Arrivé à la tête des Bleus en 2024, le technicien portugais a remporté une finale mondiale inédite contre l’Argentine. Derrière ce succès se trouvent une génération expérimentée et un parcours d’entraîneur construit entre le Sporting et Tomar.
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Le Portugais Nuno Lopes est devenu champion du monde avec l’équipe de France masculine de rink hockey, victorieuse de l’Argentine aux tirs au but au Paraguay. Nommé en 2024, il avait déjà conduit les Bleus en finale européenne en 2025. Ce premier sacre mondial français prolonge un parcours marqué par plusieurs trophées au Portugal.
Une première couronne après avoir écarté le Portugal
La France a remporté son premier championnat du monde masculin de rink hockey en battant l’Argentine aux tirs au but. Au Paraguay, Nuno Lopes a ainsi conduit les Bleus jusqu’à une consécration inédite. Le profil publié par Observador le 19 octobre retrace le parcours de cet entraîneur portugais, passé notamment par le Sporting et Tomar.
Avant la finale, les Français avaient éliminé le Portugal, battu 6-3 après prolongations. La Fédération française annonçait ensuite le rendez-vous contre l’Argentine pour le dimanche 18 octobre, à 19 heures au Paraguay. En France métropolitaine, le coup d’envoi correspondait donc à minuit, dans la nuit du 18 au 19 octobre 2026.
Après la victoire, Lopes a surtout insisté sur le travail et la souffrance nécessaires pour atteindre ce résultat. Dans ses déclarations rapportées par Observador, il associe notamment Carlo Di Benedetto et le gardien Pedro Chambell au dénouement. Cependant, son hommage dépasse les actions décisives: il présente le titre comme l’aboutissement d’un engagement collectif.
Depuis 2024, une progression fondée sur un collectif déjà solide
La Fédération française a annoncé la nomination de Nuno Lopes le 7 janvier 2024. Il succédait à Fabien Savreux, qui avait accompagné les Bleus jusqu’à leur premier podium mondial en 2022. Ainsi, le technicien portugais reprenait une sélection déjà compétitive: il n’a pas construit cette progression à partir de rien.
Lors de sa présentation, Lopes expliquait vouloir développer les automatismes et la complémentarité entre les internationaux. Mais la mission annoncée dépassait la seule sélection: la fédération lui demandait aussi de partager ses méthodes avec les entraîneurs des clubs français. L’objectif consistait donc à renforcer simultanément l’équipe nationale et son environnement sportif.
En 2025, son équipe a atteint la finale européenne à Paredes, au Portugal. Les Bleus ont toutefois perdu 4-1 contre la sélection portugaise, sacrée championne d’Europe pour la première fois depuis 2016. Le parcours de 2026 inverse donc le rapport de force entre ces deux finalistes, avec une victoire française en demi-finale mondiale.
Les Di Benedetto et Chambell, des liens forts avec le Portugal
Au cœur de l’équipe championne du monde figurent les trois frères Di Benedetto: Carlo, Roberto et Bruno. Selon Observador, ils évoluent respectivement au FC Porto, au Benfica et à l’Oliveirense au moment du sacre. Leur père appartient également à l’encadrement français, donnant à cette réussite une dimension familiale particulièrement visible.
Cette présence dans les clubs portugais crée aussi un lien concret entre la sélection française et le championnat du Portugal. Dès son arrivée en 2024, Lopes expliquait avoir observé les qualités de plusieurs internationaux dans cette compétition. Il connaissait donc une partie des joueurs avant même de commencer son travail avec les Bleus.
Le gardien Pedro Chambell représente un autre lien avec le hockey portugais. Il est le fils d’António Chambell, ancien international portugais passé par le Sporting. Cependant, cette proximité ne doit pas masquer la nature du succès: c’est bien la sélection française, avec ses joueurs et son encadrement, qui décroche son premier titre mondial.
Une rotation très resserrée dans les matchs décisifs
L’un des choix les plus marquants de Lopes concerne les dernières rencontres du tournoi. D’après Observador, il n’a utilisé que cinq joueurs de champ en demi-finale et en finale: les trois Di Benedetto, Marc Rouzé et Rémi Herman. Pedro Chambell complétait ce groupe dans le but, tandis que les autres sélections utilisaient davantage de joueurs.
Il faut distinguer cette rotation resserrée de la composition complète de la sélection. Cela ne signifie pas que la France avait seulement six joueurs inscrits au tournoi. En revanche, Lopes a confié les moments décisifs à un noyau très réduit, plutôt que de répartir davantage le temps de jeu entre les remplaçants.
