Portugal: l’excédent de la Sécurité sociale atteint 5,97 milliards à fin septembre 2026

Segurança Social

Les recettes sociales progressent nettement plus vite que les dépenses jusqu’à fin septembre 2026. Mais cette amélioration ne compense pas la dégradation du résultat de l’administration centrale, notamment affecté par des règlements de dettes sanitaires.

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L’excédent de la Sécurité sociale portugaise atteint 5,97 milliards d’euros à fin septembre 2026, contre 4,75 milliards un an auparavant. Les données publiées le 30 octobre montrent pourtant une évolution inverse pour l’ensemble des administrations publiques: leur excédent recule à 5,064 milliards d’euros.

Un excédent social supérieur de 1,22 milliard à celui de 2025

Entre janvier et septembre 2026, la Sécurité sociale portugaise dégage un excédent de 5 967,7 millions d’euros. Sur la même période de 2025, celui-ci atteignait 4 745,4 millions. L’amélioration représente donc 1 222,3 millions d’euros, soit environ 25,8 %, selon les chiffres de l’Entidade Orçamental relayés par Lusa et RTP.

Cette progression décrit un écart croissant entre les recettes et les dépenses sur les neuf premiers mois. Elle ne signifie pas que la Sécurité sociale a réduit ses dépenses: celles-ci augmentent également. Cependant, les recettes avancent plus rapidement, ce qui explique mécaniquement l’élargissement du solde positif.

Il faut aussi distinguer le niveau du solde et son évolution. Les 5,97 milliards correspondent à l’excédent cumulé depuis janvier, non à une recette supplémentaire reçue en septembre. Le gain par rapport à 2025 représente, lui, environ 1,22 milliard. Ces deux montants répondent donc à des questions différentes.

Les recettes progressent plus de deux fois plus vite que les dépenses

Les recettes effectives de la Sécurité sociale atteignent 35 373,4 millions d’euros, contre 33 434,5 millions un an auparavant. Cela représente une progression de 1 938,9 millions, soit environ 5,8 %. En parallèle, les dépenses effectives passent de 28 689,1 à 29 405,6 millions d’euros, soit une hausse d’environ 2,5 %.

Ainsi, les recettes supplémentaires dépassent largement les dépenses supplémentaires, qui représentent 716,5 millions d’euros. C’est ce décalage qui améliore le résultat. La différence est importante: une hausse de l’excédent peut accompagner une augmentation des prestations versées, dès lors que les ressources progressent davantage.

En revanche, les montants globaux publiés ne suffisent pas à identifier précisément les moteurs des recettes. Ils ne permettent notamment pas de répartir leur hausse entre cotisations, transferts et autres ressources. Attribuer tout le gain à l’emploi, aux salaires ou à une catégorie de travailleurs dépasserait donc les informations disponibles.

Des évolutions contrastées selon les prestations

Derrière la hausse globale des dépenses, certaines lignes évoluent beaucoup plus fortement. Le complément extraordinaire destiné aux enfants et aux jeunes augmente de 42,7 %. Le complément de la prestation sociale pour l’inclusion progresse de 38,7 %, tandis que les mesures exceptionnelles et temporaires liées à la Covid-19 affichent une hausse de 33 %.

À l’inverse, la ligne du supplément extraordinaire de pension recule de 100 %. Celle des pensions destinées aux bénéficiaires du dispositif des anciens combattants diminue de 27,2 %. Ces variations concernent des rubriques précises: elles ne décrivent ni l’ensemble des pensions ni l’évolution de toutes les aides sociales.

Ces pourcentages demandent toutefois une précaution: sans montant en euros, leur poids dans la dépense totale reste inconnu. Une petite rubrique peut augmenter fortement sans expliquer l’essentiel du mouvement général. De même, le recul d’un paiement exceptionnel ne suffit pas à établir une modification permanente du dispositif concerné.

Pourquoi l’excédent public recule malgré la Sécurité sociale

Dans le même temps, le solde global des administrations publiques reste positif, mais se dégrade. Il atteint 5 064 millions d’euros à fin septembre, contre environ 6 303 millions un an auparavant. La diminution précise communiquée par l’Entidade Orçamental s’élève à 1 238,5 millions d’euros.

Le terme « État » employé dans la présentation de ce résultat désigne ici l’ensemble des administrations publiques. Il ne faut donc pas confondre ce périmètre avec la seule administration centrale. La Sécurité sociale constitue une composante des comptes publics: son amélioration peut coexister avec une détérioration plus forte ailleurs.

Il ne faut pas non plus additionner les 5,97 milliards d’excédent social aux 5,064 milliards d’excédent public. Ces montants ne correspondent pas à deux résultats indépendants. Leur comparaison montre plutôt que la bonne tenue de la Sécurité sociale amortit la dégradation d’autres composantes, sans suffire à maintenir le résultat global de 2025.

Les règlements de dettes du SNS pèsent sur l’administration centrale

L’administration centrale explique la détérioration du solde public mise en avant dans la publication. Son résultat diminue de 2 902,6 millions d’euros sur un an. Toutefois, une partie importante de cette évolution provient des paiements destinés à régulariser des dettes du SNS, le Service national de santé portugais.

Sans cet effet, la baisse du solde de l’administration centrale atteindrait encore 1 674,5 millions d’euros. L’écart entre les deux présentations représente environ 1 228,1 millions. Les règlements de dettes sanitaires pèsent donc sensiblement sur la comparaison annuelle, mais ils n’expliquent pas à eux seuls toute la dégradation.

Cette distinction évite de confondre un règlement de dettes avec une augmentation équivalente de l’activité médicale pendant la période. Les informations publiées ne détaillent cependant ni les créanciers concernés ni l’ancienneté des sommes régularisées. Elles ne permettent donc pas de mesurer l’effet de ces paiements sur les délais de règlement des établissements.

Un résultat de trésorerie, pas encore le bilan de 2026

Ces résultats relèvent de la comptabilité publique, qui enregistre les encaissements et les paiements au moment de leur réalisation. La comptabilité nationale retient une logique économique, indépendamment du mouvement d’argent. Le portail budgétaire officiel explique cette différence de calendrier, essentielle pour interpréter un règlement de dettes anciennes.

Par exemple, dans une situation hypothétique, une facture ancienne réglée en septembre affecte les paiements de septembre. Son traitement en comptabilité nationale peut correspondre à une autre période. Ainsi, deux soldes calculés selon ces méthodes peuvent différer sans contradiction: ils ne datent pas nécessairement les mêmes opérations de la même manière.

Enfin, un excédent mesure la différence entre recettes et dépenses sur une période donnée, rappelle la Banque du Portugal. Le résultat arrêté à septembre ne constitue donc ni un bilan annuel ni une évaluation de l’équilibre futur des retraites. Les opérations d’octobre à décembre restent nécessaires pour connaître l’issue de l’exercice 2026.

La Sécurité sociale termine les neuf premiers mois de 2026 avec un excédent renforcé, malgré des dépenses en hausse. À l’inverse, l’ensemble des administrations publiques conserve un solde positif moins élevé qu’en 2025. Les prochains mois permettront de déterminer si ces trajectoires se prolongent jusqu’à la clôture annuelle.


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