TAP et Lufthansa: ce que prévoit le rapprochement salué par la compagnie portugaise

TAP et Lufthansa: ce que prévoit le rapprochement salué par la compagnie portugaise

La compagnie portugaise salue le choix du groupe allemand comme futur partenaire stratégique. Mais la prise de participation reste à finaliser, avec un État toujours majoritaire dans cette première phase.

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TAP et Lufthansa se préparent à franchir une nouvelle étape après le choix annoncé par le gouvernement portugais le 14 octobre 2026. La compagnie portugaise accueille favorablement son futur actionnaire privé, dont elle attend davantage de taille, d’expérience et de possibilités de développement. L’opération prévoit une participation minoritaire dans un premier temps; elle ne constitue pas encore une acquisition achevée..

Pourquoi TAP accueille favorablement Lufthansa

TAP présente le choix de Lufthansa comme une étape importante dans son histoire, après 81 années d’activité. Selon la réaction publiée par SOL, elle attend surtout une nouvelle dimension internationale. La compagnie estime ainsi que son futur partenaire pourra soutenir son développement et renforcer sa position sur les marchés.

Son message porte autant sur la croissance que sur la continuité. TAP souligne notamment la préservation de sa marque, de son siège au Portugal et de sa plateforme de correspondances lisboète. Elle met aussi en avant Porto, l’expansion de la flotte et le rôle de ses activités de maintenance et d’ingénierie.

Lufthansa défend une logique complémentaire: renforcer sa présence sur l’Atlantique Sud et soutenir les liaisons portugaises avec les Amériques. Son directeur général, Carsten Spohr, décrit TAP comme un partenaire ancien de Star Alliance. Le rapprochement capitalistique prolongerait donc une coopération commerciale déjà existante, plutôt qu’il ne partirait de zéro.

44,9 % ou 49,9 %: comprendre le montage et le prix

Le chiffre de 49,9 % désigne le plafond de cette première privatisation, non une participation automatiquement attribuée à Lufthansa. Le montage distingue une vente directe de 44,9 % et une offre réservée aux salariés, jusqu’à 5 %. L’investisseur doit reprendre les actions que ces derniers n’achèteraient pas.


Lufthansa annonce une offre de 1,025 milliard d’euros pour les 44,9 %. Le groupe précise que le montant pourrait atteindre environ 1,2 milliard pour 49,9 %, avec les titres initialement proposés aux salariés et un ajustement lié au temps écoulé. Les différents montants ne couvrent donc pas exactement le même périmètre.

De son côté, le gouvernement présente une recette totale de 1,201 milliard d’euros pour l’opération incluant les 5 % réservés aux salariés. Il juge l’offre financière supérieure à celle d’Air France-KLM, avec moins d’incertitude. Toutefois, ce prix d’acquisition ne doit pas être confondu avec un budget intégralement consacré aux nouveaux avions.

Un État majoritaire, mais une gestion ouverte au partenaire privé

Le cadre juridique adopté le 14 août 2025 impose à l’État de conserver au moins 50,1 % du capital après cette phase. Il autorise cependant des droits permettant au partenaire minoritaire d’influencer fortement la gestion. Une majorité publique ne signifie donc pas que l’investisseur privé restera à distance des décisions opérationnelles.

Le gouvernement précise la répartition envisagée: l’État nommerait cinq des neuf administrateurs, dont le président du conseil. Lufthansa désignerait trois administrateurs exécutifs, contre un pour l’État. Le schéma distingue ainsi la représentation majoritaire au conseil et la conduite quotidienne de l’entreprise, confiée principalement au partenaire industriel.

En parallèle, TAP affirme poursuivre son plan stratégique 2026-2035 pendant la transition. Elle maintient comme priorités la sécurité, la qualité du service et la fiabilité opérationnelle. Cette continuité annoncée concerne également ses relations avec les salariés, les clients, les partenaires et les fournisseurs: le changement d’actionnariat ne remplace pas immédiatement le fonctionnement courant.

Lisbonne reste centrale, Porto doit prendre davantage de place

La préservation du hub de Lisbonne figure parmi les engagements soulignés par TAP et par le gouvernement. Un hub est une plateforme où convergent des vols permettant des correspondances. Son intérêt ne se limite donc pas aux voyageurs qui commencent ou terminent leur séjour au Portugal: il organise aussi les trajets entre plusieurs marchés.

