Ruben Alves filme Santo António, Lisbonne et les traditions bousculées par le tourisme

Ruben Alves filme Santo António, Lisbonne et les traditions bousculées par le tourisme

Le réalisateur Ruben Alves sort « Santo António: o Casamenteiro de Lisboa », porté par Rita Blanco et Joaquim de Almeida. Le film s’appuie sur la figure populaire de Santo António pour raconter une capitale où les rites locaux peinent à garder leur place.

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« Santo António: o Casamenteiro de Lisboa » arrive dans les salles portugaises cette semaine, avec une sortie annoncée pour le 10 septembre. Ruben Alves y met en scène Lisbonne à travers l’un de ses symboles les plus familiers: Santo António, le saint associé aux mariages et aux fêtes populaires de juin.

Santo António, un personnage idéal pour parler de Lisbonne

Le titre du film renvoie à une tradition très ancrée dans l’imaginaire lisboète: Santo António est souvent présenté au Portugal comme le « saint marieur ». À Lisbonne, son image dépasse largement le cadre religieux. Elle est liée aux quartiers populaires, aux marches, aux sardines grillées, aux autels de rue et aux mariages de Santo António, célébrés autour du 13 juin. En choisissant cette figure, Ruben Alves ne part donc pas d’un simple folklore décoratif: il utilise un symbole immédiatement reconnaissable pour parler d’attachement, de mémoire collective et de transmission.

Rita Blanco et Joaquim de Almeida dans un récit entre comédie et mélancolie

Le film réunit Rita Blanco et Joaquim de Almeida, deux visages majeurs du cinéma portugais, dans un récit présenté comme un portrait de Lisbonne. Ruben Alves, connu pour son regard sur les liens familiaux, l’émigration et les identités partagées, semble ici déplacer son attention vers la ville elle-même. Le Jornal de Notícias a résumé l’un des axes du film à travers une déclaration du réalisateur: « Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus seuls ». Cette idée éclaire le choix de Santo António: le saint marieur devient un moyen de parler du besoin de lien dans une capitale transformée par la pression économique, la circulation permanente des visiteurs et l’éloignement progressif de certaines formes de voisinage.

Une Lisbonne où la tradition résiste à la pression touristique

Selon la présentation de RTP, « Santo António: o Casamenteiro de Lisboa » montre une ville où la tradition tente de survivre face à la montée du tourisme. Le sujet touche un point sensible à Lisbonne: la capitale reste l’une des vitrines culturelles du Portugal, mais une partie de ses quartiers historiques a été profondément remodelée par les locations de courte durée, les commerces tournés vers les visiteurs et la hausse du coût du logement. Dans ce contexte, les fêtes populaires ne sont pas seulement un décor estival; elles posent la question de ce qui reste vivant lorsqu’une tradition devient aussi un produit d’appel touristique.

Une sortie portugaise fixée au 10 septembre

La sortie est annoncée pour le 10 septembre au Portugal, date confirmée par les informations de programmation relayées par Cardápio. Le film arrive donc hors de la période des fêtes de Santo António, traditionnellement concentrées en juin, ce qui peut lui permettre d’être reçu moins comme un film de saison que comme une réflexion sur Lisbonne et sur la place des traditions populaires dans la ville contemporaine. Les informations disponibles ne précisent pas encore l’éventuel calendrier d’exploitation en France ou dans d’autres pays francophones.


Avec « Santo António: o Casamenteiro de Lisboa », Ruben Alves s’empare d’un symbole très lisboète pour raconter une ville prise entre mémoire populaire, solitude contemporaine et transformation touristique. La sortie portugaise du 10 septembre permettra de mesurer comment ce mélange de tradition, de comédie et de regard social est accueilli par le public.


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