voiture emigrante
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Azeiteiro, le beauf version portugaise

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Désormais, vous savez dire “beauf” en portugais. Très souvent, les émigrés portugais sont considérés comme des beaufs. On vous dit pourquoi !

Qu’est-ce qu’un beauf ?

Ce n’est pas que “beau-frère” en français. C’est une personne sans culture, une personne vulgaire, quelqu’un de limité intellectuellement. C’est l’image que l’on se fait du beauf, et bien sûr, c’est toujours l’autre. Qui voudrait être pris pour un “beauf” ? Personne.

Mais ils existent. En France, comme au Portugal.

Pourquoi “azeiteiro” ?

Au départ, le “azeiteiro”, c’était le vendeur d’huile d’olive ambulant. L’huile d’olive, quelque chose de très gras, l’empêchait littéralement d’être habillé correctement, d’être propre. C’était un travail déplaisant, sale, et qui, forcément, allait être réservé aux plus pauvres.

azeiteiro
Vendeur d’huile d’olive

Ceux qui ne pouvaient pas faire autrement, sans études, sans culture, sans richesse. Un métier pour des gens incapables de faire autre chose. Des abrutis dans l’esprit collectif. De plus, pour avertir de leur arrivée, les azeiteiros avaient des voitures qui faisaient beaucoup de bruit, remplies de bidons d’huile et d’autres choses à vendre.

Ils se faisaient remarquer.

L’huile dans les cheveux

Une autre explication pour l’origine du terme peut être trouvée dans les modes capillaires. L’habitude de certaines personnes très limitées de mettre de l’huile d’olive sur les cheveux pour se coiffer ! Trop pauvres pour s’acheter du gel ou de la laque, ils pensaient être mieux coiffés…

Par conséquent, on associait facilement ces personnes à l’odeur d’huile d’olive aux imbéciles du village… ou aux proxénètes ! Ceux-ci devaient être beaux et s’occuper de leur apparence.

Des imbéciles qui pensent être cools avec leur coiffure grasse… des beaufs donc !

Avecs et Azeiteiros

Pour rappel, les “avecs”, ce sont des portugais de l’étranger, en particulier ceux qui ont émigré en France, en Suisse, en Belgique ou encore au Luxembourg, dès lors qu’ils sont francophones.

Rappel : “avec” en portugais, ça se dit “com”. Un avec est donc un con.

Mais tous les émigrés ne sont pas des “avecs”. Il ne s’agit que d’une minorité très visible. Ceci est bien sûr une statistique au doigt mouillé, on ne trouvera jamais une statistique officielle sur le nombre de beaufs dans un pays !

voiture de azeiteiro
Nous avons ici un champion. Non, ce n’est pas sympa ni cool au Portugal d’arborer fièrement le logo de la FPF !

Les “avecs” sont donc les émigrés beaufs portugais en pays francophone européen. Nous avons des azeiteiros au Portugal, bien sûr, mais peut-être que proportionnellement, les émigrés ont encore plus de azeiteiros.

J’explique cela simplement : ceux qui sont partis avant les années 2000 n’étaient pas forcément les plus instruits.

Comment reconnaître un Azeiteiro ?

C’est compliqué de montrer du doigt quelqu’un et dire de lui qu’il est un beauf. Mais il y a quelques indices.

Rappel : nous sommes tous plus ou moins beauf, hein !

Méfiez-vous, certaines caractéristiques du “azeite emigrante” ne sont pas valables pour le “azeite português” :

  • La voiture est l’indice le plus simple pour ceux qui ont émigré. Pour un émigré azeiteiro, avoir le logo de la Fédération Portugaise de Football est un must. Au Portugal, personne n’envisagerait une seconde de le faire. La voiture est presque toujours allemande, achetée d’occasion.
  • Porter en pendentif un crucifix, ou pire, tout un chapelet (“terço” en portugais).
  • Porter des chaussettes dans des savates.

Vous pouvez également ajouter à ça ceux qui parlent en mauvais français au mois d’août, pour faire “plus chic”. Sauf qu’ils ne trompent personne.

Du côté des beaufs au Portugal, il y a quelques nuances, mais toutes valables également pour leurs compères émigrés :

  • Ecouter de la pimba (musique populaire, pensez à Patrick Sébastien).
  • Vous voyez les habits du beauf français ? Pareil. Chemise à fleur, belle moustache pour certains.
  • Foot et bière.
  • Benfiquista. Non je plaisante, les autres clubs sont tout aussi beaufs.

NON LA FPF N’EST PAS LE PORTUGAL

Et de toute façon, les symboles nationaux se respectent. Quand on voit un émigré qui exhibe fièrement un tapis chez lui avec les couleurs du drapeau portugais, a-t-il seulement conscience qu’il est en train de manquer de respect au Portugal ?

Non, ce n’est pas un hommage, mais une imbécillité. On ne marche pas sur le drapeau !


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