Le parc de résidences étudiantes reste très loin de la demande réelle dans l’enseignement supérieur portugais. La pénurie renvoie une partie des étudiants vers les chambres et appartements privés, déjà sous tension.
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Le Portugal fait face à un déficit estimé à 119 000 lits en hébergement étudiant, selon une étude de CBRE citée par SOL et Idealista. Le pays dispose d’environ 28 000 places en résidences universitaires ou étudiantes, alors que la demande potentielle est évaluée à 227 000 étudiants. L’écart est particulièrement sensible pour les étudiants qui doivent quitter leur ville d’origine pour suivre leurs études, ainsi que pour les étudiants internationaux.
Une offre de résidences très inférieure aux besoins
Le chiffre central résume l’ampleur du problème: environ 28 000 lits disponibles pour une demande estimée à 227 000 étudiants. L’étude évoque un déficit de 119 000 lits, ce qui montre que l’offre structurée d’hébergement étudiant reste très insuffisante, même sans considérer que tous les étudiants concernés chercheraient nécessairement une place en résidence. Le manque concerne notamment le segment des résidences étudiantes conçues spécifiquement pour cet usage, souvent désigné par l’acronyme PBSA, pour « Purpose-Built Student Accommodation ». Il s’agit de logements développés dès l’origine pour accueillir des étudiants, avec des chambres ou studios, des espaces communs et des services adaptés. Ce type d’offre peut absorber une partie de la demande sans entrer directement en concurrence avec le logement familial classique, mais son volume reste encore limité au Portugal.
Les étudiants déplacés et internationaux tirent la demande
La demande ne vient pas seulement des étudiants portugais inscrits près de leur domicile familial. Elle est fortement alimentée par les étudiants dits « déplacés », c’est-à-dire ceux qui doivent vivre dans une autre ville pour étudier. Idealista cite environ 147 000 étudiants nationaux déplacés, soit 36 % de l’univers de l’enseignement supérieur. À cette population s’ajoutent les étudiants internationaux, dont la présence renforce la pression dans les principales villes universitaires. Pour ces profils, la question du logement se pose souvent avant même l’inscription définitive ou l’arrivée au Portugal. L’absence de place en résidence oblige à chercher une chambre, une colocation ou un studio sur le marché privé, avec des coûts très variables selon la ville, la localisation et la période de l’année.
Un report direct vers le marché locatif privé
Quand les résidences ne suffisent pas, les étudiants se tournent vers les annonces de chambres et d’appartements. Ce report augmente la concurrence avec d’autres publics: jeunes actifs, familles à budget limité, travailleurs déplacés ou nouveaux arrivants. Dans les villes où l’offre locative est déjà tendue, chaque rentrée universitaire peut donc renforcer la pression sur les loyers et réduire le nombre de logements disponibles. La conséquence concrète est double. Pour les étudiants et leurs familles, le coût total des études augmente, parfois bien au-delà des frais universitaires eux-mêmes. Pour le marché du logement, la demande étudiante ajoute une couche de pression supplémentaire sur des segments déjà recherchés, en particulier les chambres meublées, les petits appartements et les logements proches des transports ou des campus.
Un enjeu qui dépasse la seule rentrée universitaire
Le déficit de lits ne se règle pas uniquement par des solutions de dernière minute. Les résidences étudiantes nécessitent du foncier, des autorisations, des investissements et des délais de construction ou de rénovation. Cela explique pourquoi l’offre ne peut pas suivre rapidement une hausse de la demande, surtout dans les zones où le logement est déjà rare et cher. L’enjeu dépasse aussi la question du confort. Un étudiant qui ne trouve pas de logement abordable peut être contraint d’accepter un trajet long, de partager un logement sur-occupé, de différer son projet d’études ou de renoncer à une ville pourtant mieux adaptée à son parcours. Le manque de places en résidence peut ainsi peser sur l’accès à l’enseignement supérieur, en particulier pour les familles qui ne peuvent pas absorber une forte hausse du budget logement.
Le déficit de 119 000 lits confirme que le logement étudiant est devenu un point de tension majeur au Portugal. Tant que l’offre de résidences ne progressera pas à un rythme suffisant, une part importante des étudiants continuera à dépendre du marché locatif privé, avec un effet direct sur les budgets familiaux et sur la concurrence pour les petits logements.