Le technicien a lui-même souligné cette particularité après le sacre, en saluant les possibilités offertes par son groupe. Elle ne suffit toutefois pas à expliquer toute la victoire. Sans détail complet des rencontres, on ne peut pas attribuer le titre à cette seule décision, ni mesurer précisément son effet sur la fatigue ou l’efficacité française.

Du Sporting à Tomar, des trophées avant la consécration mondiale
Nuno Lopes avait déjà appris à gagner avec des équipes moins attendues. Arrivé au Sporting de Portugal en février 2014, il a d’abord assuré le maintien en première division. Puis, lors de la saison 2014-2015, son équipe a terminé cinquième du championnat et atteint le dernier carré de la Coupe du Portugal.
Surtout, le Sporting a remporté la Coupe CERS en 2015, une compétition européenne de clubs. Le parcours comprenait un succès contre Igualada après prolongation, puis une victoire face à Reus aux tirs au but. Ensuite, Lopes a commencé la saison 2015-2016 par une Supercoupe du Portugal gagnée contre Benfica.
Après un passage par l’équipe réserve et la formation du Sporting, il est revenu à Tomar début 2019. En 2023, il y a remporté la Coupe du Portugal en battant précisément le Sporting aux tirs au but. L’année suivante, il a ajouté la sélection française à ses fonctions, sans quitter immédiatement le club de Tomar.
Un entraîneur également dirigeant d’entreprise et batteur
Originaire d’Estremoz, Nuno Lopes a découvert le patinage et le hockey dans le club de sa ville. Sa famille s’est ensuite installée à Marinha Grande pour des raisons professionnelles. Il a poursuivi son parcours au Sporting Marinhense, puis notamment à Leiria, Turquel et Alcobaça, où il a cumulé les rôles de joueur et d’entraîneur.
Son passage au Sporting illustre les contraintes de cette carrière. Selon Observador, il parcourait quotidiennement près de 200 kilomètres entre Marinha Grande et Livramento, dans la commune de Mafra. Le club y avait alors installé son activité de rink hockey, avant la construction du pavillon João Rocha, dont la première pierre date de mars 2015.
En parallèle, Lopes exerce comme administrateur d’entreprise et joue de la batterie dans le groupe Estado Sónico. Adolescent, il travaillait pendant les vacances scolaires pour acheter son instrument. Mais, dans les souvenirs rapportés par Observador, il établit une hiérarchie claire: lorsque la musique et le hockey entraient en concurrence, le sport gardait la priorité.
De la demi-finale de 2019 au sommet mondial en 2026
La trajectoire française se mesure aussi dans la durée. En 2019, les Bleus avaient atteint pour la première fois une demi-finale mondiale. Notre compte rendu du titre portugais de 2019 rappelait alors cette avancée, dans une édition remportée par le Portugal contre l’Argentine. Il s’agit d’un repère historique, et non du palmarès actuel.
Le rink hockey se pratique sur des patins à quatre roues disposées par paires, souvent appelés quads. Au Portugal, il porte le nom de hóquei em patins et possède une forte tradition sportive. Ce contexte aide à comprendre le parcours de Lopes, mais aussi les nombreux liens de ses internationaux avec les clubs portugais.
Le sacre de 2026 représente ainsi une étape supplémentaire, après les progrès enregistrés avant l’arrivée de Lopes. Le sélectionneur portugais a transformé cette ambition en victoire mondiale, avec un groupe déjà expérimenté. En revanche, ce résultat ne permet pas encore de mesurer ses effets sur les clubs français, la pratique ou la visibilité de la discipline.
Avec ce premier titre mondial, Nuno Lopes ajoute une consécration internationale à ses trophées portugais et européens. Pour la France, la victoire contre l’Argentine couronne une progression engagée depuis plusieurs années, désormais portée jusqu’au sommet par le technicien portugais.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
Sources complémentaires
- Nuno Lopes est le nouvel entraîneur de l’équipe de France masculine senior de rink hockey ! – Fédération Française de Roller & Skateboard (Fédération Française de Roller & Skateboard)
- World Skate Games : L’équipe de France de roller hockey et Andrea Gauduel en trottinette champions du monde ! – Fédération Française de Roller & Skateboard (Fédération Française de Roller & Skateboard)
- Portugal é Campeão da Europa de Hóquei em Patins – FPP (Federação de Patinagem de Portugal)
- Le Portugal, champion du monde de Rink Hockey (Portugal en français)
