Par José da Silva, le

Accueil » Actualités du Portugal » Au Portugal, la construction cherche près de 80 000 travailleurs
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Le bâtiment portugais fait face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée qui touche aussi bien les chantiers que les fonctions techniques. Les entreprises du secteur disent peiner à recruter dans un marché déjà sous pression.
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La construction au Portugal traverse l’une de ses plus fortes tensions de main-d’œuvre depuis des années. Les estimations citées par le secteur évoquent environ 80 000 travailleurs manquants, tandis que 83 % des entreprises de la construction et de l’immobilier déclarent avoir des difficultés à attirer les talents nécessaires à leur activité.
Le problème ne se limite pas au nombre de bras disponibles sur les chantiers. La difficulté porte aussi sur les compétences: ingénieurs civils, conducteurs de travaux, techniciens spécialisés et ouvriers qualifiés sont au cœur des besoins. Cette tension est particulièrement sensible dans un secteur où les projets dépendent d’une chaîne de métiers très précise. Un chantier peut disposer d’une demande commerciale et de financements, mais rester ralenti si les équipes techniques, les encadrants ou certains corps de métier ne sont pas disponibles au bon moment.
Le diagnostic met en avant un problème d’attractivité de la profession. Nuno Garcia y souligne que l’ingénierie civile ne parvient plus à attirer comme auparavant et qu’elle a perdu une partie de sa place et de sa crédibilité. Cette perte d’attrait complique le renouvellement des effectifs. Pour les entreprises, il ne s’agit donc pas seulement de recruter immédiatement, mais aussi de reconstituer un vivier de jeunes diplômés et de professionnels capables d’assumer des responsabilités techniques sur les projets à venir.
Quand les entreprises manquent de main-d’œuvre qualifiée, les effets se voient d’abord dans l’organisation des chantiers: calendriers plus difficiles à tenir, arbitrages entre projets, sous-traitance plus tendue et concurrence accrue entre employeurs pour les mêmes profils. Dans un contexte où le Portugal a d’importants besoins en logement, rénovation et infrastructures, cette pénurie peut devenir un frein concret à l’exécution des projets. Même lorsque la demande existe, la capacité à livrer dépend de la disponibilité des équipes, de leur niveau de qualification et de la possibilité de les retenir.
Le chiffre de 83 % d’entreprises déclarant des difficultés à attirer les talents montre que la question dépasse les situations individuelles. Elle concerne l’ensemble de l’écosystème de la construction et de l’immobilier: employeurs, écoles, formation professionnelle et filières techniques. À court terme, les entreprises doivent composer avec un marché du travail plus rare et plus concurrentiel. À moyen terme, l’enjeu sera d’améliorer l’image des métiers, de rendre les parcours plus lisibles et de renforcer les compétences disponibles, sans quoi le manque de main-d’œuvre continuera de peser sur la capacité de construction du pays.
La pénurie de main-d’œuvre dans la construction portugaise n’est pas seulement un problème de recrutement ponctuel. Elle met en évidence une tension durable entre les besoins du pays, l’attractivité des métiers techniques et la capacité du secteur à former, attirer et retenir des professionnels qualifiés.