Hausse de l’IMI en 2027: quels propriétaires pourraient payer 3 % ou 4 % de plus

Hausse de l’IMI en 2027: quels propriétaires pourraient payer 3 % ou 4 % de plus

L’actualisation triennale des valeurs fiscales pourrait relever de 3 % l’IMI de certains logements payé en 2027. Les locaux commerciaux, de services et industriels concernés suivent une correction de 4 %, sans hausse générale des taux municipaux.

Par , le choisir comme source d’info préférée


La hausse de l’IMI en 2027 concernerait notamment les biens dont la dernière évaluation ou actualisation fiscale remonte à 2023. Selon e-konomista, les logements concernés verraient leur base imposable progresser de 3 %, contre 4 % pour certains locaux professionnels. Ces corrections résultent du mécanisme triennal prévu par la loi; leur effet sur la facture dépendra aussi des autres paramètres fiscaux.

Pourquoi la facture peut monter sans hausse du taux municipal

L’IMI, ou Imposto Municipal sobre Imóveis, est l’impôt municipal portugais sur les biens immobiliers. Son calcul repose sur une valeur fiscale appelée Valor Patrimonial Tributário, généralement abrégée en VPT. Il faut distinguer cette base imposable du prix d’achat du logement: une actualisation fiscale ne signifie pas que son prix de vente augmente autant.

L’article 138 du Code de l’IMI prévoit une actualisation tous les trois ans pour les catégories concernées. L’administration applique alors un coefficient lié à la dépréciation monétaire, sans demande du propriétaire. Ainsi, une commune peut conserver son taux d’imposition alors que certains contribuables voient leur facture augmenter.

La hausse annoncée ne correspond donc pas à une augmentation nationale des taux municipaux. Elle découle d’abord d’un changement de la base utilisée pour calculer l’impôt. Toutefois, le montant final dépend aussi du taux local et des autres conditions fiscales applicables au bien: le pourcentage annoncé ne décrit pas nécessairement toute l’évolution de la facture.

Pourquoi certains biens prennent 3 %, et d’autres 4 %

L’arrêté portugais n.º 457/2026/1, publié le 15 octobre 2026, fixe à 1,04 le coefficient correspondant à 2023. Ce chiffre représente une correction de 4 %. Le texte concerne les coefficients monétaires utilisés pour les impôts sur le revenu, auxquels le Code de l’IMI renvoie expressément pour son actualisation périodique.


Pour les bâtiments affectés au commerce, aux services et à l’industrie, le mécanisme retient l’intégralité de cette correction. En revanche, les logements et les terrains à bâtir concernés ne supportent que 75 % du facteur d’actualisation. Le calcul donne donc 4 % multipliés par 75 %, soit une hausse de 3 % du VPT.

La différence repose donc sur l’affectation fiscale du bien, et non simplement sur son apparence ou son occupation actuelle. Un appartement et un local commercial peuvent suivre des corrections différentes. Pour anticiper le calcul, il faut ainsi vérifier la catégorie enregistrée auprès de l’administration, plutôt que déduire le pourcentage du seul usage quotidien des lieux.

Les biens évalués ou actualisés en 2023 sont concernés

Selon les précisions publiées par e-konomista le 22 octobre 2026, la révision vise les biens évalués ou actualisés en 2023. Ils arrivent en effet au terme de leur cycle triennal en 2026. La date d’achat ne suffit donc pas à identifier les propriétaires concernés: c’est l’historique fiscal du bien qui compte.

L’effet attendu porte sur l’IMI relatif à 2026, normalement payé en 2027. Il ne s’agit donc pas d’une révision qui commencerait nécessairement en janvier 2027. Les immeubles dont la dernière évaluation ou actualisation remonte à une autre année suivent leur propre calendrier, sans relever automatiquement de cette même correction.

Cette hausse ne vise donc pas indistinctement tous les logements portugais. Deux propriétaires dans une même rue peuvent connaître des évolutions différentes, notamment si leurs biens n’ont pas le même historique d’évaluation. De même, l’absence de correction triennale cette année ne garantit pas une facture inchangée si un autre paramètre fiscal évolue.

Façade d’un immeuble résidentiel avec plusieurs balcons et fenêtres.

Combien cette actualisation peut-elle coûter

Le calcul de base consiste à multiplier le VPT par le taux municipal applicable. Prenons un exemple hypothétique: un logement présente un VPT de 100 000 euros et un taux de 0,30 %. L’impôt brut atteint 300 euros. Après une actualisation de 3 %, le VPT passe à 103 000 euros, soit 309 euros d’impôt.

