Au Portugal, acheter un logement devient hors de portée pour les revenus moyens

Au Portugal, acheter un logement devient hors de portée pour les revenus moyens

Une étude de l’Université technique de Vienne classe le Portugal parmi les marchés immobiliers européens « systématiquement inaccessibles » pour les acheteurs aux revenus moyens.

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Le marché immobilier portugais fait partie des cas les plus difficiles d’Europe pour les acheteurs disposant d’un revenu moyen, selon une étude de l’Université technique de Vienne relayée par RTP et Notícias ao Minuto. Le Portugal est rangé dans la catégorie des marchés où le logement est « systématiquement inaccessible », c’est-à-dire où l’écart entre les prix de vente et les revenus dépasse le simple problème local ou ponctuel.

Un problème d’accès à la propriété, pas seulement de confort

Le point central de l’étude concerne la capacité réelle d’achat des ménages aux revenus moyens. L’indicateur mis en avant est parlant: presque la moitié des Européens ne pourrait acheter que l’équivalent d’un appartement de 50 m² maximum. Dans ce contexte, le Portugal n’est pas présenté comme un marché seulement tendu, mais comme un pays où l’accès à la propriété est structurellement difficile pour les acheteurs moyens. Cela signifie que l’obstacle ne concerne pas uniquement les biens haut de gamme, les quartiers les plus recherchés ou les grandes surfaces: le seuil d’entrée sur le marché devient lui-même trop élevé.

Ce que signifie « systématiquement inaccessible »

L’expression ne renvoie pas à une hausse passagère des prix dans une ville ou à une tension limitée à certains segments. Elle indique que, selon les critères de l’étude, les revenus moyens ne suffisent pas à absorber les prix pratiqués sur le marché résidentiel. Pour un ménage, cela se traduit souvent par trois choix contraints: réduire fortement la surface recherchée, s’éloigner des zones d’emploi et de services, ou reporter l’achat. Dans un pays comme le Portugal, où les prix ont fortement progressé ces dernières années dans les grandes zones urbaines et dans plusieurs régions attractives, ce type de diagnostic confirme une pression déjà visible dans les parcours résidentiels.

Les revenus moyens coincés entre prix d’achat et exigences de financement

L’inaccessibilité ne se limite pas au prix affiché d’un logement. Pour acheter, un ménage doit aussi disposer d’un apport initial, supporter les frais liés à l’acquisition et obtenir un crédit compatible avec ses revenus. Lorsque les prix montent plus vite que les salaires, même une baisse limitée des taux ou un allongement de la durée d’emprunt ne suffit pas toujours à rétablir l’accès au marché. Les acheteurs aux revenus moyens se retrouvent alors dans une zone grise: trop solvables pour être les premiers bénéficiaires des dispositifs les plus ciblés, mais pas assez pour acheter dans les zones où se concentrent l’emploi, les transports et les services.

Un signal politique pour les prochaines mesures logement

Ce classement renforce la pression sur les politiques publiques portugaises en matière de logement. Il pose une question concrète: comment augmenter l’offre réellement accessible aux ménages qui travaillent mais ne parviennent plus à acheter? Les réponses peuvent passer par la construction, la mobilisation de logements vacants, l’encadrement de certains usages du parc immobilier, l’aide à l’achat ou le développement du logement abordable. Mais le diagnostic de l’étude souligne surtout que le problème ne peut pas être réduit à une difficulté individuelle de financement: il s’agit d’un déséquilibre entre les revenus disponibles et le niveau atteint par les prix.


Le Portugal apparaît ainsi dans le groupe des marchés européens où l’achat d’un logement échappe de plus en plus aux revenus moyens. Le chiffre sur les appartements de moins de 50 m² donne la mesure du resserrement: pour une part importante des ménages, accéder à la propriété ne signifie plus choisir le logement adapté à ses besoins, mais chercher ce qui reste encore finançable.

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