Par José da Silva, le

Accueil » Culture portugaise » Artisanat : les paniers de Ilha à Pombal – Vannerie du Portugal
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La commune de Ilha, de la municipalité de Pombal, est reconnue dans tout le Portugal par les connaisseurs pour son artisanat. L’association « cooperativa dos cestinhos da Ilha”, “coopérative des petits paniers de Ilha”, où travaillent plusieurs femmes âgées, maintient la tradition de la fabrication des objets en fibre végétale tressée, plus connue sous le nom de « vannerie ».
Sommaire
Je suis parti à la découverte de cette tradition plusieurs fois millénaire, pour vous présenter les merveilleux objets que ces dames arrivent à faire, du panier au jouet, en passant par les dessous de plats !


La vannerie est un artisanat très ancien, qui se perd dans la nuit des temps. On a retrouvé d’anciens objets datant d’il y a plus de 10 000 ans, bien avant la poterie. On ne mesure pas très bien l’importance de la vannerie à travers les âges. En effet, les fibres végétales étant périssables, il est difficile de retrouver d’anciens objets. Mais nous savons tout de même que la vannerie était omniprésente, et utilisée au quotidien.

Il existe plusieurs méthodes de vannerie, plusieurs façons de tresser les fibres, et plusieurs types de plantes, du très connu osier à de la simple paille. A Ilha, c’est surtout le « bracejo » qui sera utilisé, une plante connue en France sous le nom de « stipa gigantea », de son nom scientifique. Haute de 30 à 80 cm, cette plante est très localisée : Ilha possède la chance d’avoir beaucoup de matière première pour la fabrication de ses paniers, mais si vous allez dans un autre village, vous ne trouverez peut-être pas une trace de stipa gigantea.

Pour réaliser les différents objets de vannerie, c’est tout un savoir ancestral ! Tout d’abord, la matière première, le bracejo, brachypode de Phénicie. Il doit être assez long et résistant pour permettre la confection d’objets résistants à une utilisation quotidienne, tout en gardant une flexibilité qui lui permette d’être tressé.

Les femmes, assises, tressent cette fibre végétale. Tout est manuel, elles n’utilisent que de très rares outils, que vous pouvez voir sur les photos illustrant cet article. Une sorte de banc spécial sur lequel elles mettent les plantes, pour en faciliter le tressage, et des outils pour couper. La technique de tressage est dictée avant tout par la fibre végétale que l’on doit entrelacer, la forme de l’objet par son utilisation finale. Ce sont des objets principalement utilitaires, il ne faut pas l’oublier !

Avec le temps, la vannerie a su se diversifier. On passe du grand panier ancien qui servait à éparpiller le fumier au petit panier miniature qui servira de petit cadeau de mariage. Les dessous de plat deviennent décoratifs, qu’on accroche aux murs, et même des jouets sont fabriqués. On peut voir sur les objets photographiés un âne et sa charrette :)

Les petites dames que j’ai rencontrées en train de travailler dans leur atelier, une maison à demi terminée, étaient très enthousiastes vis-à-vis de leur artisanat. On sent la fierté lorsqu’elles vous expliquent qu’elles ont fait plusieurs voyages au Portugal et même à l’étranger, pour présenter l’artisanat de Pombal. En revanche, elles ont plus de peine lorsqu’elles parlent du futur : les jeunes ne s’intéressent plus à la vannerie. Les causes, elles les connaissent bien : même si les jeunes filles du village savent tresser et faire des paniers, l’investissement personnel pour en faire est beaucoup trop important.
La fabrication d’un panier est beaucoup trop lente, il n’y a aucune mécanisation, tout est fait à la main, comme je l’ai dit plus haut. Ce ne serait pas un problème si le produit final n’était pas vendu si bon marché. En calculant, elles se sont rendu compte qu’elles devaient gagner… un euro de l’heure. Un euro de l’heure, et non déclarés de surcroit. Comment voulez-vous que les jeunes s’y intéressent, autrement qu’en passe-temps ?

L’ancienne utilisation, principalement utilitaire, de ces objets, a été pour beaucoup supplantée par les produits bon marché en plastique. C’est une concurrence implacable. Il existe pourtant une clientèle pour cet artisanat. Je fais partie des gens qui préfère un panier en osier pour mettre mon linge sale, plutôt qu’un panier en plastique, je fais partie des gens qui préfère avoir un dessous de plat tressé plutôt qu’un machin anonyme de supermarché, je fais partie des gens qui aiment voir certaines de leurs pièces décoratives accrochées à un mur. Un simple chapeau tressé est beaucoup plus joli, je trouve, que les casquettes à la mode.

Ce qu’il y a, c’est un décalage entre les vendeurs, qui vendent eux-mêmes leur production sur les marchés traditionnels, en milieu rural, et cette nouvelle clientèle, citadine, qui ne retrouve pas ces produits dans leurs boutiques habituelles. Je pense que si on trouve la solution, la vannerie a de longs et beaux jours devant elle, et sera enfin autant valorisée que la poterie.

A la différence de la poterie, dont on a pu conserver d’anciens vestiges, et simplifier le mode de production, la vannerie est restée essentiellement la même aujourd’hui comme il y a plusieurs milliers d’années. Il n’y a pas de grand musée présentant des objets en fibres végétales, hormis de façon épisodique. C’est pourtant une tradition populaire caractéristique d’une région, un patrimoine culturel immense, dépositaire de l’identité d’un village, d’un peuple.


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Valérie
Bonjour
Je voudrais savoir si cette association fonctionne toujours.
Cordialement
Valérie
DE MATOS
Je suis à la rechercde panier en osier portugais afin de faire des paniers garnis. Serait-il possible d’avoir des prix pour une quantité de 20.
Merci
mamousse
bonjour !
j’ai trois petits enfants ç qui, pendant les vacances, j’aimerais leur apprendre la façon de faire une corde végétale. J’ai vu cette technique sur un documentaire. Comment puis-je m’y prendre pour leur faire connaître cette technique plutôt que de se tourner vers les produits modernes
merci pour votre doumentaire c’est très instructif. Je vous souhaite prospérité
monique
ahmedgaliou
salut ravi de faire votres rencontre je suis un artisan nigerienne jai une ecupe des artisant on veu faire une relation avec vous sipocible? MA COOPERATIF EST ENTRAIDE-TADHILTE
Jori
Elles font du sur mesure!
J’ai acheté un grand panier chez elles, plus grand que ce que vous me décrivez, qui m’a couté 20 euros, ce qui est très peu cher. Il est vrai que j’ai acheté directement sur le lieu de production. Je peux peut être vous servir d’intermédiaire? Vous pouvez me contacter par mail, pour que nous en discutions un peu plus, je serais ravi de donner du boulot à l’association!
joriavlis@gmail.com
Blanc Françoise
Bonsoir,
Je suis intéressée par votre site de vannerie car moi même je travail actuellement pour le Téléthon à faire des petites mongolfiéres et je suis à la recherche de petites corbeilles d’environ 15 ou 18 cm de diamêtre et 12cm de hauteur.Pouvez vous SVP me dire si vous avez et le prix il me faut environ 10 unités ou plus( suivant le prix)
Avec tous mes remerciements.
Très cordialement