La participation détenue par Pontegadea, le véhicule d’investissement du fondateur de Zara, passe dans les mains de Parpública. L’opération marque le retour direct de l’État au capital de REN, opérateur clé des réseaux énergétiques portugais.
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L’État portugais a finalisé l’achat de 13,7 % du capital de REN à Pontegadea, la société d’investissement d’Amancio Ortega. La transaction, d’environ 380 millions d’euros, a été réalisée par Parpública hors marché et confirmée dans une communication à la CMVM, le régulateur portugais des marchés financiers.
Une opération directe portant sur plus de 91 millions d’actions
La vente concerne 91 723 676 actions REN, correspondant à 13,7 % du capital social de l’entreprise. Le vendeur est Pontegadea, holding d’investissement liée à Amancio Ortega, fondateur du groupe Inditex, propriétaire notamment de Zara. L’acheteur est Parpública, société publique portugaise qui gère des participations de l’État. L’opération a été conclue sous la forme d’une transaction directe et hors marché. Elle ne correspond donc pas à des achats progressifs en Bourse, mais à un transfert négocié entre le vendeur et l’acheteur. Selon les informations publiées, la condition suspensive liée à l’aval du Tribunal des comptes portugais a été remplie, ce qui a permis de finaliser la vente.
Un prix supérieur à la valeur de marché au moment de l’achat
Le montant annoncé avoisine 380 millions d’euros. D’après les éléments rapportés par la RTP et Renascença, ce prix dépasse d’environ 55 millions d’euros la valeur de marché de la participation au moment de l’opération. Cet écart sera l’un des points les plus observés politiquement et financièrement. Pour l’État, l’argument central tient au caractère stratégique de REN, qui exploite des infrastructures essentielles au fonctionnement du système énergétique portugais. Pour les contribuables, la question concrète est celle du prix payé pour reprendre une position minoritaire significative dans une entreprise cotée.
Pourquoi REN est un actif stratégique au Portugal
REN, pour Redes Energéticas Nacionais, joue un rôle central dans les infrastructures énergétiques du pays. L’entreprise est associée au transport d’électricité à très haute tension et aux grandes infrastructures de gaz naturel, des réseaux qui ne relèvent pas d’une activité commerciale ordinaire mais de services indispensables à la sécurité d’approvisionnement. Avec 13,7 %, l’État ne reprend pas le contrôle total de REN. Il devient toutefois un actionnaire de poids, capable de peser davantage dans les équilibres de gouvernance et dans les grandes orientations d’une société qui intervient dans un secteur sensible. La portée exacte de cette influence dépendra notamment de la composition du reste de l’actionnariat et des décisions à venir en assemblée générale.
Le retour de l’État au capital de REN douze ans après
L’opération est aussi symbolique: selon TVI, elle marque le retour de l’État portugais au capital de REN douze ans après sa sortie. Ce retour intervient dans un contexte européen où les infrastructures énergétiques sont regardées comme des actifs stratégiques, en raison des enjeux de sécurité, de transition énergétique et de souveraineté économique. La vente acte également la sortie de Pontegadea de cette participation. Pour Amancio Ortega, il s’agit d’un désengagement d’un actif portugais important; pour Lisbonne, d’un renforcement de la présence publique dans une entreprise située au cœur des réseaux d’énergie.
La transaction est désormais finalisée: Parpública détient 13,7 % de REN après un achat évalué à environ 380 millions d’euros. Les prochaines étapes à suivre seront la réaction du marché, les éventuelles explications du gouvernement sur le prix payé et la manière dont l’État utilisera cette nouvelle position dans la gouvernance de l’entreprise.
Sources utilisées
Sources du jour
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