Tekever au Danemark: une base à Odense et le soutien du fonds public EIFO

drone tekkever

Le constructeur portugais prépare sa première implantation nordique à Odense. Le fonds public danois EIFO s’engage à investir environ 13 millions d’euros dans son financement international.

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Tekkever est peut être la plus grande fierté industrielle du Portugal. L’entreprise gagne des contrats à la chaîne à l’étranger, sur de la technologie de pointe comme peuvent l’être les drones de surveillance.

C’est avec des Tekkever que le Portugal va améliorer le sort des Portugais. Bon, il ne faut pas dire trop fort que ce sont surtout les militaires qui achètent des drones Tekkever…

Tu peux être fier, José, sans distribuer tout de suite les médailles ! Tekever travaille aussi pour la surveillance maritime civile, notamment avec l’Agence européenne pour la sécurité maritime : ses drones ne portent donc pas tous l’uniforme. (tekever.com) En revanche, les éléments disponibles ne permettent ni d’affirmer que les militaires représentent la majorité de ses clients, ni de chiffrer les retombées de cette implantation danoise pour les Portugais.

L’arrivée de Tekever au Danemark associe une implantation opérationnelle et un nouvel investisseur public. Annoncé le 6 novembre 2026, le projet vise Odense et doit avancer par étapes. EIFO prévoit d’y accompagner la croissance du fabricant portugais avec environ 13 millions d’euros, intégrés à une levée internationale de 580 millions de dollars.

À Odense, une implantation annoncée mais encore en construction

Tekever a choisi Odense pour établir sa première présence opérationnelle dans la région nordique. Selon ECO, cette implantation prolonge son expansion après l’Estonie et l’Allemagne, où l’entreprise dispose d’un centre à Munich. L’objectif affiché dépasse cependant le seul marché danois: cette base doit faciliter les relations avec les clients et partenaires de toute la région.

Le calendrier mérite néanmoins une précision. Le communiqué du constructeur, daté du 6 novembre, décrit une implantation encore en préparation, plutôt qu’un site entièrement déployé. Tekever travaille notamment à la création d’une entité danoise, à l’organisation des activités locales et aux préparatifs de recrutement. Des accords avec des partenaires locaux progressent également.

Ricardo Mendes, directeur général de Tekever, prévoit donc un développement par étapes, selon la demande et les autorisations nécessaires. Aucun effectif, calendrier détaillé ou montant d’investissement propre au site n’accompagne l’annonce. Il serait ainsi prématuré de présenter Odense comme une nouvelle usine de drones déjà en fonctionnement.

EIFO apporte environ 13 millions d’euros, pas 500 millions

L’implantation s’accompagne de l’arrivée d’EIFO, le Fonds danois d’exportation et d’investissement, au capital de Tekever. Le constructeur précise que l’organisme a signé un engagement d’investissement. Cette participation doit intervenir lors d’une nouvelle clôture de sa levée de fonds de série D, c’est-à-dire une nouvelle étape de réalisation du financement.

ECO indique que le montant de cette participation n’a pas été divulgué. Toutefois, EIFO apporte une précision dans sa propre communication du 6 novembre: près de 100 millions de couronnes danoises. Sa présentation en anglais retient environ 13 millions d’euros. Ce chiffre concerne l’apport danois, et non la totalité de la levée.

Il faut également distinguer cette entrée au capital d’une commande de drones. L’annonce porte sur le financement de la croissance de Tekever et sur son rapprochement avec le tissu industriel danois. Elle ne fournit ni contrat d’achat militaire danois, ni quantité d’appareils commandés, ni calendrier de livraison associé à cette implantation.

Une série D engagée depuis septembre 2026

Le financement global dans lequel s’inscrit cette participation atteint, selon Tekever, 580 millions de dollars. L’entreprise avait annoncé une première clôture le 23 septembre 2026, sur la base d’une valorisation de 6,4 milliards de dollars. L’arrivée d’EIFO constitue donc une étape supplémentaire d’une opération déjà engagée, et non une levée entièrement nouvelle.

