Les exportations portugaises progressent de 6,5 % au troisième trimestre 2026

Les exportations portugaises progressent de 6,5 % au troisième trimestre 2026

Les ventes de biens à l’étranger augmentent plus vite que les achats au troisième trimestre 2026. Mais le ralentissement global masque une croissance presque inchangée des exportations hors travaux sur commande.

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Les exportations portugaises de biens ont progressé de 6,5 % sur un an entre juillet et septembre 2026. Les importations ont augmenté de 3,6 %, selon l’estimation rapide de l’Institut national de la statistique, publiée le 29 octobre. Ces résultats portent sur les montants échangés, et non directement sur les volumes.

Une croissance annuelle plus forte pour les ventes à l’étranger

Entre juillet et septembre 2026, les exportations portugaises de biens ont augmenté de 6,5 % par rapport aux mêmes mois de 2025. Les importations ont progressé de 3,6 %. L’estimation rapide publiée par l’INE le 29 octobre décrit donc une croissance des deux flux, plus soutenue pour les ventes à l’étranger.

L’écart entre les deux taux atteint ainsi 2,9 points de pourcentage. Cependant, cette comparaison porte sur une évolution annuelle: elle ne signifie pas que les exportations dépassent les importations en euros. Elle ne mesure pas non plus la variation des échanges entre le deuxième et le troisième trimestre.

Un ralentissement global par rapport au printemps

La progression reste positive, mais elle ralentit par rapport aux taux annuels du printemps. Au deuxième trimestre 2026, les exportations augmentaient de 10,3 % et les importations de 8,7 %. Le ralentissement atteint donc respectivement 3,8 et 5,1 points de pourcentage, d’après les chiffres de comparaison présentés par l’INE.

Croissance annuelle des échanges de biens en 2026

PérimètreDeuxième trimestreTroisième trimestre
Exportations totales+10,3 %+6,5 %
Importations totales+8,7 %+3,6 %
Exportations hors TTE+10,8 %+10,9 %
Importations hors TTE+12,6 %+7,4 %

Ces taux comparent chaque trimestre à la même période de 2025, en valeur nominale. Ainsi, parler de ralentissement ne revient pas à annoncer une baisse des montants échangés entre avril-juin et juillet-septembre. Pour établir cette dernière évolution, il faudrait une comparaison trimestrielle adaptée, notamment aux variations saisonnières.

Hors travaux sur commande, les exportations gardent leur rythme

L’INE publie également une mesure excluant les TTE, des mouvements liés à des travaux réalisés sur commande, sans transfert de propriété. Dans ce périmètre, les exportations augmentent de 10,9 % et les importations de 7,4 %. Les deux progressions dépassent donc celles observées pour l’ensemble des échanges.

Un exemple hypothétique permet de comprendre cette distinction. Une entreprise étrangère peut envoyer une matière au Portugal pour la faire transformer, puis récupérer le produit fini. La marchandise traverse alors la frontière dans les deux sens, mais elle conserve le même propriétaire. Son déplacement ne correspond donc pas nécessairement à une vente classique.

La comparaison change sensiblement pour les exportations hors TTE: leur croissance reste presque stable, passant de 10,8 % à 10,9 %. En revanche, les importations hors TTE ralentissent nettement, de 12,6 % à 7,4 %. Le freinage des ventes extérieures n’apparaît donc pas dans les deux périmètres de la même manière.

Une hausse en euros ne signifie pas autant de marchandises supplémentaires

Les chiffres annoncés mesurent des valeurs nominales, c’est-à-dire les montants aux prix de la période considérée. Or, une hausse en euros peut résulter de quantités supplémentaires, de prix plus élevés ou d’une combinaison des deux. Eurostat distingue précisément les indices de valeur, de prix et de volume pour analyser ces mouvements.

Prenons un exemple purement hypothétique: une entreprise vend exactement les mêmes quantités qu’un an auparavant, mais augmente ses prix de 6,5 %. Ses ventes progressent alors de 6,5 % en valeur, sans croissance des quantités. Le taux national ne permet donc pas, à lui seul, de conclure que les usines portugaises ont produit davantage.

De même, le résultat ne démontre pas automatiquement un gain de compétitivité. Pour apprécier cette dimension, il faudrait notamment connaître les volumes, les produits concernés et l’évolution des marchés clients. L’estimation rapide fournit un signal d’activité commerciale, mais elle ne décompose pas les causes de la hausse.

Le déficit commercial ne se déduit pas des seuls pourcentages

Le solde commercial correspond à la différence entre exportations et importations. Toutefois, les taux de croissance ne suffisent pas à calculer sa variation: chacun s’applique à un montant de départ différent. Les statistiques européennes distinguent ainsi les valeurs échangées, les quantités et les soldes commerciaux.

Supposons, à titre hypothétique, des exportations initiales de 100 euros et des importations de 200 euros. Avec les taux annoncés, elles atteindraient respectivement 106,50 et 207,20 euros. Le déficit passerait alors de 100 à 100,70 euros, malgré une croissance plus rapide des exportations. Cet exemple ne décrit pas les montants portugais.

Il faut donc disposer des montants effectifs pour établir l’évolution du déficit trimestriel. La même prudence s’impose pour le périmètre hors TTE: ses taux supérieurs ne prouvent pas, seuls, un meilleur solde. Ils décrivent une autre composition des flux, et non une amélioration automatique de tous les indicateurs.

Un premier signal sur les biens, pas un bilan de toute l’économie

Le périmètre annoncé concerne exclusivement les biens. Il ne constitue donc pas un bilan de toutes les ventes portugaises à l’étranger, puisqu’il ne couvre pas les services. Par exemple, les recettes associées aux voyages internationaux relèvent d’un autre ensemble statistique que les marchandises.

Enfin, l’INE présente ces résultats comme une estimation rapide. Les données détaillées devront permettre d’identifier les produits et les partenaires commerciaux qui expliquent l’évolution. En attendant, les chiffres publiés ne permettent pas d’attribuer la hausse à une industrie précise, ni d’en déduire une contribution chiffrée à la croissance économique.

Les échanges portugais restent en progression en valeur au troisième trimestre 2026, avec un avantage de rythme pour les exportations. Cependant, les volumes, le solde commercial et les moteurs sectoriels demandent des données complémentaires. La distinction entre échanges totaux et flux hors TTE reste essentielle pour comprendre ce ralentissement.


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