Au Portugal, cacher son visage dans l’espace public peut désormais coûter jusqu’à 3 000 euros

Au Portugal, cacher son visage dans l’espace public peut désormais coûter jusqu’à 3 000 euros

La loi portugaise interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public est entrée en vigueur ce mercredi. Le texte prévoit aussi des sanctions pénales contre les personnes qui obligent quelqu’un à se couvrir le visage.

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La loi 58/2026 est désormais applicable au Portugal. Présentée dans le débat public comme la « loi des burqas », elle interdit de cacher son visage dans l’espace public, sauf exceptions prévues par le texte, et expose les contrevenants à une amende pouvant atteindre 3 000 euros.

Ce que la loi interdit désormais

Le texte vise la dissimulation du visage dans les espaces publics. Les médias portugais qui ont annoncé son entrée en vigueur indiquent que l’amende peut aller jusqu’à 3 000 euros pour une personne qui se couvre le visage en dehors des cas admis par la loi. L’une des exceptions mentionnées concerne les motifs de santé; d’autres exceptions sont prévues, mais leur application dépendra des situations concrètes et de l’interprétation des autorités compétentes. Malgré son surnom politique de « loi des burqas », la formulation retenue ne se limite pas à un vêtement précis: elle porte sur le fait de rendre le visage non visible dans l’espace public.

Forcer quelqu’un à se couvrir le visage devient aussi punissable

La loi ne sanctionne pas seulement la personne dont le visage est dissimulé. Elle prévoit également une infraction pour celui ou celle qui contraint une autre personne à se couvrir le visage. Dans ce cas, la peine annoncée peut aller jusqu’à deux ans de prison ou jusqu’à 240 jours d’amende. Ce volet est important car il distingue deux situations: l’acte de se présenter le visage couvert dans un espace public, et la contrainte exercée sur une autre personne. Dans la pratique, cette seconde infraction supposera d’établir l’existence d’une pression ou d’une obligation imposée à la personne concernée.

Un texte issu du Chega et politiquement clivant

Le texte trouve son origine dans une initiative du Chega. Selon SIC Notícias, l’objectif affiché par le projet était d’empêcher que « les femmes portent la burqa au Portugal ». Le débat parlementaire a été divisé, ce qui explique aussi la forte charge politique du dossier. Le choix de parler de « loi des burqas » renvoie à ce contexte, mais la portée juridique du texte est plus large que cette appellation: l’interdiction concerne la dissimulation du visage, et non seulement un signe religieux ou culturel déterminé.

Des suites juridiques encore possibles

L’entrée en vigueur ne met pas nécessairement fin au débat. Une information de Notícias ao Minuto indique que la Provedoria de Justiça analyse une plainte concernant la « loi des burqas ». À ce stade, cela ne signifie pas que la loi est suspendue: elle s’applique. Mais cette démarche montre que des questions juridiques peuvent encore être soulevées, notamment sur les libertés individuelles, les exceptions prévues et la proportionnalité des sanctions.


À partir de maintenant, les personnes présentes dans l’espace public au Portugal doivent tenir compte de cette nouvelle interdiction, sauf motif reconnu par la loi. Les prochains mois devraient surtout préciser la manière dont les autorités appliqueront les exceptions et les sanctions prévues.


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