Les dernières données mises en avant par l’INE montrent que les habitudes de consommation ne se répartissent pas uniformément dans le pays.
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La consommation d’alcool et de tabac au Portugal ne suit pas un modèle unique. D’après les données de l’Institut national de statistique relayées cette semaine, les niveaux de consommation varient fortement selon les régions, mais aussi selon l’âge et le sexe. Un autre indicateur met en avant une évolution générationnelle: 20 % des jeunes Portugais disent vouloir réduire leur consommation d’alcool, contre 16 % dans l’ensemble de la population.
Un pays où les habitudes changent beaucoup d’une région à l’autre
Les données de l’INE soulignent une réalité souvent masquée par les moyennes nationales: l’alcool et le tabac n’ont pas le même poids selon les territoires. Certaines régions se distinguent par une consommation d’alcool plus élevée, d’autres par une proportion plus importante de fumeurs. Le point important n’est donc pas seulement le niveau global de consommation au Portugal, mais la façon dont ces usages se concentrent différemment selon les zones du pays. Pour les politiques de santé publique, cette lecture régionale compte: les campagnes de prévention, les services de suivi et les actions locales ne répondent pas aux mêmes besoins partout.
La consommation, par région
D’après l’enquête 2025 de l’INE, les proportions les plus élevées de consommateurs se trouvent dans la Grande Lisbonne, où 72,2 % des habitants de 15 ans et plus déclarent avoir bu de l’alcool au cours des douze derniers mois, devant le Norte (70,3 %) et l’Algarve (70,2 %).
Ces trois régions se distinguent toutefois pour des raisons différentes : Lisbonne concentre une population urbaine dense, active et très exposée aux sorties, aux repas hors domicile et à la vie nocturne ; l’Algarve associe population locale, tourisme et forte sociabilité autour de la restauration ; tandis que le Norte combine une culture alimentaire très liée au vin, une forte tradition viticole et des habitudes de consommation plus installées dans le quotidien.
Le cas du Norte est particulièrement intéressant, car la région ne se contente pas d’afficher une forte proportion de consommateurs : elle présente aussi une part élevée de consommation quotidienne, à 19,8 %. Cela suggère un rapport à l’alcool moins occasionnel que dans les territoires très touristiques, et davantage ancré dans les habitudes ordinaires, notamment autour du vin et des repas.
À l’échelle nationale, près de 6,9 millions de résidents de 15 ans ou plus, soit 68,9 %, déclarent avoir consommé des boissons alcoolisées dans l’année, mais seuls 15,3 % en consomment tous les jours. Les différences régionales doivent donc être lues avec nuance : une région peut compter beaucoup de consommateurs occasionnels sans être celle où la consommation quotidienne est la plus forte.
L’âge et le sexe restent des facteurs déterminants
Les écarts ne sont pas uniquement géographiques. Les données mises en avant par l’INE indiquent aussi des différences selon l’âge et le sexe. Cela signifie que les comportements liés à l’alcool et au tabac ne peuvent pas être lus comme une simple question de territoire: ils croisent aussi des profils sociaux et générationnels.
En pratique, une région peut présenter un niveau de consommation donné, mais celui-ci peut être porté davantage par certains groupes d’âge ou par une différence entre hommes et femmes. Cette précision est essentielle pour éviter les conclusions trop générales sur “les Portugais” ou sur une région entière.
Les jeunes se disent plus prêts à réduire l’alcool que la moyenne nationale
Un autre chiffre attire l’attention: au Portugal, 16 % de la population totale prévoit de réduire sa consommation d’alcool, mais cette proportion atteint 20 % chez les jeunes. L’écart est net: les jeunes Portugais se situent au-dessus de la moyenne nationale sur cette intention de boire moins. Selon les données relayées par le Jornal Económico, ce niveau place aussi les jeunes Portugais en tête des cinq marchés européens analysés pour cet indicateur. Le chiffre ne signifie pas que tous les jeunes boivent moins aujourd’hui, mais il montre une intention plus forte de changer de comportement.
Une tendance à suivre, mais qui ne remplace pas les données de consommation réelle
La volonté déclarée de réduire l’alcool doit être interprétée avec prudence. Dire que l’on prévoit de boire moins n’est pas équivalent à une baisse déjà mesurée de la consommation. Il s’agit toutefois d’un signal utile, surtout s’il se confirme dans les prochaines enquêtes. Combinée aux écarts régionaux observés par l’INE, cette évolution suggère que les comportements liés à l’alcool et au tabac au Portugal sont en train de se fragmenter davantage: selon l’âge, selon le lieu de résidence et selon les profils de population.
Les nouvelles données dressent un tableau nuancé: le Portugal ne peut pas être résumé par une moyenne nationale sur l’alcool ou le tabac. Les différences régionales restent fortes, les profils d’âge et de sexe pèsent dans les comportements, et les jeunes semblent plus enclins que le reste de la population à vouloir réduire l’alcool. Les prochains chiffres permettront de voir si cette intention se transforme en baisse réelle de consommation.
