Comment obtenir la nationalité portugaise, loi 2026

Par , le

Indien portugais devant la Tour de Belém

Les nouvelles règles pour obtenir la nationalité portugaise ont enfin été promulguées par le président de la République. Il est désormais plus difficile de devenir portugais.


Ce que change la nouvelle loi : nouvelles règles

La réforme durcit fortement l’accès à la nationalité portugaise, surtout par résidence. Le décret concerné est le Décreto da Assembleia da República n.º 48/XVII, qui modifie la Lei n.º 37/81, loi portugaise de la nationalité. Il a été promulgué le 3 mai 2026 par le Président de la République.

1. Naturalisation par résidence : 7 ou 10 ans au lieu de 5 ans

Avant, la règle générale était 5 ans de résidence légale.

Désormais, il faudra :

Profil du demandeurNouveau délai
Ressortissants de pays de langue officielle portugaise, par exemple Brésil, Angola, Cap-Vert, etc.7 ans
Citoyens de l’Union européenne, donc Français compris7 ans
Autres nationalités10 ans

Le texte adopté prévoit explicitement ces nouveaux délais à l’article 6.º : 7 ans pour les ressortissants des pays de langue officielle portugaise et les citoyens de l’UE, 10 ans pour les autres.

2. Nouveaux tests / preuves d’intégration

La naturalisation ne se limite plus au simple « connaître suffisamment la langue portugaise ». Le demandeur devra aussi prouver, par test ou certificat, une connaissance suffisante :


Il devra aussi faire une déclaration solennelle d’adhésion aux principes fondamentaux de l’État de droit démocratique.

3. Ressources financières exigées

Autre point important : le demandeur devra avoir la capacité d’assurer sa subsistance. C’est une nouvelle exigence importante, surtout pour les personnes sans revenus stables ou dépendantes d’aides publiques.

4. Enfants nés au Portugal : règle beaucoup plus restrictive

Pour qu’un enfant né au Portugal de parents étrangers puisse être portugais d’origine, il faudra désormais qu’au moment de sa naissance au moins un des parents réside légalement au Portugal depuis au moins 5 ans.

Avant, la règle était beaucoup plus souple : il suffisait qu’un parent réside légalement au Portugal, ou qu’il y réside depuis au moins un an même sans titre, selon la version alors en vigueur.

Pour les mineurs nés au Portugal de parents étrangers, la naturalisation exigera notamment :

6. Fin du régime spécial pour les descendants de juifs séfarades portugais

La réforme met fin au régime spécial de naturalisation des descendants de juifs séfarades portugais, créé en 2015 et devenu politiquement très controversé. Le texte révoque les dispositions correspondantes.

7. Résidence légale : le mode de calcul devient moins favorable

Avant, la loi permettait de compter le temps écoulé depuis la demande d’autorisation de résidence, à condition que cette autorisation soit ensuite accordée.

La nouvelle version supprime cette règle. Elle retient la somme des périodes de résidence légale, même interpolées, mais seulement si elles se situent dans un intervalle maximal de :

ProfilFenêtre maximale de calcul
Apatrides6 ans
Pays de langue officielle portugaise + UE9 ans
Autres pays12 ans

C’est un point très sensible, car il peut pénaliser les personnes touchées par les lenteurs de l’administration. Le Président a d’ailleurs souligné que la comptabilisation des délais ne devrait pas être affectée par la lenteur de l’État.

8. Casier judiciaire et sécurité : règles reformulées

Le texte exige notamment l’absence de condamnation définitive à une peine de prison effective supérieure à 3 ans pour certains crimes graves : terrorisme, criminalité violente ou hautement organisée, atteintes à la sécurité de l’État, aide à l’immigration illégale, etc. Il ajoute aussi l’interdiction d’être visé par des sanctions de l’ONU ou de l’Union européenne.

9. Données biométriques

Pour vérifier l’identité et les conditions du demandeur, la réforme prévoit la collecte de données biométriques : image faciale, empreintes digitales et taille. Ces données pourront être confrontées avec d’autres bases de données biométriques.

10. Dossiers déjà en cours : ancienne loi applicable

Point très important : les procédures administratives déjà pendantes à la date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi restent soumises à l’ancienne version de la loi.

Une réforme attendue depuis plusieurs mois

La promulgation met fin à une séquence politique qui a duré près d’un an. Pendant cette période, le texte a fait l’objet de discussions parlementaires, de désaccords politiques et d’un examen par le Tribunal constitutionnel. Ce passage par la justice constitutionnelle a compté, car il devait vérifier si la loi respectait bien le cadre fixé par la Constitution portugaise. Avec la signature du chef de l’État, la réforme franchit donc une étape essentielle de son parcours.

Pourquoi le sujet a été si sensible

Au Portugal, la nationalité est un thème à la fois juridique, social et politique. Il touche à la manière dont le pays définit l’appartenance à la communauté nationale, mais aussi à la place des immigrés dans la société portugaise. C’est pour cela que les débats ont été longs. Le gouvernement présente le résultat final comme un accord large entre plusieurs forces politiques. En même temps, il regrette publiquement que le Parti socialiste n’ait pas participé à ce consensus. Cette précision montre que, malgré l’adoption du texte, le sujet continue de diviser une partie de la classe politique.

Ce qu’il faut retenir

La nouvelle loi sur la nationalité entre donc dans sa phase finale après un long débat politique et institutionnel. Pour les personnes concernées, l’essentiel sera désormais de comprendre précisément comment ces nouvelles règles seront appliquées dans les mois à venir.

👉 Pour aller plus loin : Comment devient-on portugais ? Loi de la nationalité


A lire aussi

×