Le film de Sofia Leite reçoit le prix du meilleur documentaire d’archéologie sous-marine au festival américain Arkhaios. Son enquête suit les traces du navire négrier français L’Aurore, naufragé au large de l’île de Mozambique en 1790.
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Submersos no Índico, documentaire de Sofia Leite produit par la RTP, a remporté le prix du meilleur film d’archéologie sous-marine au festival Arkhaios, aux États-Unis. La chaîne portugaise a annoncé cette distinction le 19 octobre 2026. Le film suit une enquête sur les épaves de l’île de Mozambique, avec une attention particulière à l’histoire de L’Aurore.
Un prix spécialisé décerné au festival Arkhaios
La récompense porte précisément sur le meilleur film d’archéologie sous-marine, intitulé Best Underwater Archaeological Film Award. Elle distingue donc une spécialité documentaire, et non le meilleur film toutes catégories du festival. Selon la RTP, Submersos no Índico figurait parmi 14 documentaires finalistes, aux côtés de productions canadiennes, françaises, américaines et italiennes.
Le calendrier officiel d’Arkhaios situe son édition virtuelle du 12 au 18 octobre 2026. La RTP a annoncé la victoire le 19 octobre, au lendemain de cette période. Le festival associe ainsi une programmation en ligne à des projections en présentiel, notamment dans des établissements universitaires et des musées américains.
Le règlement 2026 prévoit un jury réunissant des compétences dans l’audiovisuel, l’enseignement, l’archéologie et l’anthropologie. Il distingue plusieurs prix thématiques, ainsi qu’un grand prix. En revanche, les récompenses du public reposent sur le choix des spectateurs en ligne: elles relèvent d’un mécanisme distinct du prix remporté par le documentaire portugais.
L’île de Mozambique, carrefour maritime avant la présence portugaise
Le documentaire conduit le spectateur au large de l’île de Mozambique, dans l’océan Indien. Les eaux y conservent des vestiges de différentes périodes: embarcations précoloniales, galion portugais du XVIe siècle et navire négrier français. Le récit dépasse donc l’histoire d’une seule épave pour explorer plusieurs siècles de circulation maritime.
Cette concentration de traces s’explique par la place ancienne de l’île dans les échanges. L’UNESCO rappelle son rôle dans les liaisons commerciales intercontinentales dès le Xe siècle. Son histoire maritime ne commence donc pas avec la présence portugaise: elle s’inscrit dans des réseaux reliant déjà différentes sociétés de l’océan Indien.
Par la suite, l’île devient un point important des routes portugaises entre l’Europe occidentale et le sous-continent indien. Elle accueille le siège du gouvernement colonial portugais de 1507 à 1898. Cependant, l’UNESCO souligne aussi les influences bantoues, swahilies, arabes, persanes et indiennes qui ont façonné son patrimoine: son passé ne se réduit pas au seul héritage européen.
L’Aurore: un naufrage de 1790 et une histoire de résistance
Au centre de l’enquête figure L’Aurore, un navire négrier français qui a fait naufrage en 1790. Sofia Leite suit les recherches consacrées à son dernier voyage et aux personnes réduites en esclavage à bord. Le film s’intéresse notamment à leur résistance, plutôt que de raconter uniquement la disparition d’un bâtiment marchand.
La présentation du documentaire sur RTP Play évoque une tentative de révolte, puis une tempête sur la côte mozambicaine. Ces éléments donnent au naufrage une dimension humaine et politique. Toutefois, le résumé public ne détaille pas suffisamment leur enchaînement pour attribuer à chaque événement un rôle précis dans la perte du navire.
Une divergence subsiste aussi sur le nombre de captifs. L’annonce du prix, publiée par la RTP le 19 octobre, mentionne plus de 600 personnes et environ la moitié décédée. En revanche, la présentation sur RTP Play évoque plus de 300 personnes à bord lors du naufrage, sans expliquer cet écart. Un bilan humain précis reste donc à clarifier.
Des plongées au Mozambique aux archives françaises
Selon la RTP, une équipe internationale d’archéologues et de plongeurs explore les vestiges du navire depuis 2015. Le documentaire accompagne une partie de ces recherches sur l’île de Mozambique. Mais l’enquête ne reste pas sous l’eau: l’équipe se rend également en France pour consulter des archives historiques relatives à L’Aurore.
La RTP indique que ces consultations ont permis de retrouver une documentation inédite sur le navire. Ces pièces contribuent à reconstituer son dernier voyage et les événements précédant le naufrage. Cependant, l’annonce ne précise ni les dépôts consultés, ni les références des documents: elle ne permet pas de retracer intégralement cette découverte archivistique.
L’intérêt de cette démarche tient au rapprochement entre vestiges matériels et traces écrites. Le film ne présente donc pas seulement des plongées: il suit une reconstruction historique. Celle-ci cherche à mieux comprendre le navire, les routes de l’esclavage et les actes de résistance, sans confondre ce que montrent les épaves avec ce que racontent les archives.

Une recherche qui repose aussi sur les institutions mozambicaines
La présentation de RTP Play rattache l’expédition au Slave Wrecks Project, associant notamment l’université George-Washington et le musée national d’histoire et de culture afro-américaines du Smithsonian. Elle mentionne aussi un partenaire mozambicain, le CAIRIM, lié à l’université Eduardo-Mondlane. La recherche s’appuie ainsi sur une coopération internationale et un ancrage scientifique local.
L’UNESCO avait annoncé en février 2023 un projet destiné à renforcer ce centre d’archéologie sous-marine. Financé par la Flandre, il prévoyait notamment un musée des épaves, un laboratoire scientifique et une base de plongée. Son ambition consistait à développer les capacités de recherche, de protection et de présentation du patrimoine immergé.
Ce programme, annoncé pour environ trois ans, constitue un contexte antérieur au prix de 2026. Il ne prouve pas que tous les équipements prévus fonctionnent désormais. L’UNESCO soulignait alors que ce patrimoine, particulièrement riche, restait insuffisamment étudié et menacé par des facteurs naturels et humains: sa préservation dépasse donc largement la reconnaissance d’un film.
Un documentaire de 52 minutes référencé sur RTP Play
Submersos no Índico possède une page sur RTP Play, où un épisode porte la date du 18 mai 2026. La fiche technique indique une durée de 52 minutes. Cette présence dans le catalogue permet de retrouver la présentation officielle et l’accès proposé par la plateforme, sans présumer des conditions de lecture depuis chaque pays.
Sofia Leite signe le documentaire, avec David Araújo à l’image et Sérgio Alexandre au montage vidéo. Isabel Matos assure le travail sonore, tandis que Natacha Silva Frey prend en charge la production. Le prix récompense ainsi une œuvre collective, construite autour d’une enquête qui relie tournage au Mozambique et recherches documentaires en France.
La distinction obtenue par Submersos no Índico met en lumière une enquête sur le commerce maritime et l’esclavage dans l’océan Indien. Au-delà des épaves, le film cherche à retrouver la mémoire des personnes transportées de force et de leur résistance, en croisant recherches sous-marines et archives historiques.
Sources utilisées
Sources de l’actualité
Sources complémentaires
