PSP et GNR vont recevoir 6 700 tasers et caméras-piétons d’ici la fin de l’année

PSP et GNR vont recevoir 6 700 tasers et caméras-piétons d’ici la fin de l’année

Les deux principales forces de sécurité portugaises doivent être équipées de nouveaux moyens d’intervention et d’enregistrement. L’investissement annoncé atteint 12 millions d’euros, mais policiers et militaires jugent déjà le volume insuffisant.

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La PSP et la GNR doivent recevoir, d’ici la fin de l’année, 6 700 équipements combinant tasers et caméras-piétons. L’investissement total prévu est de 12 millions d’euros et sera réparti entre les deux forces de sécurité. Les représentants des policiers et des militaires saluent cette dotation, tout en estimant qu’elle arrive tard et qu’elle ne couvrira pas tous les besoins opérationnels.

Un équipement destiné aux interventions de terrain

Les tasers, ou pistolets à impulsion électrique, sont conçus comme un moyen d’intervention intermédiaire: ils peuvent permettre de neutraliser une personne dangereuse sans recourir immédiatement à une arme à feu. Leur usage reste toutefois encadré, car il s’agit d’un moyen coercitif pouvant entraîner des risques physiques, notamment selon l’état de santé de la personne visée ou les circonstances de l’intervention. Les caméras-piétons, elles, servent à enregistrer certaines interventions. Elles peuvent documenter le déroulement d’une arrestation, d’un contrôle ou d’une situation de tension. Leur intérêt est double: fournir des éléments de preuve en cas de procédure et protéger à la fois les agents et les citoyens contre des versions contradictoires des faits.

12 millions d’euros pour la PSP et la GNR

Le montant annoncé atteint 12 millions d’euros pour l’ensemble du programme. Les équipements seront destinés à la PSP, force de police présente principalement dans les zones urbaines, et à la GNR, force à statut militaire très présente dans les zones rurales, sur les routes et dans de nombreuses missions de sécurité territoriale. Le chiffre global de 6 700 unités ne signifie pas que chaque agent disposera individuellement d’un taser ou d’une caméra-piéton. Ces matériels sont généralement affectés selon les unités, les patrouilles, les fonctions exercées et les besoins opérationnels. La répartition exacte entre PSP et GNR, ainsi que la part respective de tasers et de caméras, devront encore être précisées publiquement.

Des syndicats favorables, mais pas entièrement satisfaits

Les représentants des forces de sécurité accueillent favorablement l’arrivée de ces moyens, car ils répondent à une revendication ancienne: disposer d’outils plus adaptés aux interventions tendues, notamment lorsque les agents doivent gérer une personne agressive, armée d’un objet ou en crise, sans que la situation justifie nécessairement l’usage d’une arme à feu. Le principal reproche porte sur le calendrier et le volume. Les organisations professionnelles considèrent que ces équipements auraient dû arriver plus tôt et que 6 700 unités resteront insuffisantes au regard du nombre d’agents, de postes, de patrouilles et d’interventions quotidiennes sur l’ensemble du territoire. La dotation pourra donc améliorer certaines capacités, mais elle ne réglera pas à elle seule les problèmes de moyens dénoncés depuis plusieurs années.

Formation, règles d’usage et stockage des images seront déterminants

L’efficacité du dispositif dépendra moins du seul achat du matériel que de sa mise en œuvre concrète. Les tasers nécessitent une formation spécifique: conditions d’emploi, distances, risques, rapport après usage et articulation avec les autres moyens de contrainte. Sans consignes claires, leur déploiement peut créer autant de questions qu’il n’en résout. Les caméras-piétons soulèvent aussi des questions pratiques: quand les activer, qui peut consulter les images, combien de temps les conserver, comment garantir leur intégrité et dans quels cas elles peuvent être utilisées dans une procédure. Ces points sont essentiels pour que les enregistrements servent réellement à clarifier les interventions, sans devenir une source supplémentaire de contestation.


L’arrivée de 6 700 tasers et caméras-piétons marque un renforcement concret des moyens de la PSP et de la GNR. La portée réelle de cette mesure dépendra désormais de trois éléments encore décisifs: la répartition des équipements, la formation des agents et les règles pratiques encadrant leur utilisation sur le terrain.

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