Par José da Silva, le

Accueil » Gastronomie portugaise » Guide du café au Portugal
Par , le

On aime le café. Bica, abatanado, galão, meia-de-leite... on a le choix des plaisirs. Mais, comment s'y retrouver ? D'autant plus que les expressions peuvent changer suivant les régions. On vous explique !
Sommaire
Savoir demander un café au Portugal, c’est vital de bon matin avant de commencer la journée. C’est la raison d’être de ce guide qui saura vous aider lors du moment fatidique : répondre à la question « o que vai tomar? ».
On récapitule !

C’est le café de base, celui que l’on demande en France.
Pour le demander, du nord au sud, il suffira de dire « café ». Mais sachez qu’il existe des variantes régionales pour demander un café expresso.
C’est l’autre nom du café, que l’on entend au sud du Mondego, surtout à Lisbonne.

Ce nom-là, vous l’entendrez plutôt vers le nord. Dans tous les cas, que ce soit Bica ou Cimbalinho, ce sont des cafés. Vous pouvez demander en toute confiance « um café se faz favor » du nord au sud, tout le monde vous comprendra.
Si vous voulez un café allongé, demandez un café « cheio ». Cheio, ça veut dire « rempli » ou « plein » en portugais. On ajoute tout simplement de l’eau au café. La quantité de caféine sera donc la même !
Votre tasse à café sera remplie à ras-bord.

C’est un café allongé, dans une grande tasse cette fois. Enfin, ça, c’est la version que j’entends le plus souvent dans mon quartier à Porto.
C’est un café… polémique, disons. Il existe plusieurs versions différentes de ce café abatanado.
Le café abatanado peut ainsi représenter :

A l’opposé, si vous voulez un café serré, vous demandez un café « curto », court. Attention, ici le café est vraiment très fort, il y a beaucoup moins d’eau dans votre tasse !
C’est la version serrée du café curto ! Oui, c’est possible ! C’est un véritable « shot » de caféine.
Duplo, c’est « double » en français.
Dans une grande tasse, on y met deux cafés « normaux ». Visuellement, il ressemble à l’abatanado, faites attention. Le duplo a deux fois plus de caféine que le abatanado.
C’est un café léger, avec moins de caféine. C’est en fait le café issu d’un deuxième passage sur le grain de café moulu qui a déjà servi à faire un premier café normal.
C’est une variante du carioca. Après avoir tiré un premier café, on continue de faire couler le café dans une deuxième tasse. Le résultat de cette tasse est un café sem princípio, c’est à dire, en français, un « café sans début ». Il en sort par conséquent un café avec beaucoup moins de caféine.
On peut également l’appeler Café sem ponta (sans pointe) ou escorrido (essoré).
Il ne s’agit pas d’un café, mais d’une infusion de zeste de citron. Il s’agit d’une alternative très populaire au café.

Le classique décaféiné. Sans caféine, sans histoire, mais nécessaire lorsque l’on est trop sensibles. Je préfère personnellement un bon carioca de limão à un mauvais déca !
Au café, on ajoute un peu de « bagaço« , de l’eau-de-vie. On le boit en digestif.
Sur l’Île de Madère, on peut entendre, au lieu de « cheirinho », un « café cortadinho« .
C’est un café curto (serré), auquel on ajoute de la mousse de lait.
Au lieu de la mousse de lait, on met dans le café curto une goutte de lait froid.
Le galão est un café au lait, servi dans un grand verre transparent, ou, pour les « plus chics », dans une grande tasse de verre. Pour le réaliser, il faut ajouter à son café expresso normal le lait jusqu’à remplir le verre.
C’est le roi des petits-déjeuners !


Dans une grande tasse, on rempli à moitié de lait, à moitié de café. Il est donc plus caféiné que le galão.
A Madère, ils peuvent dire, au lieu de meia-de-leite, « chinesa« .
Les trois cafés suivants sont clairement d’origine étrangère, et ne font pas partie du quotidien portugais. Il s’agit, à mon sens, plutôt d’un petit luxe que l’on se permet de temps à autre, parfois au goûter.
Dans une grande tasse, moitié café, un quart de lait, un quart de mousse de lait.
Dans une grande tasse, un quart de café, un quart de chocolat, un quart de lait et on termine avec de la mousse de lait.
Dans un verre, on ajoute à votre café des glaçons. Boisson parfaite en été avec une rondelle de citron !

Il ne s’agit pas d’un café, mais de la température de votre tasse (chávena). Vous pouvez demander à ce que votre café (chaud) soit servi dans une tasse froide (fria), ou chaude (quente). On peut également dire « chávena escaldada » pour la tasse chaude.
C’est la taille de la tasse qui déterminera le nombre de sachets de sucre que l’on vous donne. Tasse normale, un sachet, grande tasse, deux sachets.

Le café au Portugal, on en boit depuis le XVIIIe siècle. On avait déjà l’habitude d’en boire à Venise, qui les, premiers, le consommèrent régulièrement. Lorsque les Français à leur tour commencèrent à le boire dans des espaces publics prévus à cet effet, c’est naturellement que le Portugal adopta cette nouvelle coutume.
La suite, on la connait, le goût du café se développa prodigieusement, avec de nombreuses variantes de la boisson, du nord au sud du pays. Les Portugais plantèrent avec succès le caféier au Brésil, produisant dès lors certains des meilleurs cafés du monde, n’ayons pas peur des mots.
Pour commenter, vous devez être connecté.
Se connecter | Créer un compte