IVG au Portugal: les femmes étrangères représentent 44 % des interruptions de grossesse

IVG au Portugal: les femmes étrangères représentent 44 % des interruptions de grossesse

Le rapport 2025 de la Direção-Geral da Saúde fait apparaître une stabilité du nombre total d’interruptions de grossesse, mais une part très élevée de femmes étrangères parmi les patientes.

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En 2025, 18 869 interruptions de grossesse ont été enregistrées au Portugal, quasiment le même niveau qu’en 2024, où 18 871 cas avaient été recensés. La principale évolution signalée par la Direção-Geral da Saúde concerne le profil des patientes: les femmes étrangères représentent désormais environ 44 % des interruptions de grossesse réalisées dans le pays, soit un peu plus de 8 000 cas sur l’année.

Un total stable, mais un profil des patientes qui change

Les données publiées dans le rapport de la DGS sur l’enregistrement des interruptions de grossesse montrent une stabilité presque parfaite du nombre total d’actes: deux cas de moins seulement entre 2024 et 2025. Cette stabilité masque toutefois un changement important dans la composition des patientes. La part des femmes étrangères atteint environ 44 %, un niveau qui rapproche désormais leur poids de celui des femmes portugaises dans les statistiques de l’IVG. Le terme « femmes étrangères » renvoie ici aux femmes enregistrées comme n’ayant pas la nationalité portugaise; il ne permet pas, à lui seul, de connaître leur statut de résidence, leur ancienneté au Portugal ou leur situation sociale.

Pourquoi la DGS insiste sur les barrières linguistiques et culturelles

La DGS ne présente pas ce chiffre seulement comme une donnée démographique. Elle souligne la nécessité de réponses mieux adaptées à la diversité linguistique, sociale et culturelle des femmes concernées. Dans un parcours d’IVG, la compréhension des délais, des consultations, du consentement, des options médicales et du suivi est essentielle. Une patiente qui maîtrise mal le portugais, qui connaît peu le fonctionnement du Serviço Nacional de Saúde ou qui se trouve dans une situation sociale fragile peut rencontrer davantage d’obstacles pour accéder à une information claire et à un accompagnement adéquat. L’enjeu concret est donc l’accès effectif aux soins, pas uniquement l’existence légale du droit à l’interruption volontaire de grossesse.

Ce que prévoit le cadre portugais pour l’IVG

Au Portugal, l’interruption volontaire de grossesse à la demande de la femme est encadrée par la loi et doit être réalisée dans les délais et structures autorisés. Les informations de santé publique du SNS rappellent notamment que l’IVG sur demande est possible jusqu’à 10 semaines de grossesse, dans le cadre du parcours prévu par le système de santé. En pratique, cela rend particulièrement important l’accès rapide à une consultation et à des informations compréhensibles. Pour les femmes récemment arrivées au Portugal, la difficulté peut être de savoir où s’adresser, quels documents présenter, comment prendre rendez-vous et comment comprendre les étapes médicales dans un délai court.

Une activité aussi concentrée dans certains services

Un autre élément signalé dans la couverture de ce rapport concerne la concentration de l’activité: Expresso indique qu’une clinique concentre à elle seule environ un tiers des cas. Ce point, s’il se confirme dans le détail des données, pose une question d’organisation du système: lorsqu’une part importante des IVG est réalisée dans un nombre limité de structures, les délais, la disponibilité des professionnels et la capacité d’accueil deviennent des facteurs décisifs. Cette concentration peut aussi accentuer les inégalités territoriales, notamment pour les femmes vivant loin des grands centres urbains ou ayant moins de ressources pour se déplacer.


Les chiffres de 2025 ne montrent pas une hausse globale des interruptions de grossesse au Portugal, mais ils mettent en évidence un besoin plus précis: garantir que les femmes étrangères comprennent leurs droits, les délais et le parcours médical. La réponse attendue est donc autant sanitaire qu’organisationnelle, avec des informations accessibles, des services capables d’accueillir des patientes de profils très différents et un suivi adapté aux situations de vulnérabilité.


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