Vente de Banco CTT: le groupe veut céder le contrôle, ses bénéfices chutent de 40 %

Le groupe postal cherche un acquéreur pour le contrôle de sa filiale bancaire, tout en souhaitant rester actionnaire. Cette décision accompagne des résultats pénalisés par le recul des petits colis importés hors de l’Union européenne.

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Les CTT ont annoncé le 3 novembre 2026 le lancement d’un processus visant la vente de Banco CTT, dont ils détiennent 91,5 %. Ils souhaitent céder une participation de contrôle tout en restant partenaires de long terme. Le même soir, le groupe a publié un bénéfice net de 19,8 millions d’euros sur neuf mois, en baisse de 39,8 %.

Les CTT veulent céder le contrôle, mais conserver un lien avec la banque

Le conseil d’administration des CTT a décidé de rechercher un acheteur pour une participation de contrôle dans Banco CTT. Le groupe postal détient actuellement 91,5 % de l’établissement. Cependant, il n’annonce ni prix, ni identité d’acquéreur, ni délai pour conclure une opération. La vente reste donc un processus engagé, pas une transaction réalisée.

L’objectif porte sur le pouvoir de décision dans la banque, et non nécessairement sur la totalité des actions détenues. Les CTT souhaitent privilégier une solution maintenant leur présence au capital. Ils veulent également conserver un partenariat commercial durable, notamment grâce à l’utilisation de leur réseau pour développer les activités bancaires.

Le communiqué précise toutefois que l’opération devra respecter les obligations contractuelles entre les actionnaires actuels. Il ne détaille pas ces engagements ni la participation que les CTT souhaiteraient conserver. Ainsi, leur volonté de rester associés à Banco CTT constitue une préférence stratégique, et non une condition finale déjà négociée avec un acheteur.

Après Cajamar, une nouvelle étape dans un dossier ouvert depuis juillet

Le dossier avait pris une dimension publique le 21 juillet 2026. Les CTT avaient alors signalé une manifestation d’intérêt non sollicitée et non contraignante concernant Banco CTT. À cette date, ils jugeaient prématuré d’en déduire qu’une transaction ou un partenariat aboutirait. L’annonce de novembre marque donc une étape supplémentaire dans leur réflexion.

Entre-temps, les discussions avec le groupe espagnol Cajamar ont échoué. Le Jornal Económico situe leur arrêt au 4 septembre 2026, faute d’accord entre les parties. Le lancement actuel ne correspond donc pas à la conclusion de ces négociations: les CTT ouvrent désormais une recherche d’acquéreur dans le cadre d’une réévaluation de leurs options stratégiques.

Cette réflexion dépasse cependant les dernières semaines. Selon ECO, les CTT avaient déjà cédé une participation à Generali Tranquilidade en 2022, lors d’une opération valorisant la banque à 290 millions d’euros. Ce montant appartient à une transaction ancienne: il ne constitue ni le prix demandé aujourd’hui ni une valorisation actuelle de Banco CTT.

Des revenus en hausse, mais des coûts qui progressent davantage

Parallèlement, les résultats du groupe postal se dégradent. De janvier à septembre 2026, les CTT dégagent 19,8 millions d’euros de bénéfice net, soit un recul de 39,8 %. Pourtant, leurs revenus progressent de 9,2 %, à 994,7 millions d’euros. Les coûts opérationnels augmentent plus rapidement, de 12,1 %, pour atteindre 870,3 millions d’euros.

La hausse des revenus ne traduit toutefois pas uniquement une progression des activités existantes. Le communiqué financier des CTT précise qu’elle intègre les effets de consolidation de Cacesa et DHL Parcel Portugal. En retraitant la comparaison pour tenir compte de ces changements de périmètre, la croissance des revenus ressort à 3,1 %, contre 9,2 % dans les comptes publiés.

L’écart entre activité et rentabilité apparaît aussi dans le résultat opérationnel récurrent, appelé EBIT récurrent. Cet indicateur mesure le résultat avant intérêts et impôts, en écartant certains éléments spécifiques. Il recule de 20,5 %, à 58,9 millions d’euros. Il ne faut donc pas le confondre avec le bénéfice net restant finalement aux actionnaires.