Par exemple, dans un parcours hypothétique, un passager rejoint Lisbonne depuis une ville européenne avant de poursuivre vers l’Amérique. La valeur de cette organisation dépend alors des horaires et des correspondances disponibles. Le maintien du hub protège cette fonction de liaison, sans constituer à lui seul une garantie sur chaque fréquence ou destination.

Porto doit également bénéficier du projet: le gouvernement mentionne huit avions basés à l’aéroport Francisco Sá Carneiro. Il annonce une flotte TAP de 117 appareils d’ici 2035, puis 130 au-delà. Ces objectifs décrivent une trajectoire industrielle à long terme, et non des capacités supplémentaires disponibles dès la sélection de Lufthansa.

Avion de Lufthansa

A++: ce que la coopération transatlantique pourrait changer

TAP met particulièrement en avant sa future intégration dans la coopération transatlantique A++. Lufthansa présente celle-ci comme une joint-venture avec United Airlines et Air Canada. Il s’agit d’une coopération commerciale sur l’Atlantique Nord, distincte de Star Alliance, l’alliance internationale créée en 1997 dont Lufthansa est membre fondateur.

La présentation commerciale de cette coopération décrit des horaires optimisés, des tarifs combinables et différentes compagnies utilisables à l’aller et au retour. Elle inclut notamment Lufthansa, United, Air Canada, Austrian Airlines, SWISS et Brussels Airlines. L’enjeu dépasse donc l’affichage de destinations partenaires: il touche à l’organisation et à la vente des voyages transatlantiques.

Pour TAP, cette perspective doit renforcer sa compétitivité et ouvrir des possibilités de croissance. Cependant, sa réaction ne précise ni calendrier d’intégration à A++, ni nouvelles lignes attribuables à cet accord. Elle ne promet pas davantage une baisse générale des billets: les bénéfices annoncés restent des objectifs commerciaux, pas une nouvelle grille tarifaire.

La maintenance, un enjeu industriel au-delà des vols

L’industrie aéronautique occupe aussi une place dans le rapprochement. TAP insiste sur l’importance de sa maintenance et de son ingénierie, tandis que Lufthansa rappelle son implantation au Portugal. Le groupe indique employer déjà plus de 500 professionnels dans le pays et prévoit de dépasser 1 000 emplois directs d’ici 2030.

Cette progression annoncée s’appuie notamment sur le nouveau site Lufthansa Technik de Santa Maria da Feira, près de Porto. Le groupe précise que son chantier a commencé en juin 2026. Il faut donc distinguer cet investissement déjà engagé des développements futurs attendus de l’entrée au capital de TAP.

Les contrats, les autorisations et une éventuelle seconde vente

Au 15 octobre 2026, la sélection du partenaire ne signifie pas que l’acquisition est achevée. Lufthansa indique travailler avec le gouvernement et Parpública pour finaliser les documents contractuels, puis les signer. Le groupe précise également que la réalisation de l’opération demeure soumise aux autorisations des autorités compétentes.

Une deuxième phase pourrait ensuite conduire à la vente de la majorité du capital, selon un processus distinct. Le gouvernement évoque un horizon allant jusqu’en 2028 et un échange d’actions permettant au Portugal de participer à l’ensemble Lufthansa-TAP. Cette possibilité ne constitue donc pas une cession majoritaire déjà exécutée.

L’exécutif souhaite ainsi récupérer les quelque 3,2 milliards d’euros publics investis dans TAP. Mais la première recette annoncée ne couvre pas cette somme. L’objectif gouvernemental repose aussi sur une éventuelle seconde vente, des dividendes futurs et la valorisation de la participation publique: autant d’éléments qui restent dépendants de la suite du projet.

TAP accueille Lufthansa avec une ambition claire: grandir tout en conservant son identité et son ancrage portugais. La prochaine étape sera toutefois contractuelle et réglementaire. C’est après l’entrée au capital, puis la mise en œuvre des engagements, que pourront se mesurer les effets sur le réseau, la flotte et le service.


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