fellation) ! Un brochista, c’est par conséquent quelqu’un qui suce des bites.
Fazer um broche, faire une pipe. On peut aussi dire « fazer um bico ».
Nous venons de faire le tour d’une bonne partie des insultes en vigueur au Portugal au XXIème siècle. Mais il existe d’autres formes d’insulter, comme en France. Le geste est bien pratique lorsque l’on veut porter atteinte à l’honneur de quelqu’un qui ne peut pas nous entendre.
Faire ces gestes obscènes aura ainsi le même sens qu’en France. Le « gesto do manguito » est celui que fait le personnage « Zé Povinho ».

Le doigt d’honneur est toujours très populaire. On le nomme « pirete » en portugais.
Nous avons vu les grandes lignes des obscénités et insultes portugaises. Il peut y avoir des différences et particularités régionales. Nous n’avons abordé ici que les insultes vulgaires, celles qui veulent véritablement blesser dans l’intention de celui qui les profère.
A savoir : l’injure et l’insulte sont, au Portugal comme en France, passibles d’amendes voire même de peines de prison.
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