Les petits colis hors UE bouleversent les prévisions annuelles

Le changement douanier européen frappe directement les flux du commerce en ligne. Depuis le 1er juillet 2026, un droit temporaire de trois euros concerne les petits envois importés de pays extérieurs à l’Union européenne, jusqu’à 150 euros. Cette mesure met fin à l’ancienne franchise douanière, souvent désignée par l’expression latine de minimis.

La Commission européenne précise que le calcul dépend des catégories tarifaires présentes, et non simplement du nombre d’objets. Son exemple distingue cinq tee-shirts, soumis à trois euros, de trois tee-shirts accompagnés d’une montre, soumis à six euros. Le vendeur ou l’importateur assure la déclaration et le paiement dans le cadre du dédouanement.

Selon les chiffres rapportés par ECO, les volumes de colis hors Union européenne livrés par les CTT chutent de 43 % au troisième trimestre. Le groupe abaisse ainsi sa prévision annuelle d’EBIT récurrent à 80–85 millions d’euros. En juillet, il visait encore 115–125 millions, après une première révision à la baisse.

Le commerce électronique pèse sur les marges, le courrier amortit le choc

Le choc ne se limite pas au nombre de colis transportés. Les CTT expliquent que la baisse des flux transfrontaliers réduit l’utilisation de leurs capacités existantes. Par ailleurs, les activités qui prennent le relais présentent une organisation différente. La croissance d’autres segments compense donc partiellement les revenus perdus, sans préserver automatiquement la même rentabilité.

Dans le commerce électronique, le résultat opérationnel récurrent atteint 18,9 millions d’euros sur neuf mois, en baisse de 48,2 %. En revanche, la branche Courrier et Services améliore cet indicateur de 12,8 %, à 21,4 millions. La distribution de produits d’épargne en dette publique soutient notamment cette résistance, sans suffire à effacer le recul logistique.

Banco CTT développe ses dépôts et ses crédits malgré un bénéfice inférieur

Banco CTT présente un profil différent de celui de sa maison mère. La banque réalise 13,8 millions d’euros de bénéfice net consolidé sur les neuf premiers mois de 2026. Ce résultat baisse de 9 % par rapport aux 15,1 millions enregistrés un an auparavant. Cependant, le résultat avant impôts reste presque stable, à 18,3 millions d’euros.

Selon le Jornal Económico, la charge d’impôt sur le résultat augmente de 30 %. Les coûts progressent aussi de 11 %, dans un contexte de renforcement commercial. La banque emploie 755 personnes, soit 19 % de plus sur un an. Cette expansion explique une partie de la pression sur les bénéfices, malgré la hausse des recettes bancaires.

Les dépôts atteignent environ 4,7 milliards d’euros, en progression de 12 % par rapport à septembre 2025. Le crédit net à la clientèle s’établit à 2,252 milliards, soit 13 % de plus depuis décembre 2025. Ces comparaisons utilisent donc des dates de départ différentes: elles signalent toutes deux une expansion, mais ne mesurent pas une croissance sur une période identique.

Pour les clients, aucun changement contractuel annoncé à ce stade

La qualité du crédit évolue également. Le ratio de prêts non performants, c’est-à-dire les crédits présentant des difficultés de remboursement, passe de 5,4 % en décembre 2025 à 4,8 %. Toutefois, une vente de créances dégradées au troisième trimestre contribue à cette amélioration. La baisse ne résulte donc pas uniquement d’une meilleure situation des emprunteurs.

Pour les clients, l’annonce actuelle concerne d’abord l’actionnariat de la banque. Elle ne présente aucun nouveau tarif, aucune fermeture d’agence ni aucune modification de contrat bancaire. Le souhait des CTT de maintenir l’utilisation de leur réseau constitue un élément important du projet, mais les modalités dépendront d’un éventuel accord avec le futur acquéreur.

Les prochaines précisions devront donc porter sur l’acheteur, le prix et la participation conservée par les CTT. Le groupe s’engage à informer le marché d’une éventuelle conclusion du processus. D’ici là, rien ne permet de chiffrer le produit d’une vente ni de déterminer les conditions commerciales du partenariat bancaire que les CTT souhaitent préserver.

Les CTT ouvrent la voie à un changement de contrôle de Banco CTT, sans avoir annoncé ni acquéreur ni calendrier. La banque continue de développer son activité, tandis que le groupe postal doit adapter sa logistique à la nouvelle donne douanière. Le prix de cession et le futur partenariat restent les principales inconnues.


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