Par José da Silva, le

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Mon sang est Portugais. Mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et ainsi de suite. Et pourtant, mon ADN raconte une histoire, qui est aussi celle du Portugal.
Sommaire
Plusieurs peuples sont venus s’installer dans ce qui est aujourd’hui le Portugal. Chacun de ces peuples est devenu « Portugais » en venant sur la façade occidentale atlantique de la péninsule ibérique. Ils se sont mélangés à ceux qui habitaient déjà ici.
Difficile de savoir dans quelles proportions, du moins en ne regardant que les sources historiques. Combien de Romains occupaient l’espace portugais par rapport aux Lusitaniens? On ne sait pas. Faisons un récapitulatif rapide.
Lire également : Le Portugal du Néolithique à l’Âge du Bronze
Au vu de ces quelques milliers d’années d’histoire condensée, l’ADN portugais est forcément le fruit d’un mélange. Un cocktail aux nombreuses origines. Néanmoins, tout le long de son histoire, le gros de sa population ne s’est finalement que peu mélangé avec les nouveaux arrivants. Seuls les « peuples de la mer » semblent avoir eu de larges conséquences sur l’ADN des peuples ibériques.
Nous sommes, à peu de choses près, très ressemblants aux Lusitaniens.
C’est principalement au niveau de la culture que les nouveaux arrivants chambouleront la péninsule ibérique. Soumis au nouveau pouvoir, les autochtones adopteront plus ou moins rapidement la culture des envahisseurs, en la mélangeant à la leur à des degrés divers.
Nous pouvons établir 5 chocs majeurs culturels en péninsule ibérique :

Notre culture actuelle, commune avec la plupart des autres pays européens, est d’origine romaine. Ce sont par eux que nous sommes devenus chrétiens. Ce sont eux également qui apportèrent notre écriture et un cadre juridique à l’organisation de la société.
Ces bouleversements majeurs, nous allons le voir, se reflètent dans l’ADN.
Pour connaître mes origines ethniques, j’ai utilisé une plateforme populaire, MyHeritage. J’avais déjà séquencé mon ADN complètement sur une plateforme dédiée, c’était un jeu d’enfant d’avoir dès lors des origines ethniques fiables au vu des connaissances actuelles.
Ces plateformes fonctionnent grâce à la quantité. Plus nous sommes nombreux à l’utiliser, et plus les données sont fiables.
Pour le test ADN, je n’ai jamais indiqué mon origine « ethnique », juste que j’étais né à Paris. Et mon ADN indique que… je suis originaire de Leiria !

Et c’est vrai. D’une zone comprise entre Pombal et Leiria, pour être précis.
Le reste de mon ADN confirme l’histoire même du Portugal. La majorité de l’ADN est Ibère, à plus de 50%. Plus d’un quart est, quand à lui, d’Europe du Nord : France, Allemagne… Au vu de la proximité de ces pays et de la côte atlantique commune, tout est logique.
En proportions importantes également, de l’ADN italien. Outre les lointaines origines romaines, il faut savoir que l’Italie a toujours été un partenaire privilégié du Portugal lors de ces derniers siècles. L’Italie était un partenaire commercial, et surtout, culturel.
Pour terminer, l’occupation musulmane, totalement terminée au Portugal depuis près de 8 siècles, se reflète encore un peu. On observe toujours de l’ADN nord-africain ou moyen-oriental.
Ce qui est surtout étonnant de mon point de vue, c’est l’absence de présence d’ADN anglais, notre plus vieil allié pourtant.
Notez : ces tests ADN ne remontent pas sur des milliers d’années. Vous ne trouverez pas d’ADN éthiopien, pourtant à l’origine de toute l’humanité. Il s’agit ici de trouver des origines « récentes » d’un point de vue historique.
Plus on remonte dans le temps, plus la différenciation entre le Portugal et l’actuelle Espagne est difficile. Nous sommes pratiquement identiques à nos voisins espagnols, surtout les Galiciens.
Nous allons retracer dans les grandes lignes cette histoire, assez similaire nous allons le voir à la version « officielle ».
Les Portugais actuels sont principalement issus des bouleversements majeurs du Néolithique et de l’Âge du Bronze. Notre « sang » est essentiellement indo-européen, les envahisseurs du néolithique ayant pratiquement remplacé les autochtones.
A savoir : ces données doivent être raffinées, au fur et à mesure des séquençages génétiques des populations. Nous en saurons très certainement bien plus lors des prochaines découvertes.
Nous aurions tort de considérer la population de la péninsule ibérique comme étant homogène et identique tout au long de sa longue histoire génétique. De nombreux peuples cohabitaient dans le même espace géographique. Ainsi, rappelons qu’aux côtés des Lusitaniens, il pouvait y avoir des Basques, des Sefes, des Turdules, des Cynètes et ainsi de suite. Tous pouvaient être très différents, certains n’étant même pas indo-européens comme les Basques.
L’homogénéisation n’a commencée que bien plus tard, lorsque les frontières politiques et culturelles s’établirent dans un espace restreint, que l’on nomme aujourd’hui le Portugal. Encore aujourd’hui, les plus attentifs savent qu’on a plus souvent les yeux bleus dans le nord du Portugal et plus souvent la peau mate dans le sud.
Ce ne sont finalement que des statistiques, le « sang » n’étant pas le plus important dans l’histoire d’un peuple. Ce qui compte, c’est la culture commune que nous avons décidé d’avoir. Ainsi, un pays où cohabitèrent des personnes descendantes de nobles wisigoths ou suèves avec des descendants d’ibères ou berbères est aujourd’hui uni, non par le sang, mais par sa langue et sa culture !
Dans mon cas, j’ai été troublé par la confirmation d’une légende familiale. Cette légende raconte qu’il y a deux siècles, un britannique, accompagné de sa femme africaine, se serait établi dans la région, donnant naissance à ma famille maternelle. Cette histoire se retrouve dans mon ADN.
Notez l’ADN nigérian. Le Nigéria était une colonie britannique.
Une autre présence étrange dans mon ADN, est celle d’ADN de Bretagne. La Bretagne, d’un point de vue de marin en atlantique, n’est pas si loin !
C’est mon histoire personnelle, mais presque chaque habitant du Portugal peut en avoir une similaire. Les grandes lignes évoquées dans l’article ne sont que ça : de grandes lignes.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter l’article « histoire génétique de la péninsule ibérique » sur Eupedia.
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