À taux et conditions fiscales identiques, la hausse de la base se transmet donc proportionnellement à l’impôt brut. Les exemples suivants illustrent uniquement cet effet mécanique. Ils ne constituent pas une estimation individuelle et ne tiennent pas compte d’une éventuelle évolution des exonérations, réductions ou autres éléments du calcul.

Effet annuel d’une actualisation de 3 % ou 4 %

Bien concernéIMI avantIMI aprèsÉcart annuel
Logement : +3 %500 €515 €+15 €
Logement : +3 %600 €618 €+18 €
Local commercial : +4 %2 000 €2 080 €+80 €
Exemples illustratifs, à taux municipal et autres conditions fiscales inchangés, d’après les calculs présentés par e-konomista.

Comment vérifier la situation fiscale de son logement

Le premier document à consulter est la caderneta predial, la fiche fiscale du bien accessible sur le Portal das Finanças. Après connexion, le propriétaire peut rechercher la consultation de la caderneta predial urbana, puis sélectionner l’immeuble. La partie consacrée aux données d’évaluation permet d’examiner sa valeur fiscale et les informations utilisées pour la déterminer.

Il faut notamment rapprocher le VPT, les indications de date et l’affectation du bien. Une ancienne évaluation et une actualisation automatique ne désignent pas la même opération. Si les mentions disponibles ne permettent pas de reconstituer clairement le cycle applicable, mieux vaut demander une confirmation aux Finanças avant de prévoir une hausse précise.

La vérification doit ensuite porter sur l’avis de paiement, appelé nota de cobrança. L’administration permet de le consulter dans la rubrique de l’IMI, en choisissant l’année souhaitée, ou dans les paiements en cours. Ainsi, la fiche fiscale aide à comprendre la base, tandis que l’avis indique le montant effectivement réclamé.

Une réévaluation peut-elle faire baisser l’IMI

Une nouvelle évaluation ne consiste pas à annuler simplement la correction de 3 %. L’article 38 du Code de l’IMI prévoit plusieurs éléments de calcul: valeur de base, surface, affectation, localisation, qualité et confort, puis ancienneté. Le coefficient de vetustez désigne ce dernier facteur, lié à l’âge du bâtiment.

Un bâtiment plus ancien peut donc présenter un facteur favorable à une baisse du VPT. Cependant, d’autres paramètres peuvent évoluer dans le sens contraire. Il serait ainsi imprudent de demander une réévaluation en supposant que le vieillissement garantit une économie: il faut examiner le résultat d’ensemble, et pas seulement le coefficient d’ancienneté.

L’article 130 encadre les demandes fondées sur un VPT devenu obsolète. Il prévoit notamment un délai de trois ans à partir des événements qu’il énumère, dont certaines inscriptions ou actualisations. Les effets interviennent pour l’imposition de l’année de la demande. Une vérification auprès des Finanças reste donc nécessaire avant d’annoncer une économie ou une date d’effet.

Quand l’impôt relatif à 2026 sera-t-il payé

L’IMI est dû par les propriétaires, usufruitiers ou titulaires d’un droit de superficie inscrits au registre fiscal au 31 décembre. Pour l’impôt relatif à 2026, la date de référence est donc le 31 décembre 2026. Le droit de superficie permet notamment de détenir une construction sur un terrain appartenant à autrui.

Selon le calendrier général actuellement prévu, un montant inférieur ou égal à 100 euros se paie en mai. Au-delà de 100 euros et jusqu’à 500 euros inclus, deux échéances interviennent, en mai et novembre. Pour un montant supérieur à 500 euros, le paiement se répartit entre mai, août et novembre.

Une petite hausse peut donc aussi modifier l’échelonnement. Dans l’exemple d’un impôt passant de 500 à 515 euros, le montant franchit le seuil des trois échéances. Cependant, ce calendrier reste celui des règles générales: les propriétaires devront consulter leur avis de 2027 pour connaître les sommes et dates effectivement applicables.

Pour anticiper la facture de 2027, le point décisif reste la date de dernière actualisation du bien. Les propriétaires concernés doivent ensuite rapprocher le nouveau VPT, le taux municipal et leur avis de paiement. Quant à une éventuelle réévaluation, elle mérite un calcul préalable: elle ne garantit pas une baisse de l’impôt.


A lire aussi

×