PSP: deux agents jugés à Faro et l’enquête pour torture prolongée à Lisbonne

Police

Deux dossiers judiciaires distincts visent des agents de la Polícia de Segurança Pública. Dans l’Algarve, un procès doit s’ouvrir le 8 septembre; à Lisbonne, l’enquête sur des violences présumées dans le poste du Rato dispose de six mois supplémentaires.

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Deux agents de la PSP d’Olhão doivent être jugés à partir du 8 septembre au tribunal de Faro pour le séquestre et l’homicide d’un citoyen marocain, mort à l’hôpital après des violences présumées en mars 2024. Parallèlement, l’enquête sur des faits de torture attribués à des agents du poste PSP du Rato, à Lisbonne, a été prolongée de six mois, le ministère public estimant que le nombre de policiers impliqués pourrait être nettement plus élevé qu’envisagé au départ.

À Faro, un procès centré sur la mort d’un Marocain à Olhão

Le dossier jugé à Faro concerne deux agents de la PSP d’Olhão accusés de séquestre et d’homicide. Les faits remontent à mars 2024. Selon les éléments communiqués dans la procédure, la victime, un citoyen marocain, aurait été menottée puis agressée dans un chemin isolé avant d’être transportée à l’hôpital, où elle est décédée. Le procès doit commencer le 8 septembre au tribunal de Faro. À ce stade, les deux agents sont accusés mais restent présumés innocents jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.

Ce que l’audience devra établir

Le tribunal devra examiner la chaîne des faits: les circonstances de l’interpellation ou du contact initial avec la victime, le lieu où elle aurait été emmenée, le rôle précis de chacun des deux agents, la nature des violences reprochées et le lien entre ces violences présumées et le décès. Le chef de séquestre suppose que la victime ait été privée illégalement de liberté; celui d’homicide oblige à déterminer si les actes imputés aux agents ont directement causé la mort ou y ont contribué. Les audiences seront donc déterminantes pour confronter l’accusation, les expertises médicales, les témoignages et la défense des policiers.

À Lisbonne, l’enquête sur la brigade du Rato s’élargit

Dans un autre dossier, distinct de celui d’Olhão, l’enquête sur des faits de torture présumés au sein de la PSP du Rato, à Lisbonne, a été prolongée de six mois par décision judiciaire. La procureure chargée de l’enquête a demandé davantage de temps en avançant deux éléments importants: certains suspects seraient encore en fuite et le nombre d’agents impliqués pourrait être « beaucoup plus élevé » que prévu initialement. Cette prolongation signifie que le ministère public n’est pas encore en mesure de clore l’enquête, que ce soit par une accusation, un classement ou d’autres décisions procédurales.

Deux affaires distinctes, une pression accrue sur le contrôle interne de la police

Les deux procédures ne portent pas sur les mêmes faits, ni sur les mêmes unités, ni sur les mêmes villes. Elles concernent toutefois la même force de police, la PSP, compétente notamment dans les zones urbaines du Portugal. Dans les deux cas, la justice devra établir des responsabilités individuelles, sans confondre accusation pénale et condamnation. Mais ces dossiers posent aussi une question institutionnelle concrète: la capacité à détecter, documenter et sanctionner d’éventuels abus commis par des agents en fonction, en particulier lorsque les faits reprochés impliquent une privation de liberté, des violences physiques ou une personne placée sous contrôle policier.


Les prochaines étapes sont désormais judiciaires: ouverture du procès à Faro le 8 septembre pour les deux agents d’Olhão, et poursuite des investigations à Lisbonne pendant six mois dans le dossier du Rato. Dans les deux cas, les décisions à venir dépendront des preuves réunies et de la capacité du ministère public à établir les responsabilités individuelles devant le juge.

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