Mathématiques et lecture: le Portugal retombe à des niveaux d’il y a vingt ans

Mathématiques et lecture: le Portugal retombe à des niveaux d’il y a vingt ans

Les performances scolaires portugaises reculent nettement dans deux compétences de base. L’Alentejo et Setúbal apparaissent parmi les territoires les plus fragiles, dans un contexte de baisse générale au sein de l’OCDE.

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Le Portugal est revenu, en mathématiques et en lecture, à des niveaux comparables à ceux observés il y a deux décennies. Selon les éléments publiés par Público, davantage d’élèves portugais n’atteignent plus le niveau minimal considéré comme nécessaire pour participer efficacement à la vie en société. La baisse s’inscrit dans une tendance plus large au sein de l’OCDE, mais elle prend au Portugal une dimension particulièrement préoccupante par son ampleur et par les écarts régionaux qu’elle révèle.

Un recul qui touche les apprentissages les plus essentiels

Le signal porte sur deux domaines centraux: la lecture et les mathématiques. En lecture, l’enjeu ne se limite pas à comprendre un texte scolaire; il conditionne la capacité à suivre des consignes, accéder à l’information, poursuivre des études et s’insérer dans la vie professionnelle. En mathématiques, le socle minimal sert autant pour les parcours scientifiques que pour les situations quotidiennes: raisonner, comparer, calculer, interpréter des données simples. Le fait que davantage d’élèves passent sous le seuil minimal est donc plus grave qu’une simple baisse moyenne dans un classement international. Cela signifie qu’une part plus importante d’une génération risque d’avancer dans sa scolarité avec des lacunes déjà installées. Ces lacunes deviennent ensuite plus difficiles à corriger, notamment au moment du passage vers les dernières années du secondaire, l’enseignement professionnel ou l’enseignement supérieur.

Alentejo et Setúbal en bas du tableau

Le rapport cité par Público met particulièrement en évidence l’Alentejo et Setúbal, placés parmi les zones les plus faibles. Cette dimension territoriale est importante: elle montre que le recul ne se répartit pas de manière uniforme dans le pays. Pour les écoles de ces régions, le risque concret est de devoir gérer davantage d’élèves ayant besoin d’un appui renforcé en même temps, dans des matières où les difficultés s’accumulent rapidement. Un élève qui ne maîtrise pas bien la lecture aura aussi plus de mal en histoire, sciences, géographie ou même dans la compréhension des énoncés de mathématiques. De la même manière, des bases fragiles en calcul et en raisonnement rendent plus difficile l’apprentissage des contenus suivants. Ces écarts posent aussi la question des moyens disponibles localement: stabilité des équipes enseignantes, capacité à identifier tôt les retards, soutien individualisé, accès à des activités de renforcement et continuité entre les cycles scolaires.

La pandémie a pesé, mais n’explique pas tout

Dans l’analyse relayée par Renascença, Miguel Herdade estime que le Portugal a « régressé de 20 ans » dans les apprentissages depuis la pandémie. Il pointe trois facteurs: la fermeture prolongée des écoles, un investissement insuffisant dans la récupération des apprentissages et une moindre exigence dans les programmes. La fermeture des écoles a provoqué une rupture particulièrement forte pour les élèves les plus dépendants du cadre scolaire: ceux qui avaient moins d’aide à la maison, moins d’accès à des conditions de travail régulières ou déjà des difficultés avant la crise sanitaire. Mais le problème principal, selon cette lecture, vient aussi de l’après-pandémie: le rattrapage n’aurait pas été assez massif, assez ciblé ou assez durable. L’Angleterre est citée en contraste, parce qu’elle aurait mieux résisté que d’autres parties du Royaume-Uni. Le Pays de Galles, présenté comme ayant suivi une approche plus proche de celle du Portugal, continuerait de décrocher. La comparaison met en avant une idée simple: les pertes d’apprentissage ne se résorbent pas automatiquement avec la réouverture des écoles. Elles exigent des mesures précises, suivies dans le temps.

Ce que cette baisse change pour les élèves

Le recul en lecture et en mathématiques peut avoir des effets visibles à court terme: plus de difficultés à suivre le programme, plus de besoin de soutien, plus de risque de démotivation et de redoublement implicite des lacunes, même lorsque l’élève passe officiellement dans l’année suivante. Pour les familles, le point important n’est pas seulement la note finale. Un élève peut parfois obtenir des résultats moyens tout en ayant des fragilités profondes: compréhension lente des textes, difficulté à rédiger une réponse structurée, erreurs fréquentes dans les opérations de base, incapacité à expliquer un raisonnement. Ces signaux comptent, car ils indiquent si l’élève possède réellement les bases nécessaires pour progresser. Pour les pouvoirs publics, les prochaines questions sont concrètes: quels élèves sont en dessous du seuil minimal, dans quelles écoles, avec quels besoins, et avec quels enseignants disponibles pour organiser un rattrapage efficace? Sans diagnostic précis, les moyennes nationales risquent de masquer les situations les plus urgentes.


Le recul du Portugal en mathématiques et en lecture ne relève pas seulement d’une mauvaise performance statistique. Il indique qu’une partie plus importante des élèves avance sans maîtriser les bases nécessaires. La réponse dépendra désormais de la capacité à cibler les régions et les écoles les plus touchées, puis à mettre en place un rattrapage réel plutôt qu’un simple retour au fonctionnement habituel.

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