La première clôture couvrait la majorité du financement, précisait alors le constructeur. UC Investments et Baillie Gifford la dirigeaient, avec Merlyn Advisors comme nouvel investisseur stratégique. Les actionnaires Crescent Cove, Ventura Capital et Iberis Capital participaient également. Tekever prévoyait dès septembre d’autres clôtures pour accueillir de nouveaux investisseurs stratégiques dans les mois suivants.

Les présentations en euros ne retiennent pas exactement le même arrondi: ECO évoque environ 550 millions, contre environ 500 millions chez EIFO. Le montant en dollars constitue donc le repère le plus clair. Par ailleurs, la valorisation de l’entreprise ne représente pas une somme versée: elle reste distincte des capitaux apportés lors du financement.

Pourquoi le pôle de recherche et d’essais d’Odense compte

Le choix d’Odense repose notamment sur ses compétences en robotique, en essais de drones et en recherche. La ville ne constitue donc pas seulement une adresse commerciale. Tekever recherche un environnement où ses équipes pourront échanger avec des entreprises spécialisées, des chercheurs et des profils techniques, avec le soutien de la municipalité.

L’Université du Danemark du Sud dispose ainsi d’un centre consacré aux drones, créé en 2015. Ses équipes travaillent sur le campus d’Odense et à l’aéroport HCA voisin. Leurs spécialités comprennent la conception, la robotique, la vision par ordinateur, les logiciels et les systèmes embarqués, ces équipements informatiques intégrés aux appareils.

Le centre universitaire décrit des laboratoires et un espace aérien d’essais de 1 900 kilomètres carrés, en coopération avec UAS Denmark. Ses recherches concernent notamment l’inspection, l’énergie et les secours. Ces installations expliquent l’intérêt technique du territoire, mais leur présence ne confirme pas, à elle seule, un accord particulier d’utilisation par Tekever.

La surveillance énergétique en mer, une piste encore exploratoire

Tekever identifie des possibilités de coopération dans la défense, la sécurité et la technologie. L’entreprise souhaite aussi examiner la surveillance d’infrastructures énergétiques critiques en mer avec des acteurs danois. Elle présente cette piste comme une utilisation possible de ses systèmes à double usage, capables de répondre à des besoins civils comme militaires.

Cette perspective reste cependant exploratoire. Aucun exploitant, équipement énergétique précis ou contrat de surveillance ne figure dans l’annonce. Il ne faut donc pas transformer une intention de collaboration en mission déjà attribuée. Le périmètre technique, les moyens engagés et les conditions d’éventuelles opérations devront encore être précisés.

L’expansion danoise suit d’autres avancées internationales récentes. Le 26 octobre 2026, Tekever avait annoncé une acquisition de ses systèmes par le commandement américain des opérations spéciales. Cette vente aux forces spéciales américaines suivait des essais et des formations, mais son montant, le nombre d’appareils et leur modèle n’avaient pas été communiqués.

Des ambitions industrielles dont les retombées restent à préciser

Pour EIFO, l’investissement répond également à une ambition industrielle danoise. Son directeur général, Peder Lundquist, met en avant les possibilités de coopération technologique et de participation locale à la défense européenne. L’enjeu consiste donc à rapprocher une entreprise étrangère du Danemark, tout en soutenant sa capacité à développer ses activités.

Cette opération appartient à un engagement plus large d’EIFO dans la défense et la sécurité. L’organisme indique avoir investi environ un milliard de couronnes danoises dans ces domaines. Il souhaite porter son activité annuelle dans ce secteur d’environ 300 millions de couronnes en 2024 à environ trois milliards en 2030: il s’agit d’un objectif, pas d’un résultat acquis.

Pour le fabricant portugais, la suite dépendra désormais de réalisations concrètes: constitution de l’entité locale, recrutements et accords industriels. Les annonces disponibles ne permettent pas encore de mesurer les emplois créés ou l’activité future à Odense. Elles ne précisent pas non plus les conséquences de cette expansion sur les effectifs ou les capacités de production au Portugal.

Tekever dispose désormais d’un soutien financier danois pour préparer son déploiement progressif à Odense. L’étape suivante sera de donner une dimension concrète à cette présence: équipes recrutées, partenariats conclus et activités effectivement lancées. À ce stade, ni une usine opérationnelle ni une commande danoise de drones ne sont annoncées.


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